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joel-atayi-G.
Le Président du conseil d’administration, Joël Atayi Guèdègbè dénonce la diversion du gouvernement

L’audit du Ppea II exigé par les Pays-Bas, avant le 31 juillet de cette année, pour situer les responsabilités dans les malversations opérées par la partie béninoise sur le financement de la partie néerlandaise, nous livre à travers le communiqué du dernier conseil des ministres quelques éléments de précision. S’ils ont le mérite de confirmer les fortes présomptions de fraude au non-respect des règles de passation des marchés publics et de grossiers détournements intervenus au plus haut niveau et avec les complicités les plus étendues dans la mise en œuvre du Ppea II, ils posent fondamentalement la question de la responsabilité de l’Exécutif et de son chef, le Président de la République.

Au stade atteint par le scandale du Ppea II, le Gouvernement de notre pays ne saurait se targuer de ce que ce serait son souci de la transparence qui a permis de détecter lesdites malversations et de porter à la connaissance de l’opinion publique l’étendue des malversations qui donnent le frisson au regard du cynisme et de l’arrogance affichés en son sein par la plupart des ministres concernés.

C’est plutôt la partie néerlandaise qui a dû pratiquement hausser publiquement le ton pour obliger le Gouvernement béninois à mieux assumer ses engagements de bonne gouvernance en accédant à la nécessité d’un audit international commis par les deux États. Que cela s’apparente ou non à une injonction, cette attitude du Royaume des Pays-Bas restait finalement la seule possible au regard de la mauvaise volonté que nos autorités mettent à entretenir un dialogue politique de qualité avec des donateurs qui ont pourtant élu le Bénin au rang de la vingtaine de pays de concentration de leur précieuse aide au développement mise à la disposition de notre pays à partir des sacrifices et impôts consentis par les citoyens des pays nous soutenant dans nos objectifs de réduction de la pauvreté.

S’il convient de prendre acte des résultats saillants de l’audit international qui a mis le doigt sur la gabegie entretenue au plus haut niveau par tel ministre qu’on consent à peine à accuser d’avoir été informé en leur temps des malversations, on ne peut que s’indigner d’un système de gouvernance qui entretient l’opacité sur les résultats des divers contrôles administratifs pourtant réalisés par l’Igf (Inspection générale des finances) et la dissoute ou défunte Ige (Inspection Générale de l’Etat).

Aussi, Nouvelle Ethique déplore-t-elle que le Gouvernement de notre pays s’amuse dangereusement à ruser avec l’évidente vérité en distrayant l’opinion publique en dégageant d’emblée toute malversation financière à la charge de l’ex-Ministre de l’eau ou, pire encore, à travers les douteux commentaires à connotation ethniciste et népotiste que son Secrétaire général, assisté de l’Auditeur général, a crû devoir faire au sujet des deux opérateurs économiques indexés.

Pour Nouvelle Ethique, il est inacceptable, à tous points de vue, que le Gouvernement de notre pays continue par des manœuvres de diversion de ce genre ou par l’allusion à une prétendue mauvaise volonté du secteur judiciaire qu’il prive cyniquement de moyens de se jouer de la patience du Royaume des Pays-Bas pour compromettre le précieux soutien du peuple néerlandais comme des autres donateurs aux populations défavorisées du Bénin. Dans cet ordre d’idées,

– Ce qui est attendu du Président de la République, s’il veut sérieusement convaincre de sa bonne volonté, est de veiller à assurer l’indépendance de la justice et des divers corps de contrôle interne et externe par une allocation adéquate de ressources humaines, matérielles et financières en vue d’assurer l’efficacité des contrôles,des conseils de discipline et de la qualité de la dépense publique, notamment celle relative à l’aide au développement

– Ce qui est attendu du Gouvernement de notre pays en pareilles circonstances doit consister fondamentalement en un réel effort d’exemplarité et de non complaisance à la corruption dans les plus hautes sphères de l’Administration publique.

– Ce qui est aussi attendu de la famille politique du ministre principalement indexé par les résultats de l’audit international devrait consisterune désolidarisation sans équivoque s’il ne se mettait très spontanément en disponibilité de collaborer à la manifestation de la vérité devant les tribunaux.

 Pour le Conseil d’administration,

 Le président,

Joël Atayi-Guèdègbé