Spread the love

Uac« (…..) Nous n’avons pas le droit de laisser l’équipe rectorale de Brice Sinsin et le pouvoir de Boni Yayi briser l’avenir de nos enfants ». Tel se résume le cri d’alarme du Parti Communiste du Bénin (Pcb) qui a réagit face aux tensions persistantes sur le campus d’Abomey-Calavi. C’est à travers un communiqué rendu public hier. (Lire l’intégralité du communiqué)

COMMUNIQUE DE PRESSE

NON AU MASSACRE DES ETUDIANTS A L’UAC !

Depuis plusieurs mois, les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi se battent pour de meilleures conditions d’étude. Ils rejettent entre autres mesures, la suppression de la Session de rattrapage communément appelée 2ème session notamment à la Flash, la poursuite du système dit ‘’LMD’’ à travers lequel il leur est demandé de payer 3500 Fcfa pour la reprise d’une Unité d’enseignement, la remise en cause de la gratuité des inscriptions … Face au silence de l’équipe rectorale par rapport à leurs revendications, ils sont passés à une vitesse supérieure en déclenchant un mouvement dit ‘’campus mort’’ à compter du lundi 08 juin 2015. Déjà dans la nuit du vendredi 05 juin, l’équipe rectorale de Brice Sinsin a fait investir l’Université d’Abomey-Calavi des hommes en armes afin de tuer dans l’œuf toute protestation des étudiants. La réaction des étudiants ne s’est pas fait attendre. Ils se sont organisés pour propulser hors de leur campus les policiers. Mais cela ne durera que quelques instants car au petit matin du samedi 06 juin, les affrontements ont repris entre étudiants et forces de répression armées de bâtons, gaz, … payés avec les sous des citoyens béninois. Ces affrontements se sont soldés par plusieurs blessés graves et 13 arrestations dans le rang des étudiants. Selon les responsables de l’Unseb, dans un papier en date du samedi 06 juin, les étudiants arrêtés subissent des épreuves de tortures et de sévices corporels de la part des policiers du Commissariat Central d’Abomey-Calavi, et ce, en présence du Commissaire dudit commissariat. Selon les mêmes sources, témoins oculaires, la torture de leurs camarades consistait à les faire rouler dans de la boue à coup de chicottes et de matraques dans tous les sens malgré les graves blessures que portaient certains… ; une épreuve communément appelée ‘’rodéo’’ bien connue de tous ceux qui ont vécu les tristes moments de torture sous le PRPB de Mathieu Kérékou. Les affrontements du lundi 08 juin 2015, ont été encore aussi violents que les précédentes sinon plus eu égard aux moyens déployés par les forces de répression. Le journal ‘’La Nouvelle Tribune’’ du Mardi 09 juin 2015 déclare à ce propos à sa une : « les étudiants poussés à bout, les protestations sévèrement réprimés. Des véhicules de guerre, des hommes en treillis armés dans des courses poursuites après des étudiants armés de projectiles réclamant contre gaz lacrymogènes et bastonnades, …». Cette journée du lundi s’est également soldée par des arrestations. Déjà dans la matinée de ce mardi 09 juin, les bombes lacrymogènes ont détonné plus de vingt (20) fois et les affrontements se poursuivent même sous la pluie. Voilà le spectacle macabre que nous offrent les autorités rectorales du campus d’Abomey-Calavi. Devant la furie répressive de Sinsin et du pouvoir décrépit de Yayi Boni contre les étudiants, le Pcb lance un appel aux enseignants patriotes, aux démocrates de tous ordres, à tous ceux qui veulent une université ouverte aux fils de pauvres et surtout aux parents d’étudiants, à se lever pour arrêter le massacre de nos enfants qui ne réclament que de meilleures conditions d’études. Nous n’avons pas le droit de laisser l’équipe rectorale de Brice Sinsin et le pouvoir de Boni Yayi briser l’avenir de nos enfants. Quant aux étudiants en lutte, le Parti Communiste du Bénin les félicite dans la lutte pour leur survie. Vous avez raison de lutter car vous êtes l’avenir de ce pays. Vous vous battez donc pour votre avenir ainsi que pour celui des générations futures. Votre combat est légitime car une jeunesse qui ne se bat pas contre des dérives tendant à l’exclure du bénéfice du savoir est indigne de la terre de nos aïeux. Vos revendications sont également légitimes car il est établi que c’est lors des sessions de rattrapages que nombre d’entres vous réussissent à valider une année de souffrance. Vos revendications sont légitimes car tous ceux qui dirigent le pays aujourd’hui, vos enseignants y compris l’équipe rectorale ont tous bénéficié d’au moins deux (02) sessions, qu’ils aient étudié au Bénin ou en Europe. Mieux, des partiels s’organisaient avant les sessions de sorte que l’étudiant avait plusieurs notes au choix… Vos revendications sont légitimes car vous vivez un système pédagogique négatif dit LMD comme l’indique bien le quotidien ‘’La Nouvelle Tribune’’ à la page 6 de sa même parution, citant les propos d’un professeur à la Flash : « … nos conditions de travail à tout le moins dramatiques ne prévalent ni en Espagne ni en France où elles auraient entraîné la rébellion : pas assez d’enseignants qualifiés, pas assez de locaux, pas d’ordinateurs ni pour enseignants ni pour les étudiants, pas de bibliothèques dignes de ce nom, pas assez d’outils pédagogiques… Faire un cours avec vidéo projecteur dans notre faculté s’apparente à un parcours du combattant et pas seulement en raison de l’alimentation erratique en courant électrique… on travaillé une semaine sur deux et, pendant la semaine travaillée, on fait asseoir les étudiants de 7h à 19h (sans interruption) pour leur dispenser des cours soi-disant. Samedi, dimanche et jours fériés y compris… sans donner les résultats d’un semestre, nous trouvons normal de nous engager, sans état d’âme dans le semestre suivant….» C’est clair que ni vos enseignants, ni les cadres d’aujourd’hui n’ont étudié dans d’aussi misérables conditions. C’est pourquoi Aux policiers, gendarmes, … réquisitionnés pour molester et torturer nos enfants, nous disons halte ! Car tôt ou tard, ils répondront individuellement de leur forfaiture.

NON AU MASSACRE DES ETUDIANTS !

L’UNIVERSITE DOIT ÊTRE OUVERTE AUX FILS DEPAUVRES !

Cotonou, le 09 juin 2015

Le Parti Communiste du Bénin

 Inès Zounnon