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Les dix ans que le peuple lui a offerts sont bientôt finis ! Yayi voit le temps passer sans pouvoir l’arrêter… Il reste impuissant face à l’œuvre de Dieu. Lui le grand croyant de la République aurait bien voulu que Dieu arrête le temps pour lui permettre de rester encore Président sur une période qu’il aura lui-même défini. Mais Dieu nous aime trop pour arrêter le temps afin de faire plaisir à un homme en perpétuelle quête de gloire ! Le roi est ainsi fragilisé par Dieu !!! L’être suprême qu’il implore chaque fois est trop juste pour lui faire ces largesses. Et la voix tremblante d’émotion, il rappelle lors du discours du 1er août qu’il va bientôt boucler les dix ans que le peuple lui a offerts. Dans cet extrait de son discours, il est resté très affecté, la fin étant proche : « En ce moment où nous nous apprêtons à revivre le souvenir exaltant d’une phase importante de notre vie nationale, je voudrais rendre grâce à Dieu Tout-Puissant et remercier le Peuple souverain du Bénin qui m’a donné l’occasion de présider pendant une décennie les destinées de notre nation Commune. En effet, nous avons des raisons de rendre grâce à l’Eternel car, il ne cesse de nous gratifier de la paix sans laquelle aucun développement n’est envisageable. Dans ce monde en proie à toutes sortes de violences et de catastrophes naturelles, la paix est un bien précieux. C’est cette paix et la stabilité dont jouit notre pays qui nous permettent de célébrer, dans la sérénité et la dignité, le 55ème anniversaire de l’indépendance de notre pays. Chers compatriotes, le 1er août est l’occasion de se remémorer l’œuvre des Père-fondateurs dont nous saluons la mémoire avec le plus profond respect. En ces instants de communion et de fierté nationale, j’ai une pensée affectueuse à l’endroit de nos frères et sœurs dont la santé s’est altérée et de nos compatriotes qui sont confrontés à certaines difficultés. Je les rassure de la solidarité de la Nation et les encourage à ne pas perdre espoir. J’exprime mes sentiments fraternels à nos compatriotes, dignes fils du Bénin vivant à l’Etranger. J’apprécie leurs contributions aux efforts de développement de notre Nation et à son rayonnement dans le monde. Je voudrais également rendre un hommage vibrant aux femmes et aux hommes qui ne sont plus parmi nous aujourd’hui, mais qui de par leurs œuvres ont laissé des souvenirs impérissables à notre pays (…) ». Son intervention à la télévision nationale laisse donc transparaître des regrets. Son visage marqué par dix années de scandales financiers, d’acharnement contre les principaux opérateurs économiques et de balbutiement est aussi remarquable. En livrant son dernier discours du 1er août, Yayi amorce la marche inexorable vers la sortie. Il ne lui reste que sept mois pour recoller les morceaux et marquer positivement les Béninois.

En vérité, le roi en a marre de se faire rejeter par les populations qui ne supportent pas ses méthodes, mais… il ne refusera pas une prolongation. C’est cette prolongation qui n’est jamais venue qui lui fait mal au point où quand quelques opposants annoncent sa fin, il rappelle qu’il est toujours présent ! Le roi est avide du Pouvoir et ne veut pas s’imaginer hors du Palais de la Marina. Le fait de lui rappeler qu’il devra quitter la Présidence en avril 2016 le choque extrêmement. Mais il ne peut faire autrement. Si Nicéphore Soglo et Mathieu Kérékou ont dû lâcher le Pouvoir, ce n’est pas lui, le cadre mis sur orbite par les deux anciens Présidents, qui va tordre le cou à la loi fondamentale. Il quittera le Pouvoir sans aucune opposition et ira digérer son mal-être, la bible en main, à travers les temples d’évangélisation comme il l’a promis aux Béninois.

Après avoir été empêché de réviser la loi fondamentale pour s’éterniser au Pouvoir, le roi autoproclamé par les Fcbe a vu son rêve s’estomper… Il sent que tout lui échappe. Mais, au lieu de penser à fin et à la possibilité de transmettre le Pouvoir à un autre Président de la République, il ferait mieux de redevenir lui-même. Le Pouvoir public est précaire alors que le Pouvoir divin est éternel ! Le Bénin n’appartient pas à Yayi ! Et il n’est le seul Béninois intelligent capable de diriger ce pays ! Après lui, il y aura un autre Président qui fera peut-être mieux que lui. Il ne sert à rien de faire croire qu’il est le messie. Qu’il préfère la mort à la honte ou pas, Yayi sera du passé dès le 6 avril 2016. Ah oui, la fin est vraiment proche… Il y a de quoi avoir des regrets. La Marina, le prestige présidentiel, l’hélicoptère, la télévision nationale, les pérégrinations à travers le pays… vont bientôt manquer à notre Yayi. Le chef a réellement besoin de notre soutien…

 Epiphane Axel Bognanho