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idji_antoineAntoine Kolawolé Idji : « c’est l’un des séminaires les plus importants»
«…Il me semble que c’est l’un des séminaires les plus importants de cette 7ème  législature. Le Parlement n’a jamais pu atteindre 10% de représentation des femmes. Il en est ainsi pour toutes formes de raisons. C’est ça que nous sommes venus régler. Mais il faut reconnaître qu’après les débats d’un Parlement particulièrement masculin, les hommes ont peur de perdre leurs privilèges et ils font recours à toutes sortes d’arguments. Certains font recours au Coran, certains à la Bible et d’autres à notre culture et à nos coutumes. Ils vont jusqu’à faire recours à l’incapacité congénitale des femmes à se mêler de la chose publique et à diriger ; ce qui est en contradiction fondamentale avec notre histoire. Ce qui est aussi en contradiction avec ce que nous proclamons être les spécificités du Bénin ; c’est-à-dire l’approfondissement de la démocratie. En effet, comment pourriez-vous parler de démocratie en mettant 52% de la population à la portion congrue à la représentation nationale. Vous ne pouvez pas dire que les femmes ne sont pas capables parce que ce sont ces genres d’arguments que les racistes de tous poils utilisent contre les Noirs. Ils disent que les Noirs sont paresseux, ignorants, et pas capables. A quelque chose près, c’est la même chose qu’on retourne contre les femmes. Mais moi, je dis à ces hommes-là de se tenir tranquilles et je dis aux femmes de continuer leur combat. L’évolution est totalement irréversible. L’histoire de notre pays montre à suffisance que les femmes peuvent faire aussi bien et même mieux que les hommes. Donc, on n’a pas besoin de se cacher derrière la Bible, derrière le Coran et la souveraineté. Ce n’est pas la peine. L’évolution que nous voulons amener, ce n’est pas un cadeau que nous voulons offrir aux femmes. En défendant une meilleure représentation de la femme au Parlement béninois, je ne défends pas les femmes. Je défends la société. On ne peut pas aller au développement si on ne fait que donner la portion congrue à plus de 52% de la population… ».
Sofiath Schanou Arouna : «il faudra briser certains tabous »Sofiath-Schanou
«…Je dirai qu’en tant que parlementaire, j’attends beaucoup et en tant que femme, j’attends davantage. On entend souvent dire que ça ne se donne pas. Mais si nous n’avons pas le soutien des hommes, je ne pense pas que la bataille sera gagnée (…) Le vrai problème, c’est le poids de la culture qui empêche la plupart des femmes d’aller en politique. Les quelques-unes qui ont osé aller en politique, nous savons très bien comment elles ont été traitées. Donc, je pense qu’il faudra briser certains tabous et aller vers les hommes pour leur expliquer ce qui se fait… ».
Aké-NatondéAké Natondé : « Il y a des pesanteurs à surmonter »
«…Nous sommes conscients qu’il y a des pesanteurs sociologiques et culturelles qui ne permettent pas toujours la participation de la femme à la gestion de la chose publique. C’est pour cela que le président de l’Assemblée nationale a émis l’idée d’entreprendre des travaux de réformes au niveau de nos textes et lois pour permettre de régler un tant soit peu cet état de choses. Les pesanteurs sociologiques, culturelles et historiques dont je parlais tantôt, nous en connaissons les origines. Nous savons très bien qu’avant les indépendances, il y avait ce fameux article 124 du droit coutumier qui faisait de la femme, la propriété de l’homme. Nous ne pouvons pas continuer comme ça parce que les femmes constituent 52% de la population aujourd’hui. Quel développement peut-on faire en continuant à ignorer cette partie de la population de notre pays ? Donc, quelle que soit la lourdeur de ces pesanteurs, nous devons travailler à corriger le tir. C’est ce à quoi les députés de la 7ème législature s’attèlent… ».