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FESPACO
Koussou Ayékoro (à gauche) et Francis Zossou

 Le cinéma africain est à l’honneur à Ouagadougou depuis le samedi 28 février 2015. La 24ème édition du Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou (Fespaco) bat son plein au cœur du siège prévu pour accueillir l’évènement. La projection des six productions cinématographiques béninoises en compétition a démarré depuis hier au Centre culturel français de Ouagadougou. On y retrouve des courts métrages, des séries télévisées et des films d’écoles notamment de l’Isma. Nous avons pu rencontrer les réalisateurs de chacune de ces productions qui se sont exprimés sur le travail abattu. Lisez- plutôt….

Francis Zossou, réalisateur de « Courses pour la vie »

« Je suis porteur d’un projet cinématographique intitulé « Courses pour la vie » qui a été nominé au Fespaco. J’ai été produit par le ministère béninois de la Santé. En réalité, il s’agit d’une action de communication dans le cadre de la lutte contre le Sida. Ce projet a été également soutenu par le Fonds mondial. Alors on est venu avec ce téléfilm qui raconte de très belles histoires. Nous avons de belles histoires et nous voulons êtres entendus. Etre entendu pour moi, c’est avoir l’espoir que nous retournerons chez nous avec une récompense. »

Tiburce Bocovo : co-réalisateur de « Courses pour la vie »

« Courses pour la vie » a été une belle occasion de collaboration. Je pense que le travail avec le doyen Francis Zossou, c’est l’histoire du père et du fils. On a eu la chance de se connaître à l’Isma. On a commencé par travailler ensemble. C’est cette collaboration fructueuse qui nous a permis de nous retrouver au Fespaco 2015 avec cette série télévisée. Si tous nos aînés pouvaient faire comme lui, on travaillerait plus à élever le niveau de notre cinéma. Je pense que si nous sommes à ce rendez-vous, c’est que la qualité de la production a été reconnue par un jury. Nous croyons en nous et espérons avoir de grandes récompenses ».

Sorel Agbodémakou, réalisateur de « Cœurs errants »

« Je suis en compétition dans la catégorie série télévisée avec le film « Cœurs errants ». C’est une production typiquement béninoise dont chaque épisode est fait de 26 minutes. C’est l’histoire d’une famille aisée qui vivait aisément jusqu’au jour où elle se rend au village pour des cérémonies de libation. Au cours de cette cérémonie, les parents consultent l’oracle pour savoir si tout va bien. Mais le père va apprendre une nouvelle tragique et dramatique qui va bouleverser l’équilibre de la famille. Ce qui est intéressant dans cette série, c’est que toute la trame est construite autour de l’oracle. « Cœurs errants a toute ses chances de remporter un prix au Fespaco parce que c’est une série qui se base sur la culture du Bénin. Nous avons toute nos chances et nous comptons sur l’originalité de ce film ».

Sènami Kpétèhogbé, réalisateur de « Dinan »

« J’ai fait un film court métrage de 13 minutes intitulé « Dinan ». C’est l’histoire d’une jeune étudiante en état de grossesse qui est tenaillée par la faim et qui se retrouve dans une aventure nocturne pourchassée par la police. C’est un film qui parle de la faim et s’inscrit dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement. Je me suis inspiré du dernier rapport du Secrétaire général de l’Onu sur les Omd. Ce rapport stipule que la lutte contre la faim commence par être une réussite. J’ai essayé de donner mon pont de vue à travers ce film. J’étais guidé par l’envie de montrer qu’il y a toujours des inquiétudes après ce rapport fait par le Secrétaire de l’Onu. Ce film qui a été sélectionné parmi tant d’autres pour le Fespaco a forcément des qualités. Déjà depuis l’écriture des scénarios, je ne laisse rien. Je fais en sorte que cela respecte les normes qu’il faut pour en faire un bon film. A part ça, il y a la qualité de l’image qui est très importante et j’en ai tenu compte ».

Prince Kong A Maneg : réalisateur de « Stigmate d’une prêtresse »

« J’ai été étudiant à l’Isma. Je suis originaire de la République démocratique du Congo (Rdc). Je suis au Fespaco parce que mon film d’école est en compétition. Il est intitulé « Stigmate d’une prêtresse ». Ce film parle d’une fille qui malgré elle, est intronisée prêtresse d’une manière mystérieuse. L’africain rejette sa propre culture au détriment d’une culture qui n’est pas adaptée à son environnement à sa culture. Et de nos jours, beaucoup de jeunes ne tiennent pas compte de ça. C’est ma manière à moi de pouvoir sensibiliser la jeunesse à l’amener à accorder un peu plus d’importance à nos traditions. On ne peut pas échapper à sa tradition. La touche particulière apportée à cette production, c’est la manière dont j’ai fait les scénarios. Le film a des chances d’être distingué lors de ce festival ».

Kossou Ayékoro, réalisateur de « A cœur ouvert »

«Je suis très content de me retrouver au Fespaco avec « A cœur ouvert » qui a déjà reçu beaucoup de distinctions. C’est un court métrage qui parle d’un couple mixte qui a commencé par avoir des difficultés à cause de leurs origines. La mère du jeune homme a du mal à accepter sa belle-fille, pour plusieurs raisons. Je pense que tous les films ont la chance de recevoir un prix. J’espère que « A cœur ouvert » va plaire au jury ».

De Ouagadougou, Valentine Bonou Awassi