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Si vous voulez savoir ce que le roi Yayi mijote à la tête du pays, écoutez religieusement Benoît Dègla, Iréné Agossa et autres. Ils sont prêts à tout pour toujours rester dans le cercle fermé de leur chef au Palais de la République. L’ancien ministre Benoît Dègla a fait dernièrement une déclaration tonitruante parce que Amissétou Affo Djobo a parlé. « Notre pays n’est pas en crise ou ne sort pas d’une guerre pour qu’ils (opposants) exigent un dialogue (…). L’impasse est dans l’imaginaire de l’opposition qui devrait plutôt s’en prendre au Cos-Lépi et à l’Assemblée nationale… ». C’est ainsi que Dègla parle du dialogue et des élections. Devant les caméras, il n’a même pas eu de retenue. Dans sa tête, il faut qu’un pays sorte de la guerre avant que le dialogue ne soit exigé par les opposants. Donc, le dialogue ne doit pas exister en France, aux Etats-Unis, en Allemagne… Alors que ces nations développées n’ont jamais cessé d’initier des cadres de concertation pour améliorer leur gouvernance. Au Bénin, Benoît Dègla et les Fcbe vivent déjà beaucoup mieux. Ils sont au paradis ! Et pourtant, la loi fondamentale est régulièrement violée sous leurs yeux, les hommes d’affaires détruits et chassés du pays, l’Ortb bâillonnée et réservée exclusivement à leur leader qui s’en sert comme il veut…

Si Dègla est vraiment convaincu que le dialogue est réservé aux pays qui sortent de guerre, pourquoi ne recommande t-il pas à Yayi de renoncer à cette exigence de l’opposition puisqu’il est conseiller technique de quelque chose au Palais ? En tant qu’ancien ministre de l’Intérieur, ne sait-il pas que le dialogue implique une quête permanente de stabilité et de concorde nationale ? Ou bien veut-il que le chef poursuive son spectacle au Palais en compagnie des Fcbe et autres affidés du Pouvoir ? Les Fcbe et leur chef n’ont jamais voulu dialoguer avec l’opposition qu’ils craignent parce qu’ils gèrent mal. Ils le démontrent encore à travers ces propos indignes d’une personnalité publique.

L’autre ‘’apprenti’’ politique chargé de sillonner les plateaux de télévisions, Iréné Agossa, connaît le mot d’ordre. Avant Dègla, il avait annoncé sur Canal 3 qu’il n’y a aucune impasse électorale. Lui, il ne vit pas au Bénin ! Il est sur une autre planète. Il lui suffit de répondre à une seule question : les élections municipales, communales et locales ont-elles eu lieu depuis 2013 au Bénin ? S’il avait ‘’faim’’, on accepterait qu’il délire. Mais, avec sa promotion à la tête de la Sonacop, il peut se targuer d’être aujourd’hui à l’abri du besoin. Donc, ces incongruités qu’il sort de la bouche ne sont rien d’autres que des incantations pour dire à Yayi qu’il fait bien le job. D’autant qu’avec son fameux mouvement à trois adhérents, il n’est pas sûr de faire long feu…

A Djougou et à Parakou, ce week-end, beaucoup de conneries du genre ont été débitées en marge des marches organisées par les Yayistes. Ils disent à ceux qui veulent les entendre que Yayi est un démocrate. Dites cela à un enfant du cours primaire, il va pouffer de rire… Il pourra vous dire que depuis qu’il est né, il n’a vu qu’un seul homme à la télévision matin, midi et soir ; il n’a vu que des gens marcher à longueur de journée, il a appris que Patrice Talon est l’ennemi numéro 1 de Yayi, il a entendu parler de la Lépi tout le temps… Bref, il ne retient rien de votre Yayi que vous scandez à Djougou et à Parakou. Mais cela n’empêche, Alassane Soumanou, Barthélémy Kassa, Safiou Idrissou Affo, Naomie Azaria, Nouhoum Bida, Nouréini Atchadé… peuvent toujours marcher… La seule chose qu’ils doivent retenir c’est que Yayi partira en 2016 et leur laissera leur Fcbe en lambeaux…  

Epiphane Axel Bognanho