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Isidore-gnonlonfounLes Cotonois, un peuple particulier au sein duquel se croisent plusieurs énergies et intelligences ne se laissent souvent pas conduire comme des moutons, et même si ce berger s’appelait « Dieu », tous ne le suivront pas. Ils sont durs d’oreille et parfois incontrôlables. Un peuple, qui dans l’histoire est toujours resté hostile au pouvoir central, qui considère toute réforme à lui imposé comme l’un des nombreux pièges des autorités centrales, et de ce fait n’hésite pas à organiser la résistance. Au réveil hier, il découvre que sur certains axes routiers, les policiers ont posé des barrages pour imposer un nouveau plan de circulation. Et le voilà, renouvelé avec sa légendaire réputation d’hostilité aux réformes. La police qui a déployé ses éléments pour accompagner cette mesure prise par les autorités municipales essuie de virulentes critiques et est traitée de tous les péchés d’Israël. Une police souvent accusée de délaisser ses missions républicaines de sécurisation et de maintien de l’ordre pour s’occuper de ce qui ne la regarde pas. Les usagers qui trouvaient insupportables les mesures de port obligatoire de casque et de la piste cyclable ne cachaient pas leur exaspération face au nouveau plan de circulation, qui certes paraît plus long en trajet, mais moins stressant et fatiguant, voire plus rapide. Face aux nombreuses critiques qui accablaient les policiers, certains agents ont tenté de retourner la colère des usagers vers les autorités municipales, initiateurs de la mesure (voir fax similé). Mais pour assumer cette responsabilité, aucune autorité n’était plus prête à défendre l’initiative qui tombe à point nommé à quelques jours de la rentrée scolaire et à quelques semaines des fêtes de fin d’année, périodes de grande mobilité urbaine. Même si l’expérience n’est pas une œuvre de génie, elle sera améliorée afin de contribuer à régler un problème auquel les Cotonois sont confrontés, mais tous ne sont pas prêts à faire le sacrifice pour aller à la solution. En tout cas, reculer à cause des critiques subjectifs, serait regrettable. Habitués à la routine et à l’immobilisme, les Béninois sont souvent réfractaires à toute innovation même si les réformes engagées devraient faire leur bonheur. Cotonou qui constitue la vitrine du pays en est une référence. C’est par excellence un exemple de la désobéissance à toute nouvelle réforme. Mais avec un peu de « bâton » ça passe.

FNCommuniqué radio