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trafic-animauxIls sont libres de leurs mouvements. Eux, ce sont les 2 présumés trafiquants de trophées et peaux d’animaux sauvages protégés par la loi arrêtés le mardi 28 juillet 2015 à Pobè. Leur libération fait suite à une transaction proposée par les agents des eaux et forêts de Kétou. Une mise en liberté qui suscite des interrogations sur la protection de la faune sauvage par les agents des eaux et forêts.      

Qu’il vous souvienne que le mardi 28 juillet 2015, 2 trafiquants de plus de 200 trophées et peaux d’animaux sauvages protégés par la loi portant régime de la faune au Bénin ont été arrêtés par les éléments du commissariat de Pobè en collaboration avec les agents des eaux et forêts de la section de Kétou. Selon les dispositions de la loi 2002-16 du 18 octobre 2004, ces prévenus encourent une peine d’emprisonnement allant de 3 mois à 5 ans / une amende allant de 300 000 FCfa à 800 000 FCfa. Toutefois, d’après l’article 149 de la même loi, les poursuites relatives aux infractions à la présente loi et à ses textes d’application peuvent être arrêtées moyennant l’acceptation et le règlement par le délinquant d’une transaction dument proposée par le responsable de l’administration chargée de la faune ou de l’un de ses représentants délégués. Mais, pour éviter toutes formes de corruption et pour une meilleure conservation de la faune sauvage au Bénin, la répression s’avère nécessaire, ce qui suppose la traduction des prévenus devant le juge pour une sanction dissuasive. Malheureusement, les forestiers qui sont censés protéger les espèces préfèrent faire usage de l’article 149 en proposant le règlement à l’amiable (transaction). Cette disposition étant une limite aux prérogatives du procureur de la République, ce dernier a été obligé de relâcher ces deux criminels après le règlement du montant proposé par l’administration forestière. La transaction, sanction peu dissuasive, encourage le massacre des espèces sauvages, entrainant, du coup, la prolifération du commerce illicite et, par ricochet, la criminalité faunique qui menace non seulement la biodiversité, mais également la paix, la sécurité, l’intégrité des Etats et l’Etat de droit. Face à cette forme de criminalité qui menace dangereusement la sous-région, des actions sont initiées par les Etats africains, au nombre d’elles la dernière rencontre panafricaine sur le braconnage de la faune sauvage et le commerce illicite des espèces protégées par la loi. Cette rencontre internationale qui s’est tenue à Brazzaville au Congo en mai 2015, a incité les pays africains à faire bloc derrière l’Union africaine pour bouter la criminalité faunique hors du continent. Pour ce faire les participants, y compris le Bénin, ont décidé de punir les criminels fauniques au même titre que les trafiquants de drogue. Malgré cette décision collective des Etats africains, les forestiers béninois continuent de transiger avec ces criminels fauniques mettant en danger la suivie et la pérennisation des espèces en voie d’extinction. Cette pratique discrédite le Bénin et conduit à une extinction programmée de la faune béninoise.

 SA