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insecuriteL’Office de répression de la cybercriminalité a mis la main sur deux groupes d’escrocs qui ont fait assez de victimes à Cotonou. C’était la semaine dernière.

Depuis bientôt 8 mois, l’Office de répression de la cybercriminalité a reçu plusieurs plaintes des populations qui ont été escroquées par des individus sans foi ni loi. Très tôt, le commissaire Nicaise Dangnibo, directeur de l’Office a activé son réseau d’informations pour appréhender la pègre. Ils ont chacun un modus operandi très ingénieux. Le 1er groupe, est composé de jeunes hommes qui se font passer pour des hommes d’affaires venus de l’étranger et qui sont dans le commerce des pierres précieuses. Ils identifient leur cible et leur donnent rendez-vous dans de grands hôtels de la place. Ils s’arrangent pour être sur les lieux avant vous de sorte que vous croyez effectivement qu’ils y logent. Une fois dans le hall de l’hôtel, ils vous installent et vous offrent du café. D’après les explications du commissaire Nicaise Dangnibo, c’est à cet instant qu’un supposé Pdg, qui n’est rien d’autre qu’un membre du groupe d’escrocs commence à négocier avec vous afin de vous livrer les pierres précieuses. Une fois que vous êtes intéressé, il vous donne rendez-vous devant la mosquée centrale de Zongo. « Au lieu du rendez-vous, ce dernier vous transmet un coli soigneusement emballé et démarre en trombe après avoir pris le soin de récupérer l’argent prévu pour la transaction. Ils sont tellement pressés que vous n’avez pas le temps de déballer le colis en leur présence. C’est après que vous constatez que ce sont des cailloux qui sont à l’intérieur », a-t-il conclu. Ce même groupe a une deuxième technique pour escroquer leurs victimes. Selon lui, les escrocs identifient des immeubles, contactent le propriétaire, inventent des projets et négocient des contrats de bail. Le supposé Pdg accepte sans négocier la somme proposée par le propriétaire. Il met la main dans la poche et sort des liasses de billets de dollar qui ne sont rien d’autre que des cartons coupés. A cet instant, ils vous disent qu’ils n’ont pas encore fait l’échange et vous demandent de l’argent en francs Cfa en attendant qu’ils fassent l’échange. Dès qu’ils prennent les sous, ils disparaissent dans la nature. La semaine dernière, ils s’apprêtaient à opérer une fois de plus à Azalai hôtel de la plage, quand les éléments du commissaire Nicaise Dangnibo ont mis la main sur eux. Ils sont très tôt passés aux aveux et ont été présentés au Procureur de la République près le Tribunal de Cotonou qui a décerné un mandat de dépôt avec comparution immédiate à leur encontre. Après l’audience, ils ont écopé de 3 ans de prison ferme.

 Un faux « hounnon » épinglé

 Le second cas est celui d’un « hounnon » qui épaule un réseau d’escrocs. Avant toute opération, ce dernier consulte le fâ aux escrocs afin de voir si l’opération pourrait marcher. Il fait parfois des sacrifices pour conjurer le mauvais sort et leur donne des poudres et autres à utiliser. Leur mode opératoire est simple. Leurs victimes sont pour la plupart des femmes qu’ils abordent dans la rue comme s’ils se perdaient. Ils leur demandent la voie, ou un lieu auquel ils souhaiteraient se rendre. Dès que vous vous arrêtez pour leur indiquer le chemin, un autre apparaît pour jouer aux passants. Le 1er commence à jouer à un visionnaire dans la vie du 2ème. Pendant ce temps, leur victime est éblouie par les talents du visionnaire et c’est l’occasion tout trouvée pour commencer à faire des révélations dans sa vie aussi. Ils savent bien que les femmes pour la plupart ont des problèmes de foyer. La finalité, c’est de dire à la dame qu’elle doit faire des sacrifices pour mieux se porter. Le rituel se fait à la plage dans la nuit pour la plupart du temps après 21h. Pour le rituel, ils creusent un trou, dans lequel on met une calebasse avec l’eau de mer. On demande à la victime de regarder la mer et de prononcer des paroles incantatoires qu’ils inventent. Pendant ce temps, l’un d’entre eux s’empare du sac de la victime et disparaît. Si elle est à moto, celle-ci est aussi emportée. Avant qu’elle n’ouvre les yeux, ils s’évadent déjà dans la nature. Leur dernière victime a été dépossédée de sa moto dream, et d’une somme de 1.500.000 de FCfa avec des pagnes. Le vendredi 6 avril 2018, ils ont été placés sous mandat de dépôt. Cette prouesse est à mettre à l’actif du commissaire Nicaise Dangnibo et de ses collaborateurs qui ont reçu le soutien indéfectible du Directeur général de la Police républicaine pour traquer les filous. « Nous sommes déterminés à traquer ces hors-la-loi qui perturbent la quiétude des paisibles citoyens, et nous irons jusqu’au bout », a-t-il conclu.

 Armel Nelson Avadémey