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UacLes coups durs s’enchaînent pour les associations estudiantines. En plus d’être décapitées par la mesure de suspension qui frappe certains responsables et leurs syndiqués, lesquels sont exclus des universités pour cinq ans, elles sont interdites d’activité sur les campus universitaires par le Conseil des ministres. Le Gouvernement a pris un décret à cet effet et se réserve le droit de leur indiquer, à travers un autre acte à prendre sous peu, les conditions d’exercice de leurs activités. En agissant ainsi, les nouvelles autorités du pays espèrent encadrer les mouvements de protestation sur les campus avec leur cortège de dégâts. Selon la position du gouvernement, les associations d’étudiants et les organisations faîtières mènent des activités n’ayant que l’apparence de luttes pour la défense des étudiants, mais en réalité, elles sont contreproductives pour la communauté universitaire qui paie le prix fort. Au-delà, ces structures sont présentées comme des groupes qui recrutent des individus auxquels elles assignent des tâches précises et spécifiques lors des manifestations d’humeur. Mais le principal argument du gouvernement est que les campus sont régulièrement perturbés par les organisations d’étudiants qui agissent sans retenue et parfois elles se croient au-dessus des lois de la République, se permettant de cautionner le désordre, sous le couvert du principe de non violation des franchises universitaires. Pour appuyer cette thèse, le Pouvoir central évoque les récents évènements à l’Université d’Abomey-Calavi, qui ont failli faire basculer ce centre dans un cycle infernal de violences et d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Il ne fallait pas plus que ça, pour qu’il décide de limiter leurs capacités à agir et à manifester. Le gouvernement a voulu prendre ses responsabilités pour mettre les campus à l’abri de récurrentes crises opposant étudiants et autorités rectorales qui se livrent souvent à une guerre sans issue.  Comme c’est d’ailleurs le cas en ce qui concerne les évènements de ces derniers mois qui ont contraint le gouvernement à prendre cette mesure. Beaucoup l’ont accueillie avec déception, car elle renferme des velléités de privation de libertés. En voulant se prémunir contre les dangers d’un militantisme estudiantin, le gouvernement a donné du grain à moudre aux défenseurs des libertés démocratiques. La question qu’on se pose est de savoir si dans le contexte actuel, le pouvoir central avait besoin d’en arriver là.

FN

 Réaction des responsables d’étudiants

Emmanuel Assimada, pdt Bef : « Les organisations vont se concerter …»

« Je pense qu’on va se rapprocher de notre ministère d’abord pour mieux comprendre avant toute réaction. Sinon le droit à l’association est quelque chose qu’on ne peut pas voler à tout groupe de citoyens éprouvant le désir de se mettre ensemble. Je pense qu’il peut s’agir d’une réorganisation des associations estudiantines. Ils peuvent être, en train d’aller vers une réorganisation des associations estudiantines. Il faut dire que quand les choses se passent ainsi, ils augmentent aussi les leurs. Sinon, je ne vois pas où nous avons causé de dégâts, par exemple cette année. Mais dans la semaine, les organisations vont se concerter pour analyser la décision ».

Nicolas Zinsou, P/Uneb : «… Je ne crois pas que cela puisse passer »

« Nous avons pris acte. Mais nous ne savons pas réellement ce qui s’est passé, parce qu’à notre niveau, nous ne savons rien de ce qui peut amener à prendre cette décision. Nous allons consulter la base estudiantine que nous dirigeons pour savoir les démarches à mener les heures à venir.

   Ce ne sont pas d’autres personnes qui vont nous dire ce que nous devons faire tant que la Constitution de notre pays nous donne l’autorisation de nous associer. Nous pouvons donc consulter à tout moment notre base pour savoir les dispositions à prendre.

L’Uneb est enregistrée depuis 1993 au ministère de l’intérieur.

Il y a des fondamentaux à respecter avant de se constituer en association. Et l’Uneb a respecté tout ça en se faisant enregistrer. Qu’on vienne nous dire que toutes les activités de notre organisation sont suspendues pour un motif que nous ignorons, je crois que ça ne peut pas marcher.

C’est étrange de savoir qu’on évolue sur des hypothèses pour prendre certaines décisions au sommet de l’Etat, puisque le Conseil est allé jusqu’à dire que nous recrutons des anciens militaires. Je ne sais vraiment pas de quoi parlent le gouvernement et les auteurs de ces allégations. Nous, nous sommes des étudiants et je ne sais à quel moment des hommes en uniformes, qu’ils soient anciens ou en fonction, s’associent à nous.

C’est déplorable de savoir que des gens prennent des décisions sans aller à la source. Si des mouvements de grève naissent, ce n’est pas de gaieté de cœur pour nous les responsables estudiantins.

C’est vous qui m’informez de l’existence d’une zone rouge. Nous ne savons pas de quoi il s’agit. C’est la première fois que j’apprends cela.

L’Uneb n’a jamais demandé pardon à qui que ce soit. Comme j’ai eu à le dire, nous ne nous reprochons rien. Nous restons objectifs. Sûrement, vous avez été étudiants et l’étudiant ne se lève pas pour aller en grève, s’il n’y a rien. Nous devons barrer la route à certaines décisions.

Qu’on pense aujourd’hui à la limitation ou l’encadrement de nos activités, je ne crois pas que cela puisse passer, car nous avons un objectif global sur le campus d’Abomey-Calavi : celui de participer à l’amélioration des conditions d’études de nos camarades étudiants. Et tant que les intérêts des étudiants seront en jeu, nous devons jouer notre partition. »

Propos recueillis par Félicien Fangnon