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HARMATTAN
Les affres de l’Harmattan sur la peau

    La partie septentrionale du Bénin, et particulièrement les départements du Borgou et de l’Alibori, est depuis, quelques jours, sous le régime cyclique de l’harmattan. Le phénomène saisonnier s’est installé depuis la fin du mois de novembre 2015. Il est désormais très difficile pour les populations exposées à de sérieux problèmes de santé de vaquer à leurs occupations. Conséquence, tout est au ralenti.
La période la plus embêtante pour les populations du Nord-Bénin est de retour. Il s’agit de l’harmattan. Ce vent sec qui souffle en hiver, du Sahara vers l’Afrique du nord est, selon les spécialistes en santé publique, surtout dangereux, pour les enfants et les personnes âgées. Accompagné de poussière, ce vent très froid et sec s’abat sur les pays situés dans la zone soudano-sahélienne. Dans la ville de Parakou, comme partout ailleurs dans les communes des départements du Borgou et de l’Alibori, le brouillard impose sa loi dans la matinée. La visibilité est faible à cause de la brume. De la nuit profonde jusqu’à 8H30 voire parfois jusqu’à 10 heures, l’humidité sévit de sorte qu’il est difficile de faire la toilette. Les citoyens sont contraints de se lever tôt pour vaquer à leurs occupations. Pour ce faire, ils ont dû changer d’habitudes vestimentaires. Plus de tenue légère ! La quasi-totalité des citoyens s’habillent en tenue épaisse. Les pieds sont protégés par des chaussures dites « fermées ». Beaucoup de conducteurs de taxi-motos utilisent des gangs pour renforcer la protection contre le froid.

  Les répercussions sanitaires.

Selon le Docteur Jodi Hada, médecin en Santé Publique, les répercussions de cette période sont non négligeables. Les maladies engendrées par l’harmattan sont très nombreuses. Elles peuvent se compliquer si des dispositions idoines ne sont pas prises, informe le médecin. Il cite les maladies liées aux pathologies pulmonaires telles que la rhinite,  la grippe, la pneumonie, la méningite, la bronchite et l’asthme.  Selon le Jodi Hada, le cas des asthmatiques est plus préoccupant au regard du danger que représente pour eux la poussière et le froid. Des spécialistes de la santé expliquent que  la période est aussi très favorable à de nombreuses maladies liées à la peau. « En cette période, la peau se sèche plus rapidement et devient blanche », note une revendeuse du marché ‘’Arzèkè’’ de la ville de Parakou. Les lèvres et les pieds sont fendillés, les narines prennent un coup avec des quintes de toux. Par ailleurs, selon certaines personnes, il devient très difficile de faire face à certains besoins hygiéniques fondamentaux comme se laver trois fois par jour. Du côté des administrations, la période d’harmattan vient rallonger les délais de retard qu’on constate généralement. « Pour certains agents, cela vaut la peine. Pour être à l’abri des effets indésirables de l’harmattan, plusieurs conditions hygiéniques doivent être observées », selon le médecin. La végétation s’assèche et laisse place aux feux de brousse qui dévastent tout sur son passage et sèment souvent la désolation chez les paysans et producteurs. Ce dernier recommande l’usage des pommades hydratantes et invite à la prévention au niveau des hôpitaux. Pour le spécialiste en santé publique, les avantages qu’offre l’harmattan ne sont pas nombreux. Mais à cause de l’assèchement des eaux,  il y a moins de  moustiques.

    Clément Dognon