Spread the love
Cncb
La gestion de plusieurs Dg passées au scanner au Cncb

Depuis quelques jours, la Sous-direction des affaires économiques et financières (ex-Bef) est en action au Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb). Après la moisson de la semaine dernière, elle a encore pêché des agents soupçonnés dans des dossiers de malversations financières au sein de cette structure.

Jusqu’à tard dans la nuit d’hier, les personnes dont les noms suivent sont gardées-à-vue à la Police pour des besoins d’enquête. Il s’agit de Antoine Dayori, ex-Directeur général du Cncb, de Didier Fagnon, ex-chef comptable, de Méré Daouda Ibouraim, président du conseil d’administration, de Justin Adéogoun, cadre et de Erick Hounguè, cadre aussi. A ceux-là, s’ajoutent d’autres agents. Il s’agit de la caissière et d’autres agents qui interviennent dans la chaîne des dépenses au Cncb. Les mêmes sources indiquent que le vent qui souffle ne ratera pas l’ex-Directrice financière et comptable et tous les autres gestionnaires de crédits de la période de 2013 à 2016 au Cncb.

Hervé Fangnigbé et Nadine Dako, tous deux, anciens Directeurs généraux du Cncb ont été aussi convoqués par la police, mais n’ont pas encore répondu à l’interpellation. Sur les réseaux sociaux, on apprend qu’ils seraient en fuite, hors du pays. Des proches des concernés indiquent qu’ils ne sont informés de rien. Notre source évoque aussi le nom d’un certain Gauthé, anciennement contrôleur de gestion qui est aussi concerné et qui aurait déjà pris la clé des champs.

 Que leur reproche-t-on ?

 Tout est parti, selon nos sources, d’un résultat d’audit commandité pour savoir comment se porte le Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb) après plusieurs années de gestion et avec des milliards de Fcfa de dettes. Les auditeurs ont travaillé pendant plusieurs mois et aurait finalisé leur rapport depuis l’année dernière. Des agents de cette structure avaient été déjà informés de la situation catastrophique que les résultats ont révélée ; puisque lors des comités de direction(Codir), le sujet a été évoqué et débattu. L’audit a couvert la période de 2013 à 2016. Un autre contrôle est en cours pour vérifier la gestion de l’année 2017, selon nos informations. Les malversations sont évaluées à plus de 13 milliards de Fcfa sur les trois ans.

En attendant que la justice ne fasse son travail, il ressort qu’un groupe de cadres de cette maison entretient depuis des années une fraude fiscale évaluée aujourd’hui à plus d’un milliard  de Fcfa. Les taxes sur valeur ajoutée (Tva) ne sont pas reversées depuis 2013. Il en est de même pour les cotisations à la Caisse nationale de la sécurité sociale (Cnss), évaluées à plus de deux milliards de Fcfa, selon les chiffres à nous communiqués par nos sources. Il a été noté également la perception de certaines primes non définies par des actes administratifs. Pour ce qui est du bordereau électronique de suivi de cargaison (Besc), les auditeurs auraient relevé des inadéquations entre les fonds perçus et les dépenses effectuées.

Comment se fait-il que le Cncb, malgré les recettes non négligeables, doit encore beaucoup d’argent à des prestataires ? Difficile de répondre à cette question à la place des personnes interpellées.

 Bruno Kangni, obligé de frapper

 Il aurait pu se taire et laisser le Gouvernement choisir le moment qui lui convient pour s’intéresser au cas Cncb en conseil des Ministres comme ce fut le cas pour d’autres structures de l’Etat. Mais il n’en pouvait pas. Peut-être que s’il traînait, quelques mois encore, le réseau établi dans cette structure va réussir à l’embobiner et le corrompre. Bruno Kangni, expert comptable de son état, n’a pas perdu une seule minute pour démarrer sa mission. Tout d’abord, à son arrivée, il a été accueilli par les services des impôts qui ont fait bloquer tous les huit comptes bancaires du Cncb pour n’être pas à jour vis-à-vis du fisc. La maison ne pouvait plus fonctionner. Nos sources renseignent qu’il a été obligé de les supplier pour qu’on lui laisse un seul compte bancaire afin de gérer les affaires courantes. 

Face à cette situation, il ne pouvait plus trainer les pas. Il a fait un premier redéploiement et a bougé des cadres « intouchables » du Cncb. Le second a frappé des chefs-services.  Aucun des contrats de travail venus à expiration en Décembre n’a été renouvelé. Bruno Kangnia suppriméles primes de carburation qu’il a jugées inutiles, surtout que c’était déjà prévu dans les salaires. Et l’acte qui suit est celui qui fait l’actualité en ce moment : l’interpellation de qui de droit.

 Pourquoi Antoine  Dayori aussi ? 

 Des personnes proches du Cncb et au même moment des rayons politiques du chef de l’Etat indiquent que la situation de Dayori peut paraître surprenante mais explicable. D’abord, il n’a pas été visé personnellement. L’audit qui a révélé les malversations couvre la période 2013 à 2016. Antoine Dayori a été nommé et pris fonction en Mai 2016. Et donc, sa gestion de Mai à  Décembre 2016 a été aussi auditée. Est-il vraiment coupable ? Seule la justice pourra le dire. Mais il importe de retenir qu’il a semblé faillir à sa mission. Il était censé faire ce que fait Bruno Kangnifait en ce moment, en assainissant le Cncb, surtout que sous son règne le Besc n’avait pas encore été envoyé au port. Il avait donc les moyens pour redresser la maison, dénicher les réseaux mafieux et faire en sorte que le Cncb retrouve l’espoir d’une bonne gestion. Peut-être qu’il avait tout ça en programme. Mais l’on constate aujourd’hui que sa patience est entrain de jouer contre lui. Les prochains jours nous permettront de savoir ceux qui sont les vrais coupables.

 A T