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La gestion du président Emmanuel Golou suscite polémique

Ça ronchonnait, il y a près de deux ans. Mais depuis quelques jours, les frustrés ne sont plus arrivés à contenir leur colère contre les maux dont souffre le Parti social démocrate (Psd). Ils l’ont fait savoir publiquement. A l’heure actuelle, la crise est consommée, et l’urgent serait les réformes. 

S’il y a une chose à faire pour l’harmonie au sein du Parti social démocrate (Psd), c’est de ‘’corriger la tête’’, comme l’avait dit l’autre comédien avant sa mort. « Le poisson pourrit par la tête », a l’habitude de rappeler une personnalité de ce pays. Si les dirigeants du Psd manquent de vision et d’objectivité en s’occupant des règlements de compte, sans penser à asseoir davantage son hégémonie dans son fief et étendre ses tentacules dans les autres régions du pays, il est clair que la crise actuelle va perdurer. En effet, les difficultés du parti trouvent leurs sources dans la gestion de ses responsables. L’impatience, le manque d’humilité et la volonté de devenir leader politique a amené les dirigeants du parti à tomber dans la gadoue. Ils ont confondu vitesse et précipitation. Le constat, aujourd’hui, est que le parti est à terre. Le Psd a besoin d’être effectivement rajeuni. Mais, il ne faut pas le laisser aux mains de jeunes indépendants, sans expériences et ambitions politiques. Il ne faut non plus pousser les aînés à la porte. Un ancien n’est pas forcément vieux dans la tête. Malheureusement, c’est cette erreur qui fait errer les responsables du Psd depuis près de deux ans. Le bilan est là : la division, la frustration, le mécontentement, le recul et aujourd’hui, la crise. Des observateurs externes au parti pensent même que Bruno Amoussou doit reprendre la gestion, pour une période transitoire, afin de le redynamiser. Il en demeure le père et en est le seul capable d’unir les acteurs divisés. L’exemple de la Rb laissée par Rosine Soglo à son fils qui n’a pu bien le gérer est là. Celui du Prd et du Madep qui sont restés aux mains des anciens tiennent encore le chemin.
 Des exclusions forcées
Tout est parti des positionnements sur les listes de candidatures aux élections communales, législatives et le choix fait pour la présidentielle de 2016. Le président du parti qui est lui aussi un ancien, s’est laissé prendre en otage par un groupe de jeunes qui sont pressés d’aller au Pouvoir, et ne sont pas prédisposés à prendre la relève. Pour les élections locales et communales, les anciens du parti ont été systématiquement exclus des listes sans explication. On ne leur a rien dit d’autre, à part le fait qu’ils sont « vieux » et qu’il leur faut céder la place aux jeunes. Aux postes de conseiller  local, communal ou maire, ils ont été mis de côté et remplacés par des jeunes qui ne se sont même pas apprêtés pour le boulot. Les premières conséquences ont été l’issue des élections avec les pertes de contrôle de beaucoup de sièges au profit d’autres listes. Autrement dit, plusieurs autres formations politiques ont infiltré les rangs des élus traditionnels du Psd. Dans presque toutes les communes, l’élection du Maire a été très compliquée, comparativement au passé où il s’agissait juste de remplir des formalités.
Jusque-là, les responsables du parti n’en ont tiré aucune leçon. « Même Bruno Amoussou n’était plus écouté. Les gens ne prenaient plus en compte ses consignes et directives», a regretté un ancien député Psd, écarté aujourd’hui de la gestion. « A partir de cet instant, nous les anciens que ces jeunes ont décidé de pousser à la porte, avons décidé de prendre nos responsabilités. Nous avons pris acte de tout et nous nous sommes mis à les observer », nous a confié cet ancien élu national. Les mêmes erreurs avaient déjà été faites lors des positionnements pour les élections législatives, quelques semaines plus tôt. Sur six sièges, habituellement obtenus dans le Couffo seul, par exemple, le Psd a eu difficilement trois à savoir Bruno Amoussou, Gérard Gbénonchi et Jocelyn Dégbey. Les Fcbe ont arraché facilement deux sièges occupés par David Gbahoungba et Pascal Essou. Ils ne se sont même pas gênés, puisque la division avait gagné le parti traditionnel. Dans la douzième circonscription électorale, Jérémie Adomahoun qui s’inscrivait pour la première fois sur une liste conduite par Mathurin Nago a été élu député. Sur le terrain, il leur a démontré qu’ils avaient eu tort de l’avoir écarté injustement. A Toviklin, Jean-Baptiste Edayé a subi le même traitement de la part du Psd, sous des prétextes fallacieux. « S’il en avait la possibilité, il allait même refuser de positionner le président Bruno Amoussou », nous a confié un autre baron du parti, également écarté.
Malgré les échecs, les responsables ont continué dans l’erreur et multiplié les frustrations.
FF