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LIONEL-ZINSOU-4
Lionel Zinsou

 Le débat de l’entre deux tours a effectivement eu lieu hier jeudi 17 mars 2016 sur la chaîne nationale de télévision en synchronisation avec d’autres chaînes de télévision. A l’entame du débat, animé par Georges Amlon de l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin et Benjamin Agon de radio Tokpa, Lionel Zinsou et Patrice Talon ont présenté leurs thèmes respectifs de campagne. On y relève une parfaite maîtrise des réalités du pays par le candidat de la rupture. Lionel Zinsou est apparu un peu trop sur la défensive. Dans l’ensemble Patrice Talon semble avoir séduit beaucoup de téléspectateurs.

« Le nouveau départ » du candidat Patrice Talon repose fondamentalement sur les réformes institutionnelles aboutissant à l’amélioration des conditions de vie et de travail pour un bien-être social. « Le Bénin Gagnant » du candidat Lionel Zinsou, quant à lui, est axé sur le social dépourvu de socle juridique et administratif. Dès lors, le parallélisme est nettement établi. Il n’y a pas de commune mesure dans les approches qui visent à développer le Bénin et à lui assurer ce que le professeur Albert Tévoédjrè appelle le minimum social commun. Le candidat Patrice Talon entend d’abord agir sur les institutions afin de rétablir l’équilibre entre les pouvoirs publics. Il privilégie dans ce sens la réduction des pouvoirs du président de la République qui, dans le contexte actuel, influencent négativement l’indépendance des autres institutions et favorables aux déviances. Patrice Talon est convaincu que « le nouveau départ » doit permettre un réel développement économique et social parce qu’il empêcherait le chef de l’Etat de travailler et de ne plus penser à un renouvellement de mandat. L’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire s’administreront librement avec les compétences qu’il faut à la place qu’il faut. Le résultat de ces réformes transformera l’administration d’Etat, qui cessera d’être amorphe et improductive en administration de développement pour le bien-être social. L’administration cessera d’être politisée et décadente et offrira des chances égales à tous les demandeurs d’emploi. Les secteurs vitaux de l’éducation, de la santé et de la modernisation du cadre de vie seront impactés positivement par les réformes au niveau national. La résorption de la corruption en découlera de fait, suivant les explications du présidentiable Patrice Talon. A l’opposé de Patrice Talon qui entend partir des réformes pour transformer le Bénin à travers « le nouveau départ », Lionel Zinsou part du bas vers le sommet de l’Etat. En effet, « le Bénin gagnant » de Lionel Zinsou veut lutter contre le chômage. « Le Bénin gagnant », c’est d’en découdre avec les vices et tous les maux qui entravent le développement du pays. L’approche de Lionel Zinsou, selon Patrice Talon, manque de pertinence.

 Jean-Claude Kouagou

 Lionel préoccupé par les pics que par son propre projet

Le candidat de la continuité aurait fait un débat intéressant s’il s’était un tout petit peu concentré sur son projet de société. Lionel Zinsou, un peu comme préparé à attaquer son interlocuteur, était beaucoup plus préoccupé à répondre qu’à avancer dans le débat. A chaque prise de parole, il n’avait de cesse de dire « vous avez dit ». En fait, le stratège Talon l’a conduit là où il ne voulait pas, en l’amenant tout le temps à vouloir se justifier. Et donc, Talon multipliait les accusations en charcutant vertement le gouvernement de Yayi Boni. Un peu très ulcéré par ces prises de positions, Lionel était obligé d’arranger l’image de son chef en justifiant à tout moment. On se rappelle des questions de contrat, de Maria Gléta et autres où il voulait démontrer à tout prix que tout est rose. Le pire, c’est quand Patrice Talon, consciemment ou inconsciemment, enfonce le clou en utilisant les termes comme Etat voyou, République bananière, français de nationalité. Sur ce dernier coup, Lionel est devenu méconnaissable. On le voit très furieux, et il ne le cachait pas du tout en lançant des pics très virulents. Il trouve que Talon a une souche française et que lui Zinsou n’est pas gouverneur et qu’il est Mahi. Le candidat n’a pas hésité à user d’arrogance monstre. « Le fait de dire Premier ministre français est une petitesse. Si ! Vous l’avez dit. C’est une petitesse. Je ne demande pas si vous êtes français. Je suis indifférent au fait que vous soyez d’une lignée française. C’est moi qui m’appelle Zinsou et c’est vous qui vous appelez Talon. Je ne suis pas d’une famille de négriers ». Les maux sont inqualifiables. Mais une fois encore, ce sera à Patrice Talon de faire descendre la pression en disant à Lionel pour faire court : « Je m’excuse ». Mais il n’a pas démordu pour autant. « Aucun béninois ne saurait en matière de marchés publics, dire que vous êtes un modèle. Je voudrais vous dire qu’à force de dire des mensonges cela devient une vérité. J’ai dirigé des entreprises qui ont dix fois le nombre de vos salariés. Vos dossiers sont pendants devant la justice et je ne vais pas en dire plus, vous êtes venus me proposer un poste de ministre en 2006, je sais que vous aimez faire peur Patrice». Lionel s’est concentré à s’en prendre à son interlocuteur pensant convaincre les Béninois outre mesure. Il aurait fait une très bonne prestation s’il avait utilisé cette consistance qu’il avait pour persuader les Béninois sur son projet de société au lieu de se concentrer sur un candidat déjà président de la République. L’amertume du candidat de la continuité était visible. Les pro-Yayistes ont contaminé l’ange Lionel en déprimant son mental. Quel gâchis.

AT