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talon29-16Aussi critiques qu’elles soient, les réactions que livrent les antirévisionnistes n’ébranlent pas le chef de l’Etat, Patrice Talon, dans sa marche vers la révision de la Constitution. Il avance et s’assure de l’utilité et de la nécessité de chaque acte posé, à l’image de sa démarche à l’endroit de la nation. 

Le Chef de l’Etat s’est adressé hier à la nation via  la télévision nationale pour  exprimer une fois encore son engagement sans faille à conduire jusqu’à terme le projet. L’objectif visé par sa sortie d’hier est d’apporter des réponses claires et des explications à la population en se fondant sur des questionnements des uns et des autres et aussi sur des faux clichés que présente une avalanche de procès dont l’accablent ses adversaires. Dans un tel contexte, le mieux, le plus facile, le plus concret c’est d’expliquer les raisons de la révision de la constitution et de dire pourquoi ce qui se profile sera bénéfique pour l’Etat de droit et la démocratie.  A la question de savoir si cette sortie a permis de répondre aux interrogations portant sur les motivations du chef de l’Etat, la réponse est connue.  C’est oui. Plusieurs passages de son discours l’illustrent et donnent du poids à ses arguments. D’entrée de jeu, Patrice Talon estime que si le peuple l’a élu, c’est parce qu’il a eu confiance en lui et a cru aux engagements qu’il a pris. Au nombre de ces engagements, les réformes politiques et institutionnelles constituent un chantier phare à réaliser et sans lequel, l’aspiration du peuple à la prospérité serait illusoire. Le chef de l’Etat signifie qu’en reconnaissance aux Béninois qui lui ont accordé un large  soutien pour son élection, il doit en retour honorer ses promesses. C’est l’une des raisons de son initiative à laquelle il s’est consacré dès la formation de son gouvernement.

Un processus inclusif

Ce qui transparait également dans ce discours, c’est la démarche entreprise par le président de la République, laquelle, rassure-t-il, a été inclusive. En effet, au regard de diverses sensibilités politiques, des sommités universitaires, des forces sociales et morales qui ont composé la Commission Djogbénou, chargée d’examiner les réformes à opérer dans la Constitution, ainsi que les consultations engagées avec des groupes restreints ou élargis, Patrice Talon soutient avoir conduit un processus inclusif. Il en ressort des contributions enrichissantes qui lui ont permis de faire des choix après avoir fait l’arbitrage entre des propositions faites par les groupes consultés. Le chef de l’Etat se dit d’ailleurs satisfait de l’apport des uns et des autres et les en félicite. Preuve que ce n’est pas un processus exclusif. En plus de ce que l’on savait déjà sur les avantages de ce projet, Patrice Talon a jugé le moment opportun pour passer à l’acte, parce que, reconnaissons le tous, la stabilité politique que connait le pays plaide en faveur d’une révision constitutionnelle. C’est maintenant qu’il faut le faire, a-t-il soutenu. S’affirmant comme celui qui s’est engagé lors des campagnes électorales à opérer des réformes politiques et institutionnelles, le président de la République affirme avoir rempli son contrat à partir du moment où, son gouvernement a transmis à l’Assemblée nationale, le projet de loi portant modification de la Constitution du 11 décembre 1990. C’est au tour des députés de faire leur job, de sorte que chaque article voté apporte une réponse aux préoccupations de l’heure pour doter le pays d’un texte moderne. Le chef de l’Etat l’a si bien dit : «Ainsi, de même que mon rôle fut d’opérer des choix, de même le sien sera d’apprécier ces choix, de répondre aux questions que chacun d’entre nous est fondé à se poser : les 5 modifications proposées renforcent-elles la démocratie ? Préservent-elles nos libertés ? Permettent-elles une meilleure reddition de comptes ? Organisent-elles mieux la vie politique ? Favorisent-elles le développement économique et social ainsi que l’épanouissement individuel et collectif ? Chaque fois que la réponse à l’une de ces questions sera négative, pour l’une quelconque des propositions de modification, celle-ci pourra être rejetée». Le texte proposé par le gouvernement ne passera pas en l’état, s’il ne répond pas aux questions posées par le chef de l’Etat lui-même. Voilà qui est clair ; ce n’est ni une révision opportuniste, ni une entente secrète entre le président de la République avec les députés, encore moins, un piège imaginé par Patrice Talon.

FN