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hopital ouidah
Le Fbr, la thérapie de choc, en marche dans la zone sanitaire Okt

Le Programme de renforcement de la performance du système de santé (Prpss), volet Banque mondiale, arrive à terme à la fin du mois de juin 2017. Dans la zone sanitaire Ouidah-Kpomassè-Tori (Okt), des améliorations significatives ont été constatées notamment la disponibilité au poste 24h sur 24 du personnel qualifié ; ceci à cause de la prise en compte des retards et absences dans la répartition des primes du Financement basé sur les résultats (Fbr).

Le Financement basé sur les résultats (Fbr), composante n°1 du Programme de renforcement de la performance du système de santé (Prpss), volet Banque mondiale, a impacté positivement les zones sanitaires du Bénin. A l’heure du bilan, de bonnes pratiques ont été induites dans la zone Ouidah-Kpomassè-Tori (Okt). Il s’agit entre autres du bon accueil des patients, de la bonne tenue des fiches de santé des femmes et enfants, de l’amélioration des infrastructures sanitaires et du plateau technique, du recrutement de spécialistes, de l’archivage des supports et des données et de la disponibilité du personnel qualifié 24h sur 24 au poste. Pour ce qui est de ce dernier point, la prise en compte objective des retards et des absences dans la répartition des subsides du Fbr en a été pour quelque chose. En effet, dans l’ensemble des formations sanitaires de la zone, le personnel a été sensibilisé sur l’objectif visé qui n’est rien d’autre que l’amélioration de la ponctualité et la disponibilité permanente du personnel de façon continue en vue d’améliorer la performance des formations sanitaires dans l’offre de soins de qualité. Aussi, des cahiers ont-ils été acquis pour vérifier la présence au poste des agents. Déposés à l’entrée (soit dans les guérites, les halls ou salles des bâtiments accessibles à tous), ils permettent de suivre la position de travail des agents, les heures d’arrivée et de départ. A l’hôpital de zone de Ouidah par exemple, ce registre est déposé à la guérite. « Entre-temps la guérite n’existait pas. Mais, avec le Financement basé sur les résultats, l’administration en a construit. Des agents de sécurité recrutés y restent en permanence pour satisfaire l’indicateur présence au poste du personnel qualifié acheté par le Fbr », a dévoilé le Premier délégué du personnel, Félicien Sossou. Le cahier de présence au poste est donc placé sous la supervision des agents de sécurité qui se chargent d’arrêter les inscriptions dès qu’il est l’heure et de corriger les heures d’arrivée erronées en présence des collaborateurs concernés ; ceci conformément au planning de permanence et de travail préétabli. Pour suivre de façon rigoureuse le remplissage des heures d’arrivée et de sortie avec les agents de sécurité, le personnel a été sensibilisé par l’administration. Aussi, une synthèse hebdomadaire des retards et absences de tout le personnel est-elle faite. Les fiches synthèses sont archivées grâce au logiciel Excel qui permet d’intégrer le nombre de retards et d’absences cumulés par agent. A la fin du trimestre, le point permet à chaque agent  ayant accumulé moins de retard et d’absence, de bénéficier de subsides. A en croire Félicien Sossou, cette mesure a permis d’inverser la courbe ascendante des retards et absences du personnel de 2012 à ce jour. En effet, elle a occasionné la diminution progressive du phénomène dans les centres de santé publics de la zone sanitaire Ouidah-Kpomassè-Tori (Okt). « Les agents viennent beaucoup plus à l’heure même s’il est difficile de parler de 0 absent et retard », a-t-il avoué. En témoigne le nombre de jours d’absence au premier semestre de 2016 au niveau du personnel du Centre de santé d’Azohoué-Cada. En effet, ce nombre est passé de 19 à 11, soit une diminution de 42%. Le score qualité est aussi passé de 34% au 1er trimestre de 2016 à 72% au 3ème trimestre. Le montant des subsides a également connu une hausse en passant de 634 355 FCfa à 1 007 961 FCfa. Ces performances n’ont pas été une réalité sans l’adhésion des supérieurs hiérarchiques qui appliquent les sanctions sans état d’âme. Confirmation a été donnée par le président du Comité de santé, organe suprême de gestion de la zone sanitaire Ouidah-Kpomassè-Tori (Okt). Pour Albert Nassénon, le phénomène de la non-arrivée à l’heure au service et de l’abandon des postes de travail par les agents de santé est un souvenir lointain. « Avec le Fbr, nous avons remarqué que la présence au poste est devenue effective au niveau de toutes les formations de notre zone », s’est-il réjoui. Et d’ajouter qu’ « avant, il était fréquent de voir que les agents simulaient des maladies ou trouvaient des alibis pour déserter leurs postes de travail et aller vaquer à d’autres occupations ». Il a ainsi apprécié à sa juste valeur la mise en place de plusieurs outils de bonnes pratiques dont le cahier de présence qui a permis de conscientiser les agents de santé sur ce que la population attend d’eux, et le respect de leur cahier de charges.
 Les subsides,  le stimulant 
 A l’hôpital de zone de Ouidah, la répartition des subsides est subordonnée à la présence au poste du personnel. «C’est en fonction des catégories que la répartition est faite. Dans la grille, les agents moins gradés sont plus cotés que ceux gradés », a expliqué le Premier délégué. Basile Agbo, infirmier d’Etat en service au bloc opératoire de l’hôpital de zone de Ouidah a souligné qu’ « il y a des dispositions pratiques qui sont prises pour sanctionner les agents retardataires ». Cela se remarque d’ailleurs sur la répartition des primes Fbr. De l’inscription des présences au poste jusqu’à la répartition des primes, tout se fait par le logiciel Excel. La transparence est donc de mise durant tout le processus et le personnel est satisfait de la répartition.
 La capitalisation des acquis, un défi majeur
 Le Fbr branche Banque mondiale viendra à son terme à la fin de ce mois. Les acteurs rencontrés craignent que les bonnes pratiques enregistrées depuis 2012 ne tombent à l’eau après cette évidence. Pour ce faire, ils ont souhaité sa reconduction. « La durée du Fbr est insuffisante pour ancrer dans les pratiques des agents de santé le bon comportement que nous attendons d’eux », a déclaré Albert Nassénon. Au niveau de la coordination, il a rassuré de la disponibilité de son équipe à œuvrer pour la poursuite du travail de l’amélioration de la qualité des soins obtenue grâce au Fbr. Mais le hic est ceci : est-ce que les agents de santé pourront bien prendre soin des outils comme cela se doit en ne perdant pas les bonnes habitudes acquises si la motivation du Fbr n’était plus au rendez-vous ? L’autre enjeu selon le président du Cosa, c’est l’effectif du Comité de santé. « Les membres du Cosa ont dans leur cahier de charges des activités, mais des recrutements n’ont pas été faits pour étoffer le maigre effectif en place. Il va falloir réfléchir suffisamment à ce problème pour ne pas tomber dans un vide parce qu’il y a des agents de santé qui sont toujours animés de mauvaise intention qu’il va falloir suivre comme du lait sur le feu », a souhaité Albert Nassénon, le président.
 
Serge Adanlao