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DOSSIER-DE-LA-REPUBLIQUEWilfried Hervé Adoun et François Awoudo ont procédé au lancement officiel de l’ouvrage « Les dossiers de la République ». C’était hier jeudi 17 décembre 2015 à l’esplanade des banquets.
« Les affaires de corruption sont devenues au Bénin ce que les perles sont aux femmes ». Ainsi s’exprimait Wilfried Hervé Adoun pour caricaturer le mal endémique sous nos cieux. L’ouvrage de 430 pages dépeint un fléau pernicieux qui saccage systématiquement les ressources de l’Etat. Ce travail d’investigation, conduits par ces deux journalistes portent à l’étale populaire des scandales dont l’unité de valeur est le milliard. Cen-sad, Turbine à gaz de Maria gléta, siège de l’Assemblée nationale, Icc services, Cnss, la liste est longue. On parle carrément de méga corruption de plusieurs milliards de Fcfa dans un contexte où la misère noire règne en maître. Cet ouvrage, affirme les conférenciers, est une compilation d’informations précises sur ces différentes affaires. Mais, la marche a été longue. Pour François Awoudo, plusieurs difficultés ont jalonné l’entreprise. « Il y a eu des difficultés à faire de l’investigation journalistique dans notre pays. Il y a des vérités qui sont connues de tout le monde et que les gens ont du mal à répéter. Même les documents administratifs connus de tout le monde, on a du mal à les donner, alors même que personne ne saura que c’est telle personne qui l’a donnée », a-t-il déclaré. Pour le préfacier Joël Aïvo, la corruption a réussi à dribbler tous les mécanismes juridiques et institutionnels mis en place. La seule panacée reste, selon lui, l’indignation. « Nous avons un pays saccagé par la corruption. Il faut qu’on s’en indigne en se mobilisant pour des réformes audacieuses. La Haute cour de justice ne peut continuer à exister  », a-t-il déclaré. Pour le député à l’Assemblée nationale et ancien président de l’Assemblée, Mathurin nago, il sera difficile d’envisager une volonté affirmée des politiques de lutter véritablement contre la corruption. « Je ne crois pas aux institutions de la République. Il y a comme une complicité active. Les journalistes, les citoyens et la société civile peuvent jouer un grand rôle. On peut essayer cela », a-t-il déclaré.

HA