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unamabL’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), au lieu de s’insurger contre le départ du magistrat Mardochée Kilanyossi de son poste de Procureur général près la Cour d’appel de Cotonou et de menacer le gouvernement,ferait mieux de saisir la Cour constitutionnelle aux fins d’invalider  la démarche du gouvernement.
Après avoir analysé la décision du Conseil des ministres qui a déchargé le Procureur général près la Cour d’Appel de Cotonou, le magistrat Mardochée Kilanyossi, de ses fonctions, le bureau exécutif de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), par un communiqué de presse, a annoncé des actions fortes pour fustiger la mesure du gouvernement. Or, étant des professionnels du droit, la démarche des membres de ce syndicat devrait prendre la forme des voies de recours à eux offert par les normes en vigueur. Ainsi, au lieu de menacer le pouvoir, Michel Adjaka et les siensferaient mieux de saisir la Cour constitutionnelle et attendre sa décision. Si la haute juridiction tranche en leur faveur et que le gouvernement refusait de se conformer au verdict de la Cour, ils peuvent alors recourir aux moyens classiques de la lutte syndicale pour le contraindre à rapporter sa décision. Estimant que toute nomination de magistrats dans l’administration centrale de la justice ou dans les juridictions ne peut se faire sans l’avis du Conseil supérieur de la magistrature,l’Unamab est passée à coté de la plaque. Ceci, dans la mesure où l’article 8 de la loi organique sur le Conseil supérieur de la magistrature n’exige pas une formalité de demande d’avis du Csm. Mieux, le magistrat, dans ses interprétations, doit se fier aux textes. Il ne doit pas distinguer là où la loi ne l’a pas fait. Il ne doit pas alors parler de «surcharge» de travail, puisque ce n’est pas l’expression du gouvernement. Autant que le gouvernement, l’Unamab peut se tromper de bonne foi. C’est pour cela qu’il faut savoir raison garder.
 
Odi I. Aïtchédji