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Yayi Boni actif au plan politique

2019 ne sera pas une partie de plaisir. La politique qui se prépare n’est pas celle des discours longs et ennuyeux mais de l’action. Yayi Boni ne boude plus le désir de lorgner le fauteuil d’Adrien Houngbédji. Le combat s’annonce rude.

Il ne faudra pas se faire d’illusion. Ce qui s’annonce n’est pas un jeu de poli-tique de seconde zone. C’est bel et bien le combat des titans. Lorsqu’on a en face un ancien Président de la République qui se décide à s’engager, il y a de quoi être davantage attentif. Yayi Boni n’est pas un poids plume en politique, ceci n’est plus à rappeler. Fin populiste pour qui la ruse politique va si bien comme un gant, l’ancien Chef de l’Etat, même au plus fort de ses moments de disgrâce, avait toujours des hommes et femmes qui battaient la poitrine et pleuraient chaudement son départ. Lorsqu’on s’appelle Yayi Boni et qu’on vient à peine de lâcher le pouvoir, il n’est pas si mauvais de saliver. Le retour en politique de cet homme d’Etat particulier à tout point de vue n’est plus au niveau des soupçons. On susurre qu’après ces premières bourdes comme il en a l’habitude au début du mandat de Patrice Talon, Yayi s’est retranché  pour travailler. Pour une fois, l’ancien homme d’Etat s’est fait le devoir de ne plus être dispersé. Il sera sauf cataclysme, dans la course pour les élections législatives de 2019. On annonce qu’il œuvre résolument pour pousser dehors l’actuel Président de l’Assemblée nationale. Mais tout ceci avec quelle troupe ? Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) pratiquement dépecées (avec des résidus qui se battent contre l’irréel) pourront-elles tenir le coup face à la machine de démolition du camp d’en face ? Sur quoi ou sur qui peut compter véritablement Yayi Boni dans cette bataille ? La question ne manque pas d’intérêt, mais il faut avouer dans un premier temps que la personnalité de l’homme pèsera beaucoup dans cette bataille. Yayi Boni s’est servi par le passé des moyens de l’Etat pour construire un charisme qui ne s’émoussera pas de sitôt. Des hommes et femmes ayant bu à la source de cette générosité seront toujours tentés de lui renvoyer l’ascenseur. Et comme on sait que le Béninois ne vote que celui qui a apporté une petite lumière à son quotidien vital ou social, il peut toujours se tar-guer de cet héritage social pour construire quelque chose de solide. L’image de Yayi Boni, papa bonheur, n’est pas totalement écornée. Ceci risque de s’affermir davantage avec son engagement actuel. L’autre raison, c’est le possible ralliement des premiers mécontents du Nouveau départ. Sébastien Ajavon a déjà sa chapelle, Nicéphore et Rosine Soglo sont tout rouges, Candide Azannaï dit attendre toujours le moment opportun, bref, de grands artisans en froid avec le pouvoir prennent leurs distances. Albert Tévoédjrè, le manitou de tous les temps, se donne beaucoup plus d’aisance désormais à faire des réflexions. Quand le Renard commence à beaucoup réfléchir, il faut se poser des questions. Tous ceux-là, qui ne sont pas des politiciens d’hier, rompent progressivement les amarres. Pour qui connait Yayi Boni, ces brèches sont pour lui des opportunités. Accrocheur infatigable, il cherchera à tirer grand profit de tout ceci.
 Les cartouches du camp d’en face
 En face de Yayi Boni, quel leader de taille dans le camp au pouvoir pour le faire douter ? Le fougueux Candide Azannai, vrai pion du Nouveau départ, pouvait bien faire l’affaire, mais le contexte actuel ne le permet pas. A part le président du parti Restaurer l’espoir qui a l’énergie et le cran, on peine toujours à voir l’acteur mobilisateur qui pourra véritablement bouger les lignes. Il est vrai que l’actuel Président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, et Bruno Amoussou restent deux grosses cylindrées dans l’arène, mais le poids de l’âge et les réalités historiques peuvent constituer des freins réels. En plus de ces deux leaders majeurs, il y a les 60 députés ayant déclaré leurs amours au nouveau départ. Ceux-ci constituent un bastion qui travaillera résolument pour la victoire du Nouveau départ. Il y a également les adhésions et les transhumances quotidiennes qui viendront renforcer la machine en branle à l’Assemblée nationale. Mais tout ceci doit se bâtir sur un social plus actif et dynamique. Sans ceci, les arguments tomberont d’eux-mêmes. La croisade des opposants antirévisionnistes fondée exclusivement sur le social risque de prospérer une fois encore. Ceci a déjà commencé à Gogounou et environs. On parle de licenciement massif, de mi-sère grandissante etc. Si les choses doivent en rester ainsi, le peuple n’aura pas tort une fois encore de voter son ventre.
AT