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Mario Mètonou secrétaire administratif adjoint de l'Unamab
Mario Mètonou secrétaire administratif adjoint de l’Unamab

L’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) s’indigne contre la remise en cause de l’arrêté interministériel régissant l’organisation du concours des auditeurs de justice par le gouvernement. Une décision qui confère à nouveau l’organisation de ce concours au ministère de la fonction publique. C’est à travers un point de presse tenu dans l’après midi de ce lundi 31 août 2015 dans les locaux du palais de justice de Cotonou que Michel Adjaka et ses pairs ont manifesté leur mécontentement. Au cas où l’exécutif fera la sourde oreille, l’Unamab compte renouer avec les mouvements de cessation de travail dans les prochains jours. (Voici l’intégralité de leur communiqué de presse).

COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’UNAMAB

L’Union Nationale des magistrats du Bénin (UNAMAB) s’est réunie en assemblée générale extraordinaire ce jour 31 août 2015. Un seul point a été inscrit à l’ordre du jour: analyse et solutions au recrutement des 40 auditeurs de justice prévu pour les 28 et 29 novembre 2015.

A l’ouverture de la séance, le Président du bureau exécutif de l’UNAMAB a rappelé que le concours de la Magistrature était organisé jusqu’en 2000 par le Ministère en charge de la Fonction Publique. A partir 2002, à la demande des bailleurs de fonds, l’organisation de ce concours a été confiée au Ministère de la Justice avec l’assistance des cadres de la Fonction Publique.

En 2003, cette option a été consacrée par la loi portant statut de la magistrature en ses articles 27 et 28. En application de ce dernier article, l’arrêté interministériel n° 00259/MJLDH/MFPTRAIMESRS/DC/SG/DA du 04 mai 2004 a été pris. Cet arrêté a crée une commission composée de sept(07) membres dont deux (02) magistrats du Ministère de la Justice, un (01) magistrat de l’UNAMAS, deux (02) représentant du Ministère de l’Enseignement Supérieur et deux (02) représentant de la Fonction publique.

C’est cette commission qui définit le processus d’organisation dudit concours et le met en œuvre.

Après la prise de cet arrêté, diverses tentatives de récupération dudit concours ont été orchestrées et exécutées sans succès sous les anciens Garde des Sceaux.

Le 17 décembre 2013, à l’occasion de l’étude de la loi des finances exercice 2014, à l’Assemblée nationale, l’Honorable Djibril DEBOUROU a fustigé l’organisation transparente du concours. A sa suite, le 02 août 2015, l’honorable Arifari SAKO, ex- ministre des Affaires Etrangères, lors d’une émission à la télévision nationale affirmait que 98 % des magistrats viennent d’une même région.

Entre temps, à l’issue du premier conseil des Ministres organisé après le dernier remaniement ministériel, le Chef de l’Etat, contre toute attente, sans tenir compte de la cohésion, de l’unité nationales et en violation du principe de l’égalité des citoyens devant la loi, qu’il est pourtant censé garantir, a publiquement juré de remettre en cause l’arrêté interministériel régissant l’organisation du concours des auditeurs de justice.

C’est dans ce contexte, alors qu’elle a été suffisamment avisée par le bureau exécutif de l’UNAMAB que le Garde des Sceaux sur le fondement de la loi portant statut général des agents permanents de l’Etat s’est associé à ses homologues de la fonction publique et de l’enseignement supérieur pour signer un arrêté interministériel à l’effet de retourner l’organisation du concours des auditeurs de justice dans le giron du ministère de la fonction publique.

Après analyse de la situation, l’UNAMAB pour garantir la transparence du concours de recrutement des auditeurs de justice, donne au gouvernement jusqu’au lundi 7 septembre 2015 pour rapporter tous les actes clandestinement signés dans le cadre de l’organisation dudit concours. Passé ce délai, l’UNAMAB déclenchera une grève d’avertissement de soixante douze (72) heures à partir du mardi 08 septembre 2015.

Si après le jeudi 10 septembre 2015, le gouvernement continuait dans sa logique d’entêtement et de bras de fer, l’UNAMAB passera à une grève de cinq (05) jours par semaine, tacitement reconductible jusqu’à totale satisfaction.

L’UNAMAB prend l’opinion publique nationale et internationale à témoins et rend le gouvernement responsable des déconvenues qui découleraient de cette fâcheuse situation.

L’Assemblée générale.