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conseil-des-ministresIl a suffi que le député Rachidi Gbadamassi crache publiquement  sur la candidature de Lionel Zinsou pour voir le gouvernement réagir dans un communiqué imprudent et digne d’une équipe aux abois. Plus grave, le texte va trop loin en proférant des menaces à l’encontre de ceux qui comme le député  diront encore quelque chose sur le candidat de Yayi Boni. Et, peut-être que,  ceux-là qui nous dirigent depuis bientôt dix ans oublient vite.  Ils ont trouvé que ce qu’on dit du premier ministre constitue une entorse grave au  projet démocratique de la Conférence nationale de février 1990. Du coup, on se demande si ceux qui ont rédigé le communiqué parlent de la même conférence nationale. Ils estiment même que les critiques contre Lionel Zinsou veulent opposer le Bénin et la France. Tout porte à croire que ce régime préfère soigner ses relations avec la France plutôt que d’œuvrer pour la cohésion nationale et l’enracinement des acquis démocratiques. En tout cas, depuis que Yayi Boni est arrivé au pouvoir, on sait ceux qui veulent la paix et ceux qui rêvent d’embraser la nation  un jour. C’est dans ce même pays que le chef de l’Etat a dit qu’il va faire venir les siens pour qu’ils affrontent les autres. C’est dans ce Bénin, qu’il a encore dit qu’il va « les » écraser. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres. Maintes fois et notamment lors de ses sorties publiques, le président de la République fait des déclarations qui ne préservent pas la paix, ni la cohésion nationale. Ses propos sont  souvent empreints de haine contre des régions et des ethnies du pays.  Ils véhiculent la peur. Toutes choses qui sortent de toute évidence du projet démocratique de la Conférence nationale de février 1990. Mais plus sérieusement, on doit s’intéresser aux récents propos de Yayi Boni, indiquant qu’il ne remettra pas le pouvoir à la mafia. On ne peut pas prédire qui gagnera la présidentielle de 2016, mais si c’est le camp que Yayi Boni traite de mafia qui la remporte, il a l’intention de confisquer la victoire et le pouvoir. Qu’ils soient considérés ou non comme des propos auxquels on est tous habitués de la part du roi du palais de la Marina, il s’agit d’une volonté affichée  du chef de l’Etat de compromettre la paix et la sérénité dans le pays. Ses propos s’ajoutent aux velléités de Yayi Boni et son équipe pour garder à tout prix le pouvoir. En évoquant une telle idée, il se montre déjà prêt à empêcher un certain camp d’accéder au pouvoir même si le peuple en décide autrement.  Qui est donc cette mafia ? Qu’il soit plus explicite. Il faut lui dire  qu’il n’est pas détenteur du pouvoir qu’il exerce. C’est le peuple qui en est détenteur et il doit le lui rendre à la fin de son deuxième et dernier quinquennat qui arrive à terme le 05 avril 2016. Tout autre projet visant  à confisquer le pouvoir constitue une remise en cause de la démocratie qui peut déboucher sur des situations qu’on ne saurait gérer. Yayi Boni doit éviter un tel scénario au pays. Avant de condamner  les propos du député Rachidi Gbadamassi et de menacer tous ceux qui pensent comme ce dernier, il doit d’abord répondre de ses crimes. Et puis au lieu  de balayer la maison de l’autre, il ferait mieux  de balayer d’abord devant sa porte.
FN