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ataoLe député Atao Hinnouho sera définitivement fixé sur son sort le 6 novembre 2018. Les débats au sujet des différentes affaires instruites devant le Juge des flagrants délits a effectivement pris fin hier mardi 23 octobre 2018. Le Ministère public a maintenu sa réquisition de deux ans d’emprisonnement ferme pour l’infraction rébellion et voies de fait. Quant à celui relatif à la fraude douanière, il a requis 5 ans d’emprisonnement ferme et 22 milliards d’amende.  L’Etat béninois quant à lui a demandé 10 milliards de dommages et intérêts.

Le député Atao Hinnouho portera-t-il définitivement les charges de ces années d’emprisonnement requis par le Ministère public à son encontre? La journée du 6 novembre garde les grands secrets. Pour l’instant, le prévenu continue son séjour carcéral (la demande de mise en liberté étant rejetée) méditant sur son sort pendant que le Juge des flagrants délits, Rodolphe Azo,dans le secret de son délibéré, méditera sur les faits et le droit. Dans la journée d’hier, les avocats de l’homme ont à l’appui d’arguments nourris, défendu jusqu’aux tripes le caractère vide des différents dossiers instruits à la barre. Le premier dossier relatif aux voies de fait et rébellion à décision de justice a fait l’objet d’une attention toute particulière de ses conseils. Atao Hinnouho a-t-il effectivement agressé des forces de l’ordre le vendredi 27 avril 2018 ? Me Aboubacar Baparapé affirme sans hésiter qu’il s’agit d’une vaste blague. Il soutient que son client a été brutalisé par une demi-douzaine d’hommes en uniforme spécialement commis pour la circonstance.  Selon le conseil du député, la Justice ne saurait consacrer l’injustice en condamnant une personne qui a fait l’objet d’exaction de la part d’hommes non identifiables a priori comme des forces de l’ordre.  Me Alfred Bokovo qui affirme être témoin et même victime de l’agissement de ces hommes a conforté la thèse de son confrère. Il a laissé entendre que les éléments en question qui n’étaient pas en uniforme ont tenu en respect son client et lui, avant de trainer celui-ci même dans le bureau du Juge.  « J’ai honte d’être ici en train de plaider pour de prétendus faits de violence et de voie de faits sur forces de l’ordre. J’y étais avec mon client, ce vendredi à 15 heures. On était dans les escaliers quand une demi-douzaine de policiers s’est jetée sur lui et l’ont agressé. J’ai voulu intervenir, mais j’ai reçu également des coups », a-t-il laissé entendre. Il soutient qu’à la barre, les policiers en question n’ont apporté aucune preuve de leur prétendue agression. « Mieux, les policiers en question ont disparu à l’audience suivante. Même la hiérarchie policière a fui le débat »,a-t-il laissé entendre. Les deux avocats ont  plaidé la relaxe pure et simple pour infraction non constituée. Idem pour l’infraction de rébellion à décision de justice qui pour eux est déjà classée sans suite par le Procureur de la République. Un classement sans suite intervenue en janvier assortie du paiement de la somme de 470 mille francs représentant la réparation du bris du parebrise du véhicule des forces de l’ordre au cours de l’émeute suscité par la perquisition au domicile du sieur Atao. Les avocats de la défense ont souligné que nulle part dans le dossier le nom de l’avocat ne figure. Ils ont plaidé dans ce cas la relaxe pure et simple de leur client pour infraction non constituée. Au cours de sa réquisition, le Ministère public a laissé entendre que le classement sans suite ne concerne pas le sieur Atao et que le Juge est en droit de prendre en compte dans le cadre d’une procédure distincte. Il a maintenu ses réquisitions préalables de 2 ans d’emprisonnement. Quant à l’infraction de fraude douanière, il a requis 5 ans d’emprisonnement ferme et 22 milliards de Fcfa d’amende. L’Etat béninois, quant à lui, a demandé 10 milliards de Fcfa de dommages et intérêts.

 HA