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cotonLa commercialisation du coton pour la campagne 2014-2015 est véritablement dans l’impasse et sujette à plusieurs problèmes, dont la rareté de l’or blanc dans certaines usines. Pendant que le gouvernement s’apprête à faire égrener le coton béninois à l’extérieur, certaines usines béninoises souffrent du manque criard de cette matière première. C’est le cas, de l’usine de la Société cotonnière de N’Dali, désormais menacée de fermeture.

La gestion du coton béninois, sous le régime de Yayi Boni, est sérieusement perturbée par d’énormes crises qui affectent les producteurs et les égreneurs. Depuis le lancement de la campagne de commercialisation du coton en décembre 2014 à Kérou, les acteurs du coton ne cessent de crier leur ras-le bol. La désolation est totale dans le monde du coton. L’usine d’égrenage du coton installée dans la commune de N’Dali est en passe de fermer ses portes. La cause, selon Henri Agbozognigbé, le chef d’usine, est l’absence du coton. Les transporteurs ont refusé de fournir cette matière première à ladite usine. Pourtant, le coton est encore disponible au niveau des marchés autogérés. Selon nos informations, la situation que vit l’usine est due au mécontentement des transporteurs qui rejettent la grille tarifaire proposée par le gouvernement pour l’évacuation du coton graine des marchés autogérés vers cette usine d’égrenage. Selon les propos de Salifou Séko, responsable des transporteurs, les tarifs proposés sont insignifiants par rapport à la distance. Ce dernier explique que le chargement à la tonne coûte 25.000 de francs Cfa de la Commune de Ségbana à N’Dali (distante de près de 300 kilomètres). Le paradoxe, c’est que le chargement de la tonne de coton de Ségbana à Kandi, d’une distance de 105 kilomètres est à 31.000 francs Cfa. Le constat de la tarification ayant été fait, les transporteurs ont décidé de s’arrêter à l’usine de Kandi. « C’est plus profitable pour nous », a souligné le responsable des transporteurs. Du coup, l’Industrie Cotonnière Associates (Ica) qui a une capacité d’égrenage de 400 tonnes par jour n’a plus du coton dans ses enclos. Pendant ce temps, certaines usines sont débordées de camions chargées de coton. Mieux, a souligné un producteur, le coton est encore sur les marchés autogérés et attendent l’enlèvement. « La société cotonnière de N’Dali risque de stopper les machines et de fermer si rien n’est fait », a confié son superviseur, Nestor Noutaï. La fermeture de ladite usine qui appartiendrait à Patrice Talon mettra au chômage des centaines de Béninois. Selon les responsables de l’usine de N’Dali, cette situation est un coup bien monté. Cela frise une machination.

 Clément Dognon (Br Borgou-Alibori)