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Patrice Talon sollicité pour plus de transparence

Exténué par les nombreux « hold-ups économiques » infligés par le  Pdg du groupe   Cajaf Comon Sébastien Ajavon, le Groupement des importateurs de produits congelés au Bénin (Gipc-Bénin) plaide pour un climat de totale transparence dans le traitement et le paiement des droits douaniers, impôts et autres taxes au sein de leurs secteurs d’activés. Il l’a fait savoir à travers une lettre adressée au président Patrice Talon.

A son excellence, Monsieur le Président de la République,
Il est une réalité au Bénin que le secteur des produits congelés (surgelés) est l’un des plus gros pourvoyeurs des recettes douanières au Bénin. Ce secteur est dominé nettement depuis plusieurs années par le groupe Cajaf Comon qui détiendrait près de 50% de part de marché. Outre les difficultés traditionnelles liées aux fermetures des frontières avec le Nigeria voisin et aux fluctuations de la devise nigériane (le Naïra) qui perturbent de temps en temps notre secteur, le leader de notre profession n’a cessé de clamer sa volonté de voir disparaître tous ses concurrents, même de taille non négligeable. Son arme de prédilection, le prix de vente ! Au fil des ans, certaines entreprises étouffées par une certaine concurrence farouche, déloyale et sans pareille suffoquaient et disparaissaient. Les autres survivant devaient bien se tenir et se demandaient bien qui seraient le prochain. Ainsi était la vie dans le monde des congelés au Bénin. On critiquait, On s’indignait mais face à la robustesse de l’adversaire, on devait vite se ranger et pleurer en silence. Fort heureusement, l’attrait de notre secteur d’activité était tel que de nouvelles autres entreprises naissaient et faisaient leur bonhomme de chemin.
Mais un jour, Monsieur Sébastien Ajavon, président du Groupe Cajaf Comon, président du patronat du Bénin, nous invita à une réunion. C’était le 10 décembre 2012 ! A notre grande surprise, sur une soixantaine d’importateurs de produits congelés opérant encore dans notre secteur à l’époque, nous n’étions que douze importateurs invités.
C’est alors que le président du patronat, président du groupe Cajaf Comon, dans un style magistral voire théâtral, après nous avoir dit tout le mal qu’il pensait du Programme de vérification des importations (Pvi)  nous annonçait que pour éviter les pièges liés au Pvi, l’Etat Béninois voulait mettre en place des Licences Economique d’Importation et que pour en bénéficier il fallait déposer trois milliards de francs Cfa cash en espèce en caution à l’Etat et qu’en retour, on serait à l’abri de tous contrôles des impôts pendant cinq années. Le plus surprenant de tout cela, était que des choix avaient été déjà faits à l’avance et il ne pouvait pas avoir plus de trois importateurs dans notre secteur. Donc, on nous annonce que les nominés étaient Cajaf Comon, à tout seigneur tout honneur, puis Cdpa (Comptoir de distribution de produits alimentaires) et enfin, pour les dix autres sociétés que nous étions, un lot de consolation nous était toutefois réservé : il fallait nous constituer en un Gie afin d’obtenir une licence au nom du groupement. Le cas échéant, nous devrions devenir leurs clients.  A  la sortie de cette vaste plaisanterie de mauvais goût, nous pourrions dire adieu à toutes nos années d’indépendance économique, licencier nos personnels et quid de nos engagements ?
Monsieur Sébastien Ajavon venait par là-même de prouver très clairement, ce que nous avons toujours entendu dans les couloirs, c’est-à-dire la mort programmée de toutes nos structures afin d’asseoir le monopole dont il a toujours rêvé ! Ainsi, l’intention était claire et sans appels. Monsieur Ajavon Sébastien venait d’échouer dans sa tentative de nous faire signer adhérer à son idée de délivrance des licences avant d’importer. Il se serait alors juré d’y parvenir tôt au tard. C’est ainsi qu’au lendemain de cette réunion est né le Groupement des importateurs de produits congelés au Bénin (Gipc-Bénin) qui compte aujourd’hui 24 membres.
Excellence, Monsieur le Président, le Gipc-Bénin s’est assigné comme mission premièrede combattre le hold-up économique programmé dans notre secteur d’activité et donc de veiller à la surviede nos sociétés.Les membres de mon association et moi-même,sommes plus que jamais prêts pour finir résolument avec les politiques de Deux poids deux mesures qui ont trop longtemps eu droit de cité dans notre cher pays à tous, avec son flot constant de drames sociaux. Nousmilitons pour que règne désormais dans notre pays un climat de totale transparence dans le traitement et le paiement des droits douaniers, impôts et autres taxes.
Excellence, Monsieur le Président de la République, désormais réunis pour une même cause, et ne pouvant plus résister aux baisses successives des prix pratiqués sur notre marché par le groupe Cajaf Coman, nous avons entrepris de faire nos propres investigations. C’est ainsi que nos recherches près de l’administration  douanière nous ont amené sur la piste des « mesures d’incitation à la performance » de l’administration douanière. Pour cette dernière, le but visé serait de favoriser et d’encourager les importations. Ainsi, sous le couvert de cet accord, la société Cajaf Coman bénéficiait de 25% de réductions des droits. En clair, sur un container reefer 40’ de 25 tonnes par exemple, alors que nos sociétés payaient à l’administration douanière 7 510 798 FCfa, la société Cajaf Coman, elle, n’en payait que 5 633 098F Cfa. Cette différence de près de 2 millions de nos francs par container sur les droits de douane était alors utilisée pour baisser les prix de façon fantaisistes et dramatiques sur le marché et contraindre ainsi nos sociétés à vendre en dessous de nos prix de revient. Dans un climat de morosité économique générale sous fond de crise économique mondiale, voilà comment Excellence, Monsieur le Président de la République, les membres du Gipc-Bénin se retrouvent à la fin de l’exercice 2015 par exemple à plus de 20 milliards de perte, que nos sociétés sont en grande difficulté financière pour honorer leur engagement tant au niveau des banques que des fournisseurs et que plus de 3 000 emplois sont menacés d’être détruits avec toutes les conséquences sociales au niveau de chacune des familles concernées. Et pourtant, malgré les difficultés et une baisse d’activité générale, nos entreprises réunies ont réalisé plus de 100 milliards de F Cfa de chiffres d’affaires en 2015. Devant une telle brimade, nous avons alors entrepris une action en justice et cette affaire est pendante devant le greffe du tribunal de commerce de Cotonou.
Par ailleurs, nous avons entrepris de rencontrer les personnalités des différentes institutions de notre pays à divers niveaux afin de nous faire entendre. C’est ainsi que nous avons pu rencontrer successivement :
22/09/15 : Administration douanière
21/10/15 : Rencontre Président Ccib
03/11/15 : Primature  (Directeur technique)
04/11/15 : Rencontre Conseil économique et social (Ces)
04/11/15 : Directeur cabinet ministre des finances
10/11/15 : Ministère du commerce (Directeur du commerce extérieur)
13/11/15 : Rencontre ministre de l’Economie et des finances (Fin mesures dites incitatives)
23/11/15 : Ministre  Mcri
09/12/15 : Ministère de l’économie maritime (Secrétaire général et le Directeur de cabinet)
15/01/16 : Rencontre administration douanière
20/01/16 : Rencontre Recette Douane Port
22/01/16 : Rencontre Ccib
26/01/16 : Direction de l’élevage
27/01/16 : Rencontre Conseil économique et social (Ces)
01/02/16 : Rencontre 1er Ministre (Secteur privé)
09/02/16 : Rencontre Douane et Ministère des finances
11/02/16 : Rencontre avec le Directeur général Port
13/02/16 : Rencontre avec son Excellence, le Président Yayi Boni
15/02/16 : Rencontre Direction générale des impôts (Dg)
30/05/16 : Ministre des Finances (Direction Technique)
01/06/16 : Rencontre avec son Excellence, le Président Talon Patrice
03/06/16 : Direction centrale des régies financières et les impôts
24/06/2016 : Recette Douane
De toutes ces différentes rencontres, Excellence Monsieur le Président de la République, notre unique satisfaction à ce jour reste l’annulation par l’administration douanière des faveurs accordées à la société Cajaf Comon. A ce sujet, des rumeurs persistantes et inquiétantes font état de ce que la société Cajaf Comon continuerait toujours à bénéficier de ces dispositions. Nous voudrions alors que toute la lumière soit faite à ce sujet. A ce jour, aucune autre mesure n’a encore été prise en vue d’accompagner nos sociétés en grande détresse financière afin qu’elles ne mettent la clé sous le paillasson.
Et pourtant, l’une des premières mesures urgentes que nous avons pu négocier et obtenu, y compris pour le compte de la société Cajaf Comon est la diminution par la douane des valeurs consensuelles. Nous sommes surpris que ladite société s’oppose à l’administration douanière au prétexte qu’elle détient beaucoup de stock en entrepôt alors que nous aussi, avons nos stocks dédouanés avec la même valeur. La contestation est d’autant plus troublante quand on sait que cette société payait pendant longtemps une douane beaucoup moins élevée que ses concurrents sans que ceci ne la dérange ? Et la-voilà à présent qui revendique une égalité des traitements !
Ce qui est certain, c’est que la société Cajaf Comon n’est pas à son premier coup avec l’administration fiscale. Il n’y a pas si longtemps de cela, le peuple béninois avait été témoins de la brouille entre l’administration fiscale et la société Cajaf Comon. Cette dernière, après avoir réglé la Tva sur ces importations comme tous les membres de notre secteur d’activité, devait se faire rembourser en fin d’année la Tva (18%) sur l’ensemble de ces importations en direction du Nigeria  au prétexte que ces volailles à elles étaient vendues à des Nigérians alors que nous tous, vendions sur le même marché et partageons la même clientèle. Ainsi, plusieurs milliards de francs Cfa lui étaient décaissés des comptes du trésor public et entraient injustement chaque année dans les comptes de la société Cajaf Comon, alors même que nous autres n’avions droit à rien. Encore une pratique de concurrence déloyale dont elle a bénéficié de très nombreuses années. Et ces manœuvres ne s’arrêtent pas qu’au secteur des produits congelés. De nombreux acteurs du secteur de l’huile végétale ont manifesté et obtenu il y a quelques années la suppression d’une autremanœuvre de la même société. Cette fois, il s’agissait aussi d’un accord obtenu avec l’administration douanière qui permettait à la société Cajaf Comon de bénéficier d’un régime de réexportation des huiles végétales en direction du Nigeria, donc de ne pas payer les droits douaniers de mise en consommation comme tous ses concurrents. Ainsi, cette différence obtenue sur la douane suffisait largement pour s’imposer par des prix bas et atomiser ses concurrents dans un secteur ou la marge brute par bidon de 25L est souvent entre 200F et 500F par bidon. Ainsi, grâce aux faveurs de l’Administration douanière, elle pouvait régner sans partage sur l’importation des huiles végétales et inonder seule le marché avec plusieurs centaines de containers d’huile par mois. Après la suppression de ces mesures, l’importation d’huile végétale était redevenue accessible à tous et le commerce a pu reprendre de plus belle manière dans l’intérêt de tous.
Excellence, Monsieur le Président de la République, notre action ne vise pas spécialement Monsieur Sébastien Ajavon ou la société Cajaf Comon, mais dénonce et combat de toutes ses forces les avantages qu’offre l’Administration fiscale de notre pays à certains opérateurs économiques au détriment d’autres. Nous prônons la libre concurrence et le respect des règles d’une concurrence pure et parfaite dans notre pays.
Voilà pourquoi, devant l’inertie de nos institutions, nous avons entrepris d’organiser une marche pacifique en date du jeudi 21 juillet 2016. De cette manifestation, une certaine presse disait que nous étions financés par tel ou tel parti politique ou homme d’affaire.
Excellence Monsieur le Président, comme nous vous l’avions décrit tout au long des pages précédentes, le Gipc-Bénin se bat pour la survie de ses membres ! Nous ne sommes pas un parti politique encore moins des guignols de service d’un quelconque homme politique ou homme d’affaires et n’allons surtout pas nous laisser distraire par des rumeurs visant à nous détourner de notre combat, à nous déstabiliser ou à décrédibiliser notre groupement. Nous n’allons pas non plus nous contenter de « mesuretes » politiques visant à nous calmer ou à nous endormir. Le Gipc-Bénin exige des réformes sérieuses et profondes en vue d’abolir les pratiques qui ruinent l’initiative privée avec des conséquences très néfastes pour l’économie de notre pays.
Excellence Monsieur le Président, Le 06/04/2016 dans votre discours d’investiture, vous déclariez ce qui suit : « J’assurerai la protection de l’initiative privée et du secteur privé en tant que principal outil de développement ». Nous y avons cru et 100 jours passés à la tête de Bénin ne nous fera pas changer d’avis. Nous croyons et espérons qu’aujourd’hui sous votre impulsion, un nouveau départ est possible.Vous avez promis offrir l’égalité des chances à tous les citoyens de ce pays. Le peuple vous y attend !
Voilà pourquoi, Excellence Monsieur le Président, nous nous tournons à présent vers vous.
 Monsieur le Président Sauvez notre secteur!
Monsieur le Président, Sauvez nos familles victimes!
Monsieur le Président, sauvez et protégez l’initiative privée au Bénin.
Liste des 24 sociétés membres du Gipc-Bénin
1- Société Sol Des Anges (Sda)         2- Société Proda Sa            3- Société 3F Sa
4- Société Cusco                              5- Société Martin Pêcheur      6- Commodities Group
7- Kora Sarl                              8- Société Cetrane
 9- Société Chica Sa
10- Société Cdda                  11- Société Frigel Plus
12- Société Saint Augustin et Fils
13- Société Timok Bénin     14- Société Braha Food Sarl
15- Atlantique Negoce Sarl              16- Société Ges Sarl
17- Société  Dieu Est Capable    18- Société Eledja Sarl             19- Société Netzach
20- Société Insta-Choice  21- Société Handerck- Esprit Sarl
22- Société  Afri Négoce International          23- Société Moretiola
24- Société de distribution de produits