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Installation CrietElle embrasse un domaine qu’on pourra dire sans limite. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a devant elle une vaste étendue de ronces à déterrer. Les ramifications de ces infractions sont multiformes et leur répression assez complexe. « Courage ! » Est-on tenté de dire à l’équipe de la Criet.

Les infractions dont ils auront la charge de sanctionner les auteurs sont beaucoup plus complexes que les dérives habituelles comme les vols, les assassinats et autres. Les infraction économiques et le terrorisme sont la grande croix que porte le monde actuellement. Loin de l’idée de se faire peur, il est déjà important de comprendre les niveaux de ramification de ces deux infractions que sont appelés à sanctionner les juges de la Criet. Les infractions économiques, comme on peut le comprendre à première vue, embrassent tous les aspects touchant a la vie économique. Le délit de fabrication de faux billet par exemple, la fraude fiscale, le détournement de deniers publics entrent dans la catégorie générale des crimes économiques. Comme le dit si bien l’économiste Ibrahima Sall, les crimes économiques ne touchent pas à la défiance comme les agressions physiques, mais à la méfiance. Il s’agit donc en général de ce qu’on appelle en terme trivial de la délinquance financière et économique. Ce qui est utile de retenir déjà dans ces catégories d’infraction est qu’elles ne concernent pas seulement le grand cadre de l’administration. En matière de fraude fiscale ou douanière par exemple, le risque touche tout citoyen. Comme le dit si bien un juriste averti des questions fiscales, le risque est partout. «  C’est une infraction qui nous guette tous. Vous achetez votre véhicule et le transitaire fait mal le dédouanement. Si sur la voie, un douanier procède au contrôle et constate que ce que vous devez dédouaner à 7000,  vous l’avez fait à 6000. Vous êtes déjà en faute », a-t-il laissé entendre. A côté de ces formes classiques d’infraction, il y a une autre assez courante ces derniers temps. Il s’agit du délit d’initié. Il consiste le crime le plus traqué et consiste à rompre les conditions d’égalité de participation au marché. Ce délit seul, au regard même de la pratique financière, est assez complexe et porte des ramifications que les marchés financiers n’arrivent pas à cerner. C’est dire que déjà sur ces pans, la tâche ne sera pas assez facile pour la Criet.

 Le blanchiment de capitaux, l’autre grand chantier de la Criet

 Phénomène mondial et à multiple ramifications, le blanchiment de capitaux constitue ce mal silencieux qui décime la planète. Les niveaux de développement du crime sont divers et consacrent la richesse de sa complexité. En termes simples, c’est ce qu’on appelle la transformation du produit de la criminalité : ‘’le travail au  black’’. Le plus connu, c’est le  blanchiment moyen qui consiste à transformer où à placer l’argent du trafic de stupéfiants comme le cannabis. Dans les pays en voie de développement, cela se remarque généralement à travers l’érection d’immeubles luxueux au cœur de bidonvilles où la création d’entreprises fictives pour nettoyer le crime. A côté de cela il y a aussi les grands circuits internationaux dont certains fondent véritablement leur fortune sur ces pratiques. A côté du blanchiment, il y a aussi les trafics d’ossements humains assez développés dans la sous-région.Les ramifications de ce commerce s’étendent et prennent des formes multiples. Même si jusque-là le Bénin est à l’abri d’élans terroristes, il faut souligner que ces crimes s’entremêlent généralement avec des niveaux de complicité qui dépassent les limites des frontières. La grande question reste la poursuite de ces formes de criminalité. Comment la Criet pourra s’y prendre surtout qu’on sait la difficulté qu’il y a à établir le lien de causalité entre le crime commis et le produit transformé  du crime. Les prochains jours permettront d’en savoir davantage.

   AT