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YAYIL’ancien Chef de l’Etat Yayi Boni a enfin jeté le masque. Sa fameuse lettre à la République n’est que la version pacifique de la bourde de l’autre jeune à Nikki. Ce courrier exprime clairement son thème de campagne : la jeunesse. Mais à lire attentivement ladite lettre, on s’aperçoit qu’elle est truffée d’incohérences. Pour un ancien chef d’Etat, c’est du dilatoire à l’endroit de la jeunesse.

Il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil. Yayi Boni a tenté à l’entame de sa lettre de noyer le caractère politique des rebellions voilées des pseudos jeunes sous l’argutie d’initiative. D’entrée, Yayi Boni a posé les balises en exposant qu’en réalité, les plaintes des jeunes sous la rupture n’est pas le fait d’une possible instigation politique. On a de la peine à le croire en dépit de toute la bonne volonté. « Continuer de croire à une main invisible de certains politiques nous éloigne de l’épicentre de notre marche commune vers la transformation radicale, politique et socio-économique de notre patrie commune, le Bénin ». La phrase est d’intérêt. Elle explique clairement qu’en réalité, ces mouvements sporadiques de jeunes sous le fameux vocable « d’initiative » n’est pas le fait d’acteurs politiques de l’opposition, mais le fruit d’initiatives spontanées de jeunes apparemment excédés. La justification peut aisément se comprendre si dans le fond il n’existait aucun lien direct entre ces jeunes ou leur meneur et l’un ou l’autre des acteurs politiques en question. A moins qu’on soit totalement naïf, (Et Dieu sait qu’il arrive rarement au Béninois de l’être) et qu’on ne soit pas du tout au Bénin. On peut réaliser que cette mise en scène a un cerveau que tout le monde connaît et qui se dévoile comme dans un jeu de face cachée. Le jeu est d’ailleurs intéressant avec cette lettre qui expose clairement le plan d’attaque de l’opposition. Sans doute, les acteurs de l’opposition sous la conduite de leur maître  à penser, entendent utiliser l’argument de la jeunesse, pour réussir le pari des prochaines élections. L’exercice est très bien pensé car comme on le sait, la jeunesse sous tous les cieux, est confrontée à ses problèmes historiques que sont le chômage, le sous-emploi, l’accès au pouvoir de décision etc. Il est donc une évidence que tout discours qui tente de démontrer que la jeunesse est exclue est vite « acheté ». Sous tous les cieux, ce détour politique a toujours été concluant. On n’apprendra pas à Yayi qu’en 2011, l’un des arguments phares de l’opposition était justement la jeunesse et le taux de chômage qui était assez criard sous sa gouvernance. Le discours politique mâtiné d’affection pour une jeunesse (qu’on a martyrisée pendant tout son régime) est connu de tous. On demandera simplement à Yayi Boni de cesser de monter la jeunesse mais d’œuvrer à mettre en place des projets innovants avec les réserves qui lui restent (si tant est qu’il pense qu’elle est malheureuse) pour la sortir de cette difficulté qu’il décrit. Et ce n’est qu’un leurre. Car en dix ans d’exercice du pouvoir, il n’a pas pu solutionner le problème de chômage.

 La vraie fourberie

 En parcourant le discours de l’ancien Chef de l’Etat, on éprouve plusieurs difficultés. Le problème majeur qu’inspire son écrit,  c’est la difficulté réelle qu’on a, à cerner le sens qu’il donne au mot jeunesse. De quelle jeunesse parle Yayi Boni ? Si on doit rester fidèle à sa logique, on répondra sans hésiter qu’il parle de la majorité des jeunes sans emploi ou au chômage. Pris sous cet angle, son analyse est faussée puisque les jeunes au chômage ou sous employés ne représentent pas la jeunesse, mais une catégorie de la jeunesse. Même s’il faudra l’admettre, il est foncièrement dans l’erreur puisque le chômage ou le sous-emploi ne sont pas des maux spécifiques au Bénin. Il n’y a personne mieux placé que lui (économiste et ancien Chef d’Etat) pour l’attester. Pendant qu’il était aux affaires, il l’a toujours clamé et il est fondamentalement malséant qu’il utilise cet argument pour tenter de démontrer que la jeunesse est martyrisée. Yayi est dans un discours politique qui manque de sincérité. Mieux, trois phrases de l’ancien Chef de l’Etat mettent à nu le caractère assez partisan de son analyse. En effet, Yayi Boni déclare : « Ce que chacun vit et pense bas est relayé par la jeunesse de notre pays représentative. Traquer cette jeunesse et la destiner à des emprisonnements arbitraires, parce qu’elle dit haut ce que chaque citoyen vit et pense bas relève d’une politique de l’autruche à éviter. Evitons de pousser le bouchon vers une radicalisation dans la violence qui mettra à mal notre République. » Il semble que ces propos exposent davantage ce que l’ancien Chef d’Etat entend par jeunesse. Pour Yayi Boni, la jeunesse, en tout cas, celle qui emporte son admiration (et qui d’ailleurs n’est pas la jeunesse représentative au sens objectif du terme), c’est cette jeunesse opposante qui peut à Nikki dire tout haut ce que chaque citoyen (selon lui) vit et pense bas. Pour  Yayi Boni la jeunesse qui emporte son admiration est cette jeunesse opposante qui peut appeler à la rébellion  et qui selon lui ne doit pas être interpellée par la justice puisqu’il dit qu’elle est traquée et emprisonnée de façon arbitraire. Pourtant, c’est lui Yayi Boni qui a par les soins et de son ministre de la justice intenté un procès contre un avocat pour offense au Chef de l’Etat alors même que ce dernier ne l’avait pas injurié et n’avait pas appelé à la rébellion.  Yayi Boni n’a pas à cœur la jeunesse. Il est en campagne.

 Tout sauf ça Monsieur le président !

 On peut toujours comprendre que mars 2019 n’est pas loin et que l’ancien Chef de l’Etat présumé candidat aux élections législatives se donne quelques libertés politiques. Il est de son droit le plus absolu mais il ne saurait pour rien au monde réveiller les vieux démons. Le discours régionaliste est à bannir à tout prix. Pour rien au monde, on ne saurait lui permettre ces excès. En effet, dans sa fameuse lettre, l’ancien Chef de l’Etat a déclaré : ‘’ Les Pères Fondateurs de ce pays en quête d’une démocratie enrichissante lesquels sont délégataires de Dieu, notre Père Céleste, le plus démocrate ne nous pardonneront pas ce virage dangereux que nous amorçons aujourd’hui parce que fait d’exclusions sur la base de l’ethnie, du sexe, de l’âge, de tribus, de régions et de la position sociale etc. ». Ce discours à bannir à tout prix, s’apparente à la bourde du jeune Sabi Korogoné et conforte la thèse de certains qui estiment qu’il est l’arme discrète de ce complot contre la jeunesse.

 AT