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djenontinIl a fallu la  circulation de deux pièces sur les réseaux sociaux pour que des militants Fcbe, ou ce qu’il en reste, s’enflamment. Ils ont poussé loin le bouchon, et franchi le rubicond en conférence de presse, lundi 23 juillet 2018. A leur avis, Valentin Djènontin, ancien ministre, n’est pas coupable dans le gros scandale qui a fait perdre 125 milliards de francs Cfa à la filière coton.

Valentin Djènontin n’est pas tiré d’affaire, bien au contraire. Malgré ce qu’en disent ses « fans » sur les réseaux sociaux, même si la commission n’a pas eu de preuves suffisantes, les faits sont là, têtus. Ils  pèsent sur la conscience de nos dirigeants d’hier. Qu’a-t-on fait des révélations  du Cabinet Mazars. On se rappelle que  lors du Conseil des ministres du 28 juin 2017, un audit de la filière coton lors des campagnes 2013-2014, 2014-2015 et 2015-2016 a été présenté. Selon l’audit, une ardoise estimée à 125 milliards de FCfa avait été laissée. Au cours de la séance,  un audit organisationnel technique et financier de la filière coton au Bénin, additionné d’un audit de gestion de la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra) avait été présenté. Il  avait été réalisé par le Cabinet  Mazars. Ce dernier a relevé « de graves irrégularités » dans la gestion de la filière, avec notamment une absence de gestion transparente et rigoureuse due à un  «  défaut de professionnalisme ou une négligence délibérée de supervision des opérations ». Selon le rapport d’audit, c’est précisément cette gestion hasardeuse qui aurait provoqué une perte cumulée de 125 milliards de FCfa au secteur. Étant donné que la gestion de la filière a été assurée exclusivement par l’État, les montants des déficits correspondent, en conséquence, aux subventions accordées par l’État à la filière sur la période », détaille le compte rendu du conseil. Les responsabilités et complicités de ces actes de mauvaise gouvernance sont à rechercher au niveau, d’une part, des membres des commissions mises en place par le gouvernement précédent pour la gestion de la filière coton, et d’autres part, de la direction générale des sociétés Sonapra, Ons, Caia », ajoute le rapport d’audit qui cite notamment Komi Koutché, ancien ministre de l’Économie, des finances et des programmes de dénationalisation.

 «Je ne me reproche absolument rien »

 Beaucoup d’observateurs reconnaissent d’ailleurs que, l’avis de la Commission n’engage aucunement la plénière. Il revient dont à la  conférence des présidents de demander la programmation d’une plénière sur le dossier. Selon le Règlement de l’Assemblée nationale, le rapport sera exposé à la plénière qui va finalement voter. Les soupçons qui pèsent  sur lui restent donc entiers. Valentin Djènontin n’est donc pas encore blanchi comme le  prétendent certains. Est-ce que  les députés de la Commission spéciale ont eu accès au rapport du cabinet Mazars, lequel accable l’ancien ministre ? Quant à Valentin Djènontin,  il a présidé  la commission chargée de l’acquisition des intrants au profit du Ministère de l’agriculture. Le rapport dénonce de graves irrégularités dans l’acquisition et la gestion des intrants. La perte totale pour l’Etat est estimée à 125 milliards de francs Cfa. Le député s’était précipité pour faire un message sur les réseaux sociaux.   «Je ne me reproche rien», avait-il écrit, pointant habilement l’ancien président Yayi Boni d’un doigt accusateur. En juin 2017, le  Conseil des ministres avait  cité deux députés, dans la liste des personnalités épinglées par les audits du cabinet Mazars, liés à la gestion des trois campagnes cotonnières de la période transitoire. Il est notamment reproché à Idrissou Bako, alors Directeur général de la Sonapra, d’avoir conduit en tant que principal responsable de la structure technique qui a accompagné l’Etat, les campagnes sans procédures et sans outils techniques.

Jean-Paul Mahugnon

L’activisme béat des Fcbe

 Le rapport de la commission spéciale d’enquête parlementaire qui devrait connaître de la levée de l’immunité du député Valentin Agossou Djènontin lui serait favorable. Il n’en fallait pas plus pour que les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) se lancent dans un activisme béat.

Les Forces cauris pour un Bénin émergeant (Fcbe) jubilent suite à la décision de la commission spéciale d’enquête parlementaire qui devrait connaître de la levée de l’immunité du député Valentin Agossou Djènontin. Selon le rapport de la commission d’enquête, il n’existe pas d’éléments probants pouvant motiver la levée de l’immunité parlementaire du député. Suite à cela, les Fcbe ont organisé une conférence de presse hier, lundi 23 juillet 2018 et se sont lancées dans un activisme tendant à conclure son innocence. Il s’agit tout simplement d’une manœuvre qui consiste à s’attirer la sympathie des populations. En effet, ce n’est pas la représentation nationale qui poursuit le parlementaire, mais plutôt la justice. Certainement que cette dernière dispose d’éléments probants lui permettant de poursuivre Valentin Agossou Djènontin. Le rôle que doit jouer les députés dans le cas d’espèce, c’est de permettre au mis en cause d’aller s’expliquer devant la justice afin de laver son honneur. Pour l’instant, il demeure un présumé coupable et seule la justice pourra décider de son sort. A titre illustratif, feu Kamarou Fassassi avait fait l’objet d’une autorisation de poursuites, mais la justice l’a blanchi. Cela devrait être un exemple pour le député Valentin Agossou Djènontin qui doit se mettre librement à la disposition de la justice pour laver son honneur s’il n’est pas coupable. Les nombreuses conférences de presse des Fcbe ne fera pas disparaître les charges qui pèsent sur lui. Seule la justice pourra le blanchir.

AT