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FELIX-IROKOIl est dit partout que Mathieu Kérékou est né le 02 septembre 1933. Et bien ! Ce n’est pas le cas. C’est une date approximative. De même, le Général n’a pas été surnommé ‘’Caméléon’’ comme beaucoup le pensent, mais appelé ainsi par sa génitrice ‘’Yokossi’’. Le professeur Félix Iroko enseignant d’Histoire à l’université d’Abomey calavi s’est prononcé sur la question et s’est également intéressé aux origines paternelles du Président Mathieu Kérékou ce lundi 19 Octobre 2015 sur la radio Océan FM. (Lire un résumé de l’histoire)

« Connaître un homme a toujours des limites ; et l’une des limites que j’ai eu à entendre sur les ondes, c’est de dire que le Président Mathieu Kérékou est né en 1933. Non, il est plutôt né dans les années 30 et pas en 1933. Il n’a pas d’acte de naissance mais un jugement supplétif. Donc un âge qui est tout à fait approximatif puisqu’il m’a dit lui-même qu’il ne connaît pas à quel moment il est né. La deuxième petite mise au point, c’est qu’il n’est pas surnommé le ‘’Caméléon’’. Ce n’est pas un surnom. Un nom n’est pas un surnom. C’est lui-même ‘’Caméléon’’. Il se nommait ‘’Caméléon’’ dès sa naissance parce qu’il se nommait ‘’Tchaa’’ ; et ‘’Tchaa’’ en ‘’Waama’’ signifie tout simplement ‘’Caméléon’’.

Il faut tenir compte des spécificités de nos cultures. Dans la culture ‘’Waama’’, une fille qui est fiancée à quelqu’un, tant qu’elle n’a pas rejoint le fiancé, si elle tombait grosse pour une autre personne, sa famille ne la renie pas. La mère du Président Mathieu Kérékou est ‘’yokossi’’. Jeune fille, elle était fiancée à quelqu’un, mais n’a pas rejoint le monsieur jusqu’à avoir un enfant, puis deux enfants : Madougou, le premier et Mathieu le second. Ainsi, elle a donné le nom Kérékou comme nom de famille parce que le père géniteur n’était pas son fiancé. Et il est considéré dans cette culture là un peu comme un tricheur, comme quelqu’un qui est passé par la fenêtre pour entrer au lieu de passer par la porte. Mais elle ne pouvait pas non plus donner le nom de son fiancé à son enfant puisqu’elle ne l’a pas rejoint. Si elle l’avait rejoint, ces deux garçons porteraient le nom du fiancé même si ce dernier n’est pas le père géniteur ».

 Transcription : Inès Zounnon