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constitutionMarqué à la culotte par les antirévisionnistes, le chef de l’Etat, Patrice Talon, apparait toujours serein. Mais face à la montée des contestations, on se demande comment il va pouvoir  réagir pour faire baisser la tension.    
La guerre des idées autour de la révision de la Constitution a lieu désormais dans toutes les  instances du pays. Des syndicats, des magistrats, des juristes et constitutionnalistes et des politiques partagés entre le pour et le contre  s’objectent. L’enjeu est de taille et le jeu en vaut la chandelle.  Le président de la République, qui croyait avoir réalisé le plus dur en  persuadant les députés à le soutenir  et après avoir   réussi à réunir  des personnages de différentes sensibilités politiques, des hommes et des femmes qui n’ont rien en commun et qui n’ont aucune accointance, des intellectuels opposés par des points de vue,  qui ont travaillé dans la Commission Djogbénou, fait l’amer constat qu’il existe encore des obstacles  à franchir. A l’instar des Magistrats, certaines organisations syndicales, dont la Cstb, la Fésyntra-Finances, des constitutionnalistes comme Joël Aïvo, des juristes de la trempe de Serge Prince Agbodjan, des députés proches de l’ancien président, Yayi Boni s’opposent à des options faites par le chef de l’Etat. Ils tentent surtout de montrer que l’initiative vise à affaiblir certaines institutions dont le Judiciaire, et à sauter des piliers clés  d’un Etat de droit, contrairement à ce que le chef de l’Etat  veut faire croire. Selon leur thèse, le président de la République veut réviser la constitution à son avantage. De même, son projet n’a que l’apparence d’un texte amélioré. Mis à part quelques observations pertinentes faites par des adversaires de la révision, la plupart des jugements portés à l’action en cours laissent à réfléchir. De plus en plus, on est convaincu que les sirènes qui retentissent ont pour objectif principal de perturber le locataire de la Marina et surtout, de retourner la colère du peuple contre lui. Sinon, comment comprendre qu’en l’espace d’une semaine, l’objet du débat était passé de la voie référendaire et du mandat unique à la fragilisation des Institutions de la République. Dans la même veine, on a entendu des contestataires reprocher au chef de l’Etat de ne pouvoir pas divulguer le contenu du texte avant de l’envoyer  à l’Assemblée nationale. Il a fallu effectivement que le texte de loi soit transmis au Parlement pour que surgissent de partout les critiques. Dans le jeu démocratique, on ne peut leur reprocher de jouer leur rôle. Mais alors, ils ont très peu d’arguments à faire valoir, dans un projet où, Patrice Talon s’est préoccupé de rendre puissants les garde-fous constitutionnels contre le pouvoir des membres du gouvernement  et du président de la République. Après avoir entraîné le pays au creux de la vague durant les dix dernières années, les barons du régime défunt qui sont à la manœuvre pour détourner  le chef de l’Etat de son objectif,  ont très peu d’arguments pour atteindre leur but. On comprend le combat des magistrats et de certaines figures du monde universitaire et du droit, mais celui des barons d’hier ne surprend pas. De plus en plus, leur prise de position face à des questions d’intérêt national est teintée d’aigreur et exprime le regret de n’avoir pas réussi, ce que réalisent les nouvelles autorités. Ils n’ont pas les moyens de bloquer le chef de l’Etat. Croire qu’il va abandonner le projet, serait illusoire.
FN