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Raoul GléssougbéL’émission sociopolitique cartes sur table de Océan fm a reçu ce dimanche 10 septembre 2017 Raoul Gléssougbé. Cet administrateur, gestionnaire et juriste a passé au peigne fin plusieurs sujets de l’actualité nationale et internationale. La mauvaise gestion au sein des sociétés d’Etat, l’un des sujets abordés par l’invité serait le mal qui gangrène le Bénin. Il faudra mettre fin à la dilapidation des deniers publics et pour y arriver, des sanctions doivent tomber selon Raoul Gléssougbé qui encourage le chef de l’Etat Patrice Talon à continuer ses actions contre les actes de prévarication.

 « Nous sentons une volonté manifeste du chef de l’Etat à en finir avec l’impunité mais il ne faudrait pas que cela s’émousse avec les soutiens intempestifs de ces derniers jours » a expliqué Raoul Gléssougbé. Selon l’invité, le mode de fonctionnement de certains directeurs de société publique consiste à soutenir chaque régime afin de protéger leurs arrières. Pour une bonne gestion des sociétés d’Etat, il propose le respect des textes  qui régissent ces structures étatiques, la dépolitisation des nominations desdites sociétés. L’imposition d’un contrat d’objectif avec un mécanisme d’évaluation des résultats dès la prise de fonctions des cadres et la suspension du directeur au cas où ce dernier n’aurait pas été à la hauteur de la tâche à lui confié. « Nous sommes dans un pays où nous voyons des gens qu’on ne connaissait pas mais qui après nomination tiennent des meetings à coût de millions, il faudrait que cela cesse » a ajouté Raoul Gléssougbé qui a notamment illustré ses propos par la gestion de la Sonacop ces dernières années. Tout en reconnaissant que le multipartisme intégral adopté par le Bénin lors de la conférence nationale des forces vives de la nation de 1990 n’a pas favorisé une meilleure animation de la vie politique, l’invité a montré que le non respect des textes de la République est à la base de la dégradation du système partisan. « Il y a trop de partis politique parce que la charte des partis politiques n’est pas respecté » signale t-il. Selon lui l’article 7 de la charte des partis politique stipule qu’un parti qui naît et qui ne participe pas à deux élections législatives se fait retirer son numéro d’enregistrement. L’alinéa 3 du même article précise que c’est le ministre de l’intérieur qui prend l’arrêté pour retirer le numéro d’enregistrement. Ce qui n’a jamais été le cas. « La charte aurait été appliqué que vous auriez peut être vu la moitié du nombre des partis retiré de la liste d’enregistrement » s’est-t-il désolé. En évoquant la question du financement des partis politiques, Raoul Gléssougbé précise que l’article 40 de la charte des partis politiques dispose que tout parti qui a un député au parlement a droit à un minimum de 5 millions par an. Ce qui n’est pas encore une réalité.  Il ajoute que cette charte doit être juste révisée pour permettre qu’en dehors des députés, les partis qui n’ont pas eu de représentant au parlement mais qui ont eu des maires bénéficient également de ce financement, de même que les partis qui au plan national qui n’ont pas de députés mais qui ont plus de voix que certains partis ayant eu des députés. « Si la charte est relue et que les textes sont respectés, de façon progressive on pourra diminuer le nombre des partis politiques » a conclu l’invité.

Marcus Koudjènoumè