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DECLARATIONLe collectif des secrétaires généraux syndicats des Ministères se désolidarisent de la grève déclenchée par les centrales et confédérations syndicales au sujet du retrait du droit de grève à certaines catégories  de fonctionnaires. Ceci, à travers une déclaration lue par Constantin Changobiyi, porte-parole du collectif le lundi 15 janvier2018. Il estime que cette grève n’est pas le moyen approprié pour obtenir gain de cause. Lire la substance de la déclaration ci-dessous.

Déclaration

Vu la Convention n°87 de 1948 de l’Oit relative à la liberté syndicale et la protection du droit syndical ratifiée par le Bénin le 12 décembre 1960 ;

Vu la Constitution de la République du Bénin du 11 décembre 1990 en son article 31 ;

Vu la loi 2015-18 du 21 septembre 2017 portant statut général des Ape ;

Vu la loi 2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin ;

Vu  le décret n°2015-373 du 24 juin 2015 portant régime juridique d’emploi des Ace ;

Vu le décret n°2016-424 du 20 juillet 2016 portant Aof de nos différents Ministères ;

– Considérant que malgré l’existence du cadre réglementaire de concertation et de négociation entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales en République du Bénin, il existe des cadres réglementaires de concertation au niveau sectoriel pour la préservation du dialogue social dans tous les Ministères ;

– Considérant  l’existence des cadres réglementaires de concertation sectorielle de dialogue social dans tous les Ministères ;

– Considérant la signature de la Charte nationale du dialogue social en République du Bénin par les Centrales et confédérations syndicales ;

– Considérant que les problèmes spécifiques des ministères sectoriels ne sont pas à exploiter à des fins sordides au grand dam des vaillants travailleurs à la base ;

– Considérant qu’il existe une différence notoire entre les revendications politiques et celles professionnelles des travailleurs ;

– Considérant la reconnaissance des libertés publiques par la constitution et de leur organisation par des lois spécifiques ;

– Considérant que le constat aujourd’hui laisse planer une certaine confusion au sein de certain acteurs sociaux sur les libertés et le droit de grève ;

– Considérant  le vote récent par le Parlement de la loi portant statut de la magistrature, octroyant des substantiels avantages aux magistrats ainsi qu’à leurs familles respectives alors mêmes que plusieurs autres corps de l’administration publique ont encore des salaires minables en dessous de 40 000 FCfa et des primes dérisoires ;

– Considérant  le principe d’autonomie laissé à la discrétion de chaque organisation syndicale d’organiser ses moyens d’action et de revendication de ses mandants ;

– Considérant  que le Bénin a plus besoin pour ses fils et ses filles d’une paix sociale en lieux et places d’une fronde sociale éprouvant sa démocratie ;

– Considérant que le retrait du droit de grève aux personnels de l’administration douanière en 2011 n’a fait objet de l’organisation d’une fronde sociale nationale, comme il en est le cas aujourd’hui ;

– Considérant que la grève n’est pas le seul moyen de revendication en matière syndicale et que les autres moyens de revendication subsistent au profit des secteurs touchés par l’aménagement du droit de grève ;

– Considérant  les nombreux cas de décès affreux dans nos centres de santé publique en cas de déclenchement de grève sans service minimum dans ce secteur sensible et essentiel du pays ;

– Considérant  que les militants à la base consultés, ont insisté sur la résolution des problèmes spécifiques à leur secteur respectif :

Nous :

              Secrétaires Généraux de syndicats des Ministères réunis en collectif pour examiner minutieusement la situation sociale actuelle s’annonçant très tumultueuse dans les heures à venir et qui ne garantit guère la stabilité et la paix sociale tant souhaitée pour le peuple béninois,

          Déclarons publiquement notre attachement à la paix et à la stabilité sociale dans le pays et recommandons la reprise du dialogue social dans tous les secteurs,

           Fustigeons :

1-           la tentative d’exploitation des problèmes spécifiques des travailleurs des ministères sectoriels à des fins politiques inavouées ;

2-           la violation flagrante et permanente de la loi 2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin en ce qui concerne le respect des dispositions de l’article 13 sur l’organisation du service minimum afin d’éviter que nos populations ne s’exposent à la mort gratuite ;

      Invitons :

  1. Tous les acteurs sociaux à revoir le mode actuel d’actions qui risque d’ébranler la paix sociale, la stabilité et la cohésion nationale ;
  2. Le gouvernement et les acteurs sociaux à bien vouloir tenir compte des disparités salariales occasionnées par le vote de la loi portant statut de la magistrature ;
  3. Les bureaux déconcentrés de tous les syndicats de l’administration à se pencher sur les préoccupations sectorielles des militants pour éviter des défalcations voire des radiations fatales ;
  4. Le gouvernement à renouer avec le dialogue social avec toutes les centrales et confédérations syndicales au plan national ;

Enfin, le Collectif demande à tous les travailleurs de nos différents ministères à vaquer normalement à leurs obligations professionnelles dès demain mardi 16 janvier 2018.

En tout état de cause. Nous, secrétaires généraux nous tenons prêts et disponibles à échanger avec nos autorités sectorielles sur les véritables préoccupations des agents, gage de la préservation de la paix socioprofessionnelle dans l’intérêt supérieur de la Nation.

Vive la République du Bénin

Vive le dialogue social à la base

Nous vous remercions.

Fait à Cotonou, le 15 janvier 2018