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prd-logoLe seul cadeau que la classe politique doit faire à Adrien Houngbédji, c’est de lui permettre de se reposer après le 6 avril en cas d’échec de son candidat. Il faut vraiment y penser sérieusement, car cet homme s’est bien foutu du peuple. Adrien Houngbédji a déclaré hier sur la chaine publique (Ortb) qu’il n’a pas voulu être Président de l’Assemblée nationale. Il affirme même qu’il n’exigeait rien de qui que ce soit et que si ce ne sont pas les 32 députés qui l’ont soutenu, qu’il ne trouvait vraiment pas d’intérêt à être Président de l’Assemblée. Un peu comme si on lui a forcé la main, Adrien Houngbédji (qui veut si tant se reposer pour se consacrer à la rédaction de son livre selon ses propos) disait qu’il ne serait nullement peiné s’il avait perdu l’élection pour le perchoir de l’Assemblée nationale. Pourtant, tout le monde a vu Houngbédji jubiler cette nuit-là. On l’a vu être délivré quand le rubicond a été franchi.  Le leader des Tchoco-Tchoco vient de se moquer de tous les députés qui ont soutenu sa candidature, mais plus encore, ce peuple qui lui a confié dans la douleur cette mission républicaine. Ce peuple, qui n’en voulait plus de la révision de la constitution, s’est battu pour soutenir les partis de l’opposition. Il s’est battu à travers les urnes pour que l’Union fait la nation s’impose à Cotonou, la Rb-Rp dans la 24ème circonscription et le Prd son parti à Porto Novo. Autour de lui, il a été créé une grande alliance. Il a participé aux négociations. Il a envoyé ses lieutenants convaincre les députés qui hésitaient à lui confier le Perchoir.  Atao Hinnouho peut en témoigner.  Tous se sont battus pour que l’opposition ait ces députés pour lui permettre d’être là où il est actuellement. C’était un défi pour ce peuple qui, fatigué du régime Yayi, a souffert sous le soleil pour lui accorder son suffrage. Adrien Houngbédji dit qu’il n’a pas voulu être Président. Pourtant, il a accepté être sur la liste du Prd, et mieux, il a battu campagne pendant les législatives. Quel était le terme de campagne de Houngbédji pendant les législatives ? C’était de lutter pour empêcher que l’Assemblée soit contrôlée, une nouvelle fois, pas les Fcbe. Quelle campagne il n’avait pas fait ? Même pour son élection à la tête de l’Assemblée nationale, combien de nuits blanches il n’a pas passé ? Il y a  quelques semaines, Sébastien Ajavon disait que c’était chez lui qu’il venait régulièrement avant son élection. Combien de députés soutenus par Patrice Talon qu’il déteste si tant aujourd’hui ne l’ont pas aidé pour le perchoir. Le peuple tout entier, le jour de son élection, n’avait pas dormi. Il a veillé. Oui, ils ont veillé à Cotonou, à Porto-Novo, à Abomey, Ouidah, Parakou, Natitingou et ailleurs, ces jeunes et vieux pour attendre la délivrance du 19 mai 2015. Ils n’ont pas voulu que son challenger, le jeune Komi Koutché vienne lui ravir la vedette. La liesse après son élection était visible. C’est cet engagement, ce sacrifice au prix même du sang, cette confiance que tout ce peuple a portée en lui que Adrien Houngbédji vient de banaliser. La nature a ses règles et les Béninois ont une âme. Le 28 février ou jamais.

AT