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ADRIEN-ELEVECe Vendredi 20 Mars 2015, Le Bénin célèbre à l’instar d’autres pays qui ont en partage le français, la journée internationale de la francophonie. Autrefois, surnommé quartier latin d’Afrique, pour les nombreux intellectuels qu’il comptait, le Bénin souffre aujourd’hui d’un marasme au plan intellectuel. On note une baisse considérable du niveau en français des apprenants.

Du primaire au secondaire en passant par l’université, le constat est dramatique. Les apprenants écrivent désormais au son. Selon les enseignants rencontrés, tant au niveau de l’école primaire publique de Dandji et du collège d’enseignement général « le Littoral », plusieurs raisons expliquent le phénomène. On peut citer entre autres, le désintérêt des apprenants pour la lecture, le retrait du critère éliminatoire de la dictée, le recrutement d’enseignants mal formés ou peu formés, l’exercice du métier d’enseignant dépourvu de toute vocation, la mauvaise application de l’approche par compétence. D’autres causes résident dans le fait que les enfants s’intéressent à l’internet, la télévision et les jeux. La fréquentation des bibliothèques est réduite à une minorité d’écoliers et d’élèves. Cependant, ceux qui y vont pour réaliser leurs exposés n’ont pas toujours la patience d’étudier les textes qu’ils rencontrent et s’adonnent bien souvent à du copier-coller.

Situant les niveaux de responsabilité, parents et enseignants s’accusent mutuellement. Pour les premiers, la dictée non éliminatoire qui a cours actuellement dans les écoles, l’application du nouveau programme par des enseignants non ou moins aguerris est à la base des dérives constatées au niveau des élèves en français. Quant à la seconde catégorie, la faute n’incombe pas seulement qu’aux enfants. Les parents et les autorités en charge de l’éducation en sont, en grande partie responsables. Car, nombreux sont ces géniteurs qui s’intéressent très peu aux études de leurs enfants parce que submergés par leurs différentes occupations. Les enseignants sont en nombre minime dans les établissements et la formation ne suit pas comme il le faut.

Pour redonner à l’école béninoise toutes ses lettres de noblesse, Adrien Casimir Akanni, conseiller pédagogique explique qu’il faut revoir la pédagogie d’enseignement en vigueur dans les établissements scolaires. Il fait quelques propositions dans ce sens. « La réintroduction de la dictée surtout celle éliminatoire dans le programme scolaire, la création des clubs de lecture, le recrutement des enseignants en grand nombre et leur formation par les acteurs en charge de l’enseignement dans notre pays sont quelques pistes qui peuvent aider nos apprenants à relever leur niveau en français ». Il s’est enfin accentué sur l’absence des parents dans les foyers, avant d’inviter ces derniers à se sacrifier en tout, afin de suivre leurs enfants dans le cadre familial.

Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne a dit Victor Hugo. Vivement que les acteurs à divers niveaux du système éducatif prenne conscience des enjeux.

 Inès Zounnon et Judith Rolande CAPO-CHICHI