Spread the love

severin-quenumGros scandale au Projet d’appui à la préservation et au développement des forêts galeries et production de cartographie de base numérique (Papdfgc) et à la Direction de la promotion de l’écocitoyenneté (Dpe). Des agents et cadres du ministère du cadre de vie ont, en intelligence avec des opérateurs économiques, orchestré le pillage systématique des ressources.

Tout est parti d’une alerte de la structure financière Orabank-Bénin qui a fait menées des investigations sur les activités de ces deux structures du ministère du cadre de vie et du développement durable. Grâce aux enquêtes, il a été révélé que des agents de ces deux structures ont mis en place un mécanisme pour extorquer de l’argent aux banques avec la complicité de partenaires extérieurs. Le mode opératoire consiste à émettre des bons de commandes fictifs sur la base de laquelle leurs complices, des responsables d’entreprises, obtiennent des crédits d’avance auprès de la Banque. Le montant du pillage donne le tournis. Au soir du compte, les sommes obtenues grâce à ces faux documents se chiffrent à 682.886.284 FCfa. D’abord au niveau de la Direction de la promotion de l’écocitoyenneté, plusieurs irrégularités ont été notées. Les acrobaties de ces agents ont été orchestrées sur la base de faux bons de commandes. Il a été découvert 04 bons de commandes, signés en quelques semaines d’intervalle (août-septembre 2016). Lesdits bons portent curieusement sur le même objet à savoir : « fournitures de plants au profit du ministère » pour un coût total de 92.607.200 Fcfa.  Les investigations ont également permis de découvrir que sur 12 bons de commande et contrats de prestation de service passés entre 2016 et 2017 pour un montant global de 252.650.000 Fcfa, 11 n’ont pas reçu l’approbation du Directeur de l’administration et des finances, encore moins le visa du Délégué du Contrôle financier. La plupart des bons de commande en question sont signés seulement par le chef du Service des affaires financières de la Direction de la promotion de l’écocitoyenneté, la Directrice elle-même (qui soutient que sa signature a été imitée), le fournisseur ou le prestataire. De cette deuxième série de carnage, il est constaté que le seul bon régulier porte sur un montant de 10.956.300 Fcfa Ttc. Mieux, toutes les autres signatures requises ne figurent pas sur les documents, et tous ces marchés incriminés ne sont pas inscrits dans le Plan de passation des marchés du ministère.

 La saignée au Papdfgc

 Au niveau du Projet d’appui à la préservation et au développement des forêts galeries et production de cartographie de base numérique, le compte du pillage se chiffre par centaine de millions. En termes d’irrégularités, les investigations ont révélé entre autres que 19 bons de commandes et contrats de prestation ont été signés seulement par le coordonnateur du projet « Forêts-Galeries » et les prestataires, à l’exclusion du Directeur de l’administration et des finances ainsi que du Délégué du contrôle financier. Au niveau de ce projet, le coordonnateur s’est attribué des prérogatives assez étendues en matière de gestion des ressources. Il est le seul qui juge de l’opportunité et de l’effectivité des dépenses avec les prestataires sans intermédiaire aucune. Cette gestion opaque qu’il a instaurée fait qu’aucune commission de réception des commandes n’existe. Pire, il a été découvert des noms fictifs de réceptionnaires sur les bordereaux de livraison. Les opérations incriminées au niveau du Projet d’appui à la préservation et au développement des forêts galeries et production de cartographie de base numérique, sur la période de 2016 à 2018 portent sur un montant de 441.192.584 FCfa Ttc.

 Des têtes tombent, des poursuites en vue

 Les irrégularités ainsi relevées par l’audit sont imputables au Colonel Fatoké Pierre Allé, coordonnateur du projet « Forêts-Galeries ». L’intéressé a reconnu les faits et est passé aux aveux concernant d’autres opérations frauduleuses qu’il a menées et portant sur des facilités de caisse (crédits directs) obtenues auprès des banques au moyen de sociétés qui servent d’écran. Il a également reconnu avoir ouvert un compte bancaire pirate, au nom du projet, qu’il n’a pas déclaré et dont il est seul signataire avec un complice, le sieur Martinien Koba. Ces mêmes irrégularités sont également imputables au Chef du Service administratif et financier de la Dpe Guy Hountondji, au Directeur général de la société Dto & Fils Sarl, T. Obède Djogbannan, au Directeur général des établissements Djoto-Bénin Services, Sèci Berthrand Pédé, du Directeur général des établissements Linking Services Bonaventure Gauthier Nobimè et à la Directrice générale des Etablissements Ds-Consulting Silifatou Tchangaï. Le conseil a décidé de prendre des mesures contre le Capitaine de Police Emile Adjekossi du Commissariat central d’Abomey-Calavi, pour avoir remis en liberté sans raison valable, le sieur T. Obède Djogbannan, qui ne sera retrouvé que plusieurs semaines plus tard. Le Conseil a également instruit de mettre solidairement en débet les sieurs Fatoké Pierre Allé et Guy Hountondji, pour la somme de 19.950.000 Fcfa qu’ils ont indûment versée à la société Dto et fils ainsi que pour toutes autres sommes distraites. Les membres du gouvernement ont enfin décidé d’engager sans tarder des poursuites judiciaires contre tous les mis en cause.

AT