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tevoédjre-koupakiA bientôt 87 ans,  Albert Tevoéjrè, ancien Médiateur de la République, veut toujours peser sur le cours des choses de sa cité. Face à la presse mardi 22 décembre 2015,  il a fait part de son analyse sur la prochaine élection présidentielle. Selon lui, la situation du pays est préoccupante et mérite une convergence autour du projet de société de Pascal Irénée Koupaki.
« A tous et vers tous,  nous  crions notre inquiétude  d’un danger majeur en ce Bénin soudain devenu sans boussole ». Voilà l’état d’esprit et les fruits des observations de l’ancien président du parti  « Notre cause commune », qui a décidé de rompre le silence. Albert Tévoédjrè ne porte plus l’actuel chef d’Etat dans son cœur. Il ne s’en cache d’ailleurs pas. Au cours de sa conférence de presse à Azalai hôtel mardi dernier, il n’a pas été du tout tendre avec son ancien protégé. De plus, on a su qu’Albert Tevoéjrè  n’a pas  beaucoup apprécié le premier mandat de Yayi Boni. « Je voudrais d’ abord rappeler qu’à l’ occasion des élections de mars 2011 devant consacrer le deuxième et dernier mandat de Yayi Boni, j’ai dû, avec mes amis, subordonner notre soutien à un certain nombre de recentrages, compte tenu des malaises enregistrés par rapport aux repères que nous nous étions donnés à la Conférence nationale des forces vives de février 1990 », a  déclaré l’ancien médiateur.  Dans son rôle de gardien du temple, Albert Tévoédjrè espérait, à l’époque,  corriger le tir, afin de permettre au second mandat de mieux répondre aux aspirations d’un peuple déjà suffisamment brimé et au plus mal. Il avait proposé l’organisation d’un forum de vérité et de sursaut patriotique afin de « poser de nouveaux jalons et repartir du bon pied ». Cette rencontre se proposait d’inventorier et d’analyser les dysfonctionnements de la gouvernance au niveau de l’administration,  du Parlement, et du système judiciaire. Les manquements à l’éthique des responsables à divers niveaux devraient également être répertoriés, et les mesures correctives appropriées proposées. « Après avoir reçu toutes les assurances pour la tenue de cette rencontre, elle a été en catastrophe reportée sine die pour des raisons non élucidées jusqu’à ce jour », regretta-t-il. Amer et  déçu par la gouvernance erratique du chantre de la Refondation, Albert Tevoéjrè, qui projette le pays vers son avenir, laisse quand même une porte de sortie à Yayi Boni : « Il s’agit d’être entièrement vrai, d’être complet. Il s’agit simplement d’être honnête. Le peuple sait pardonner. Largement. De là où il vit et rayonne désormais,  Mathieu Kérékou le sait et l’apprécie pleinement. Il a eu l’intelligence et il a obtenu la grâce de l’humilité ». Pour finir, Albert Tévoédjrè soutient la candidature de l’ancien Premier ministre Pascal Irenée Koupaki dont le projet de société lui a plu. Il a alors  égrené les qualités de l’homme, avant de suggérer une convergence des autres candidats autour de son projet de société.
Wilfrid Noubadan
 
Extrait de la déclaration de Albert Tévoédjrè
 Où voulons-nous donc aller ?
En observant, en écoutant, en étant sincère avec ma propre conscience, je crois pouvoir dire que la volonté profonde, réelle de l’immense majorité des Béninois est :
d’échapper à l’exploitation de leur pauvreté par la prise en otage à travers l’argent de la servitude ;
que la Cour constitutionnelle éclaire la nation en prescrivant aux hommes de l’Economie la juste orientation de leur implication dans la gestion des affaires du pays les conduisant à se situer dans l’honorable refus de la perfide confusion des rôles et des intérêts ;
que la fonction publique, premier instrument d’action du Chef de l’Etat sorte de l’enfer têtu des concours frauduleux dont les auteurs sont connus et tiennent à se maintenir, perpétuant ainsi le mal de la gangrène sociale ;
qu’aucun candidat ne doit se trouver dans une situation de contradiction et de confusion des intérêts privés ou  publics, nationaux ou étrangers pouvant porter atteinte à la souveraineté nationale, nuire au développement des populations et à une intégration régionale impérative ;
que tout candidat doit répondre à nos exigences de culture vivante, comprendre et parler au moins une langue du terroir national, respecter rigoureusement notre   Constitution en ce qui concerne la protection de la famille et ne prendre sur ce sujet capital aucun risque pouvant faciliter toute vicieuse propagande extérieure nuisible à l’équilibre social béninois et africain.
Ce sont là quelques repères essentiels sur lesquels le silence de tout responsable devient complicité dans la trahison de nos valeurs, de notre culture, de nos chances d’authentique développement. Nous devons entendre sur ces sujets toutes les voix. Toutes ! Nous devons prendre nos responsabilités et les faire connaître Publiquement! Loin de nous la volonté de ne pas reconnaître les efforts accomplis, les succès enregistrés. On les a énumérés en de nombreuses circonstances. A ce propos, un article du journaliste Angelo Dossoumou paru dans «Fraternité» du 9 décembre 2015 a retenu toute mon attention. Mais il  s’agit aussi d’être entièrement vrai, d’être complet. Il s’agit simplement d’être honnête. Le peuple sait pardonner.
Largement. De là où il vit et rayonne désormais, Matthieu Kérékou le sait et l’apprécie pleinement. Il a eu l’intelligence et il a obtenu la grâce de l’humilité. Nous voici donc à un moment de relance et de renouvellement. Le Rassemblement pour la «Nouvelle Conscience» nous en offre la chance. Je nous invite à la saisir.
L’Interpellation
Béninoises et Béninois,
Avec chacune et avec chacun, j’ose invoquer mon grand âge (87 ans bientôt) pour solliciter votre indulgence qui me permet, comme au terme de la Conférence Nationale, de faire résonner notre voix commune :
1-Nous en appelons respectueusement et fidèlement à l’inoubliable souvenir de Mgr Isidore de Souza; nous en appelons à l’engagement et à la mémoire des Présidents et tous autres   fondateurs du précieux héritage que demeure notre Renouveau démocratique ;
2-Nous supplions Monsieur le Président de la République qui n’est pas un chef de Parti et que ses hautes fonctions et responsabilités constitutionnelles  élèvent au-dessus de toutes intrigues ou manœuvres obscures le situant au sommet du rigoureux discernement qui fait de lui notre guide pour « l’honneur, le bon sens et l’intérêt supérieur de la patrie» ;
3-Nous en appelons à Monsieur le Président de l’Assemblée nationale et à chaque membre du Parlement, tous responsables individuellement et collectivement de l’unité, de la souveraineté et de l’indépendance de la nation ;
4-Nous adjurons Monsieur le Président et les membres de la Cour Constitutionnelle, porteurs de l’immense et très haute charge d’assurer notre fidélité absolue à la lettre et à l’esprit de la « Loi fondamentale » ;
5-Nous voulons faire confiance à tous les Présidents des autres Institutions, à Monsieur le Médiateur de la République et à Monsieur le Haut Commissaire à la gouvernance concertée ;
6-Nous exprimons notre vigilance sincère tout particulièrement au Président et aux membres de la Commission électorale nationale autonome (Céna) dont nous savons la tâche spécialement délicate et périlleuse ; et que nous encourageons avec  Stanislas Kpognon à nous faire bénéficier au Bénin de « l’effet Kaboré » !
7-Nous interpellons respectueusement le Président et chaque membre de la Conférence épiscopale du Bénin, les hauts responsables de la Communauté musulmane, des autres confessions religieuses et de nos religions traditionnelles,      l’ensemble des membres du «Cadre de concertation des confessions religieuses», les porte-voix au Bénin de «Religions pour la Paix» ;
8-Nous en appelons à chaque Président ou Secrétaire général de Parti politique, à chaque syndicat, aux éducateurs, à toutes  femmes et à tous hommes de bonne volonté rassemblés au sein de la «Société civile» ;
9-Nous sollicitons le regard fraternel de nos partenaires de la Cedeao- du Nigeria au Sénégal – et l’attention vigilante de l’Union africaine! Aux Nations Unies nous disons notre confiance et notre gratitude constante ;
10-Nous sommes sincèrement reconnaissants pour les interrogations lucides et généreuses venant de partout et notamment de la France d’ Aimé Césaire, de Francis Aupiais et de Stéphane Hessel qui nous enjoignent de nous « Indigner ». « Indignez-vous ! » nous lance Stéphane Hessel.
Et donc, à tous et vers tous nous crions notre inquiétude d’un danger majeur en ce Bénin soudain devenu sans boussole. Pourtant, n’exagérons rien ! Je n’entends pas sonner le glas… Mais c’est une exceptionnelle clameur, c’est le jaillissement d’un immense cri de ralliement nous appelant à un véritable  Sursaut patriotique ! Priorité donc à la Convergence autour d’un Projet de Société garantissant le respect de nos   valeurs communes et l’assurance de notre développement solidaire fondé sur le travail et l’engagement citoyen.
Prenez et lisez attentivement le très méthodique plan de travail de nouvelle gouvernance que nous propose Makandjou Pascal Irénée Koupaki et vous comprendrez aisément l’heureuse opportunité offerte d’un choix judicieux, le choix qu’à mon avis, « la raison nationale suggère ».
Chers compatriotes, marchons au combat de la victoire sur nous-mêmes. Osons transformer le Bénin ! Ensemble debout pour célébrer l’Aube nouvelle » !
Mesdames et messieurs, chers frères et sœurs de notre patrie commune,
Tels sont mes propos de ce jour, mon essai de réponse aux   interrogations d’une multitude de citoyens. Vous aurez remarqué mon insistance sur le Projet de société, sur la nécessité de convergences salutaires et sur la chance offerte d’entrer ensemble dans une ère nouvelle, celle de la « Culture de la ponctualité ». C’est cela la conscience en action. C’est aussi cela la nouvelle conscience.
Bientôt, ce sera Noël, la fête universellement célébrée de l’espérance d’une vie nouvelle.
A l’âge où je suis parvenu par la grâce de Dieu, vous me permettrez de vous associer à mon immense gratitude et de vous offrir mes vœux fervents du frère qui a tant reçu et voudrait s’assurer que le temps de la Providence lui donne la chance de servir jusqu’à toujours l’essor du Bénin et la renaissance tant méritée de notre chère Afrique dans un monde de justice, d’amour et de paix !
Joyeux Noël donc… et très bonne année dans la vive espérance de l’éternelle épiphanie !
Porto-Novo, le 22 décembre 2015
Albert Tévoédjrè (Frère Melchior