Spread the love

YAYILa « lettre à la République » que l’ex-président  a publiée, mardi 2 octobre 2018, sur sa page  Facebook, est un véritable aveu d’échec. Son contenu, un fourre-tout  indigeste, bourré de contre-vérités et d’amalgames,  démontre que Yayi Boni n’a toujours pas dirigé son départ du pouvoir,  et cherche maladroitement, soit à assouvir une vengeance, sinon à  se racheter ou  se refaire une popularité auprès des Béninois chez qui sa crédibilité est largement entamée. 

Comme un novice ou un jeune politicien en manque d’expérience, Yayi Boni, l’ancien président,  se trompe de combat et de stratégie. Il devrait prétendre à un repos ou une retraite,  loin des légèretés dans lesquelles il s’illustre depuis peu. Malheureusement, il est difficile pour les mauvais perdants d’accepter la défaite. Et comme le dit l’adage, le ridicule ne tue pas, et la bêtise, est souvent comme   une seconde nature dont certains ont du mal à se débarrasser. Sinon, comment comprendre que ce que vous avez dix ans durant,  l’opportunité d’accomplir, et que vous n’avez pas fait, vous voulez que votre successeur le fasse en moins de trois ans ?  Certes, il nous avait habitué à des sorties intempestives,  du temps de son règne brouillon et débridé. Poussé peut-être par la même adrénaline, ne pouvant plus inaugurer puits et latrines un peu partout, ou occuper les 45 minutes du journal parlé de l’Ortb tous les soirs à se donner en spectacle et se ridiculiser en mauvais comédien, il a choisi les réseaux sociaux pour cracher son venin. Comparaison n’est pas raison, mais  à voir Patrice Talon agir avec méthode et efficacité dans la discrétion, loin des caméras, la différence est vite établie. On sait qui est l’homme d’Etat. En clair,  sa « lettre » à la République du mardi 2 octobre 2018, n’est pas loin d’un ramassis de relents malhabiles, le tout digne d’un  manipulateur politique, qui cautionne toutes les exactions, les mauvais comportements de jeunes ou d’activistes, dénoncés ces derniers temps.

  Mesquinerie politique

 Yayi Boni, après avoir passé dix ans à appeler « ses »  frères du Nord contre les sudistes,  se veut aujourd’hui  le  porte-voix de la jeunesse.  Selon lui,  la jeunesse serait exclue du débat politique avec la récente réforme du code électoral.  Cette jeunesse  qu’il a chosifiée et abusée dix ans durant, l’abreuvant d’inepties du genre « EMERGENCE », « REFONDATION »,  pour finir par lui promettre « des ballons pour qu’elle lui colle la paix » à défaut d’emplois. En somme, c’était un mauvais politicien. Et, à l’exception des jeunes qu’il a habitués à la facilité, les autres ont, depuis longtemps, compris la farce à laquelle il les a exposés et ne se feront pas prendre une nouvelle fois. D’ailleurs, contrairement aux fausses idées que sa lettre véhicule, aucun jeune n’est exclu du débat politique. Tout jeune  peut adhérer à un parti politique de son choix, s’il veut être acteur politique. Avec le financement public et les cotisations des militants, le parti fera toujours face à ses charges. C’est donc  lamentable qu’un ancien président de la République ne comprenne pas cela. Par ailleurs, il évoque « notre capacité à accélérer la transformation de notre système éducatif, le développement des compétences techniques et professionnelles, la santé et notre plateau technique, les infrastructures tels que : Energie propre, Numérique, assainissement, routes, chemin de fer, Ports et aéroports de norme internationale, l’autonomisation, l’emploi et l’entreprenariat de notre jeunesse ».  Il faut à ce point se réjouir que de la touche, l’ancien président ait enfin compris ses erreurs, fait peut-être à contrecœur acte de contrition. Quel est le  bilan de Yayi ? Il est globalement négatif. Or, c’est précisément à ces chantiers que s’attaquent courageusement le président Talon et son gouvernement. Car qui ne voit pas aujourd’hui que le pays est en chantier ?  Dans le domaine de l’Energie, là où il a lamentablement échoué, le président Talon réalise une prouesse. Il y a  des réformes d’envergure qui sont en cours dans le secteur de la Santé et  du Numérique. Le savoir et ne pas en faire mention, c’est abject même si son est sur le terrain politicien, surtout de la part de quelqu’un qui a géré le pays pendant 10 ans. Plus grave, avoir passé 10 ans à la tête du pays avec les résultats que l’on connaît et vouloir qu’en deux ans et demi à peine son successeur ait réglé tous les problèmes relève de la sorcellerie, de la mesquinerie politique.

 L’exclusion ?

 Les populistes et apprentis dictateurs d’hier veulent donner des leçons de démocratie. L’ancien président parle « d’exclusion sur la base de l’ethnie, du sexe, de l’âge ; de tribus, de régions et de la position sociale etc. » comme s’il n’observe pas la composition du Gouvernement, la promotion aux postes de responsabilités qui tiennent compte de toutes les composantes de la société, avec notamment une prime à la jeunesse. Encore une fois, on est dans la tentative de manipulation politicienne. De la part de celui qui a prôné la « démocratie nescafé  », la « dictature du développement », de celui qui voulait « amener les siens pour se battre avec les autres », de celui qui voulait « bondir » sur ses adversaires. Cela est bien curieux. On a du mal à le croire quand il exhorte à ne pas voir des « mains invisibles » derrière certaines agitations. Comment peut-il se faire aussi affirmatif ? Pour avoir occupé les fonctions qui furent les siennes, il sait que le pouvoir a la capacité de savoir s’il veut savoir. Encore que jusqu’ici, aucun acteur du pouvoir n’a mis à l’index quiconque relativement aux agitations. Venir donc exhorter publiquement à ne pas le faire ressemble fort à l’histoire du morveux qui se mouche.

 Indice du développement humain

 L’ex-président s’est aussi autorisé, outrecuidance extrême, à se demander «où se trouve aujourd’hui notre pays avec l’IDH ? ». En réponse, preuve de sa mauvaise foi, il trouve que « Notre positionnement n’est pas encourageant ni dans la sous-région, ni dans le continent, ni dans le monde. »  S’il   ne joue  pas à l’autruche, Yayi Boni devrait se souvenir qu’en 2016, le Bénin occupait la 167ème place. Et,  il noterait que selon le rapport publié en septembre dernier, le Bénin est passé à la 163ème place sur 189 pays classés par le PNUD selon l’indice de développement humain (IDH). Il devance ainsi certains pays de la sous-région comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina-Faso, le Mali, le Niger. Le Bénin quitte donc sa place de 167ème à l’échelle mondiale obtenue en 2016, pour la 163ème place. Au plan africain, notre pays passe de la 35ème place à la 30ème, preuve que les efforts portent progressivement leurs fruits et que le Gouvernement est sur la bonne voie. Selon toute logique,  cette lettre est truffée de mensonges. On peut même se demander pourquoi, tout ancien président qu’il est, connaissant les contraintes liées à la fonction, il n’a pas l’honnêteté de reconnaître et de saluer les efforts de son successeur qui le grandirait plutôt que de dénoncer systématiquement ce qui se fait pour corriger les tares héritées de sa gouvernance. A moins, qu’il fasse semblant de ne pas voir les succès engrangés par le président Talon. Car, Patrice ne peut pas réparer en dix ans, ce que ses partisans et lui ont saccagé. Il n’y a pas de baguette magique en politique. Il est bien placé pour le savoir.

 Jean-Paul Mahugnon

 Dispositions et avancées du nouveau Code électoral

 Les cautionnements pour les elections et le seuil en vue de l’attribution de sièges à l’Assemblée nationale ne peuvent pas être appréciés de manière isolée. Ils résultent d’un ensemble qui doit être apprécié dans une approche systémique cohérente. Les dispositions du code électoral doivent nécessairement être regardées en lien avec celle de la charte des partis politiques et le financement public des partis politiques. Le multipartisme intégral prévu par la constitution n’est pas remis en cause. Article 11 alinéa 1er du Code électoral : Tout citoyen, jouissant de ses droits civils et politiques, est libre d’être membre fondateur ou d’adhérer au parti politique de son choix. Il est tout aussi libre d’en démissionner. Il n’est institué aucune limitation à la création des partis, ni aucune mesure d’interdiction des partis politiques, sous réserve de la simple exigence de présence nationale par les membres fondateurs (qui bien souvent, n’est que fictive).

Cela étant, conformément à l’esprit de la Constitution qui institue une démocratie représentative (art. 4 de la Constitution : « Le peuple exerce sa souveraineté par ses représentants élus… » ; Art. 2 al. 2 sur le principe de la République : « Le Gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple »), il y a une volonté politique d’inciter au regroupement, et faire en sorte que les élus représentent le plus possible l’ensemble du peuple et la Nation. Parmi les mécanismes qui permettent de privilégier le regroupement, d’assurer une meilleure représentativité des partis politiques, et leur permettre de mieux assurer leur rôle d’animation de la vie politique, figure le financement.

Privilégier le regroupement conduit à réduire le rôle de l’argent en politique et assurer, par les mécanismes démocratiques, l’émergence des citoyens au sein des partis en dehors des critères financiers. Cela permet d’assurer que les deniers publics mis à la disposition des partis politiques sont gérés convenablement et ne profitent pas à une minorité qui crée les partis pour bénéficier de ce financement public. L’opposition peut tout autant, en se regroupant au sein des partis, bénéficier du financement public. Exemple,  la France où malgré le multipartisme intégral, des règles sont fixées pour la participation aux élections.

 JPM