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ravipQui peut encore en douter ? Pour aller au développement, le Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) est d’une précieuse utilité. Car, avec la promulgation de la Loi 2017-20 du 20 avril 2018 portant Code du numérique en République du Bénin, notre pays enregistrera dès les prochains mois une révolution dans la gestion des projets qui placent l’homme au cœur du développement. Cela ne peut se faire qu’en s’assurant d’une identification sûre des personnes. Fort heureusement le Ravip a été initié à temps et s’achèvera au moment idéal pour répondre à cette nouvelle donne, le timing étant une condition essentielle pour réussir l’alliage Ravip, Numérique et Développement.

L’état actuel de notre système national d’identification reste basé sur l’approximation et donc une incertitude dans l’authentification des identités.  De l’état-civil au passeport en passant par les cartes nationales d’identité et les cartes professionnelles, le Bénin offre depuis l’image d’un Etat qui ne maîtrise pas sa population donc incapable d’une planification de son développement. La détention de plusieurs actes de naissance par la même personne rendant ainsi possible la détention de cartes nationales multiples par un même individu, les fraudes à la sûreté des examens et des concours se traduisant par les emprunts d’identité pour composer à la place du candidat officiellement inscrit, les fraudes en matière bancaire traduites par la falsification de  pièces pour soutirer des fonds et enfin des difficultés d’identification des auteurs de certaines infractions d’atteintes aux biens et aux personnes, sont autant de réalités qui ne peuvent laisser insensible un gouvernement soucieux du développement de ce pays.

Par ailleurs, mes vastes projets de réhabilitation de l’Homme pour le sortir de la pauvreté et la précarité, la mise en place d’un fichier sécurisé du personnel de l’Administration d’Etat, sans oublier les microfinances aux plus pauvres, l’assurance-maladie au profit de tous, sont d’immenses chantiers qui ne pourraient se concrétiser que si, au préalable, chaque citoyen se voit attribuer un numéro personnel d’identification (Npi).

Il n’y a point de Npi sans un recensement massif à même de faire constituer une base de données à usage multiple sur la population. Ce qui s’appelle « un registre de population ». C’est donc une question de bon sens que, loin de tout débat politique et électoraliste, le Ravip a été savamment conçu et mis en œuvre.

Le souci premier n’est pas une utilisation électorale. Cependant, l’exploitation de la base de données aux fins de crédibilisation des élections voire de servir de source d’information pour l’établissement ou la certification de la liste électorale est une possibilité avérée, prévue par le législateur, d’une part, et qu’aucun pays sérieux ne rejettera, d’autre part.

Tout compte fait, que l’on veuille ou non, le registre national de population a une valeur supérieure à tous autres registres sectoriels ou spéciaux, parce que basé sur une identification sûre des personnes. Débarrassons-nous donc des courtes visions pour rentrer dans l’ère du numérique. Ce n’est pas une option, mais une contrainte logique des temps modernes.

 Habib Akin

Sociologue, spécialiste des Tic