Spread the love
Liberté-de-presse-1Alors que Reporters sans frontière a publié, il y a quelques jours, le classement mondial de la liberté de presse édition 2017, le Bénin, malgré son 78ème rang, se compte parmi les bons élèves en matière de liberté d’expression.
La liberté de presse se porte mieux au Bénin, pourrait on dire. Et pour cause ! Contrairement à certains pays démocratiques où la liberté de presse est mise à rude épreuve, au Bénin, malgré les quelques déviances observées au niveau de certains organes de presse et qui ont d’ailleurs poussé la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) a donné de la voix, aucun acte visant à bâillonner la presse n’a été enregistré depuis l’avènement du régime du Nouveau départ. «La possibilité qui est donnée au président de la Haac de prendre des mesures conservatoires peut amener parfois à penser à la réduction de la liberté de presse au Bénin», a confié le président de l’Observatoire de la déontologie, de l’éthique et des médias (Odem), Guy Constant Ehoumi. Selon lui, la liberté de presse au Bénin est garantie par la Constitution du 11 décembre 1991 et le Code de l’information et de la communication. L’environnement économique et la non-application des conventions collectives, a-t-il poursuivi, empêchent les professionnels des médias de travailler en toute indépendance et en toute intégrité.  L’une des difficultés majeures auxquelles les journalistes sont confrontés au Bénin, selon Guy Constant Ehoumi, est le défaut de sécurité qui ne leur permet pas d’investiguer sur des faits de corruption.  S’il est vrai qu’aucun journaliste n’a été emprisonné dans l’exercice de sa profession, il faut tout de même constater que le Bénin stagne en matière de liberté de presse. Par rapport à son 78ème rang, le président de l’Odem estime tout de même qu’il est important que tout le monde réfléchisse à ce que le Bénin se mette dans la dynamique des sociétés ouvertes où c’est la liberté qu’il faut mettre au premier plan.
 Le Bénin 78ème : un contraste avec la réalité
 La publication du classement 2017 de reporters sans frontière décrivant les médias fragilisés dans les pays démocratiques, du fait des conditions de travail des journalistes, a en effet logé le Bénin à la 78ème place. Un rang qui contraste avec la réalité dans la mesure où aucun journaliste n’a été inquiété dans l’exercice de sa profession depuis avril 2016, malgré les écarts qu’on relève dans le traitement de certaines informations. Ce mérite, on le doit aux dirigeants actuels qui font des efforts louables pour que les journalistes travaillent en toute sérénité. Il ne peut en être autrement dans la mesure où le candidat Patrice Talon, dans son projet de société, a pris le ferme engagement de dépénaliser les délits de presse.
 Les mauvais élèves
 Dans la publication de Reporters sans frontière, la Turquie et la Hongrie sont inscrits au rang de mauvais élèves. Elles perdent quatre places, pour chuter respectivement aux 155ème  et 71ème  rangs. Après le putsch manqué de juillet 2016, Recep Tayyip Erdogan a renforcé la répression contre les journalistes. Près de 180 médias locaux ont cessé leurs parutions et les arrestations de reporters, turcs ou étrangers, continuent.
Les inquiétudes portent aussi sur la Hongrie de Viktor Orban. Bien mieux classée que la Turquie, plusieurs quotidiens y ont néanmoins fermé, en particulier ceux ayant une ligne pro-Ue. Des actes d’intimidations se multiplient à l’encontre des reporters.
 La surprise
 Après six ans en tête, la Finlande perd la première place. Alors qu’elle occupait depuis 2009 le haut du classement, le pays a laissé sa première place à la Norvège. L’Ong justifie sa décision «pour cause de pressions politiques et de conflits d’intérêts». À l’origine de ces accusations, la publication par un hebdomadaire national de courriers électroniques envoyés par le premier ministre Juha Sipila à des journalistes de la télévision publique. Dans ces derniers, il aurait tenté de les dissuader de publier une série de documents concernant des investissements du gouvernement. La Norvège, qui à l’inverse de la Finlande, n’appartient pas à l’UE, récupère la première place. «Un coup dur pour le modèle européen», estime Rsf.
 Les plus grosses chutes
 La Pologne perd sept places, pour devenir 54ème. Le pouvoir conservateur de Jaroslaw Kaczynski a fait voter une loi fin 2016 restreignant la liberté de la presse présente au Parlement. En début d’année, le gouvernement avait également suscité l’indignation en faisant main basse sur les médias publics.
La Nouvelle-Zélande (13ème) perd quant à elle huit places, la Tanzanie (83ème), et son président autoritaire John Magufuli, chute de douze rangs. Le Nicaragua (92ème) enregistre la plus grande baisse avec -17 places, suite à la réélection contestée du président Daniel Ortega.
 Corée du Nord, lanterne rouge
 Remarquée pour avoir autorisé, de façon inédite des médias étrangers à entrer dans le pays, l’Érythrée devient, pour la première fois depuis 2007, avant-dernier. C’est au tour de la Corée du Nord d’être 180ème  et de clôturer le classement. À l’image de la Syrie (177ème), le Moyen-Orient et l’Afrique sont toujours les régions les plus dangereuses pour les journalistes, suivis de près par l’Asie centrale.
 Odi I. Aïtchédji (Coll)

Les réseaux sociaux : un couteau à double tranchant
La célébration de  Journée de liberté d’expression donne l’occasion de revenir sur l’état de la presse au Bénin et de l’analyser. Elle est actuellement l’une des plus connues sur le continent par sa diversité, et sa liberté de ton. Mais, avec l’avènement des réseaux sociaux, l’exercice du métier de journaliste devient un peu plus problématique. Avec l’intrusion, depuis quelques années, des réseaux sociaux, la pratique du journalisme s’avère périlleux. En effet, il est difficile aujourd’hui de faire du journalisme sans consulter les réseaux. Tout le monde sait d’ailleurs que ces sources ne sont pas toujours fiables. Mais, dès que la nouvelle tombe, ce sont les réseaux sociaux, surtout Whats’ap, qui en font l’état. Il est parfois tentant aux professionnels des médias de reprendre exactement les faits,  histoire de faire du sensationnel.  Mais, ces réseaux sociaux sont plus aujourd’hui auteurs ou des canaux de diffusion de rumeurs les plus folles ou infondées. C’est donc un couteau à double tranchant. Car, autant il est facile de consulter par exemple chaque matin, la Une des journaux, sur Facebook ou ailleurs, autant il est difficile d’accepter que la vie privée des uns et des autres en fasse les choux gras. Le dernier exemple qui a marqué les esprits et l’actualité socio-politique, c’est le cas du ministère des Sports, Oswald Homéky. Ce qui est en fait un contentieux d’ordre purement privé, est devenu une affaire d’Etat. C’était comme si les détracteurs du ministre ont trouvé l’occasion pour se venger. De la même façon, les réseaux sociaux sont spécialisés en fausses nouvelles (fakes news), où les commentaires biaisés prennent le pas sur les faits.
 
W.N