Spread the love

cccccLe Bénin vient une fois encore de manquer à un important appel. Une poignée de politiciens ont refusé d’écrire une belle page du destin de ce peuple.  L’histoire en retiendra.

Pendant que des compatriotes jubilent à cause du retrait du projet, des ressortissants étrangers pleurent. Ils pleurent parce qu’ils ont vécu et continuent de vivre la dictature. Ils pleurent parce qu’ils auraient souhaité être à la place des Béninois pour vivre cette expérience exaltante du mandat unique. Ils en ont assez de voir le même président tout le temps. C’est pourquoi ils rêvent du mandat unique. C’était une expérience inouïe qui fera tache d’huile sur la planète. Bizarrement, ceux qui, depuis 1990, ont constitué le malheur de ce pays en ont décidé autrement. Avec le vote d’hier, on a envie d’accuser le peuple, mais on se retient. On se retient parce qu’en réalité, certains n’ont pas encore compris le jeu. On éprouve à la limite de la pitié et même de la peine  pour ces hommes et femmes qui jubilaient hier, parce qu’au fond, ce sont juste des ignorants consentants. Ils ignorent que cet échec est contre leurs intérêts. Ils n’ont pas compris que le vote d’hier est la victoire des politiciens hypocrites et non la leur. Ils n’ont pas compris que c’est  l’égo de quelques intellectuels malhonnêtes qui estiment qu’ils n’ont pas été associés. Ces populations qui exultent n’ont pas compris que ces politiciens ont voté contre leur destin pour la caporalisation du pouvoir par le Président de la République consacrée par la Constitution actuelle. Les Béninois n’ont pas compris que ce vote consacre désormais le marchandage politique qui fait justement la manne de ces politiciens conservateurs. Ils n’ont pas compris qu’ils ont voté pour les calculs politiciens et jeux d’alliance à coup de milliards de francs Cfa à l’approche des élections. Ils n’ont pas compris qu’ils ont voté pour être toujours considérés comme des bétails électoraux qu’on appauvrit avec l’argent du peuple. Ils n’ont pas compris qu’ils ont rejeté la rationalisation des dépenses prônée à travers le jumelage des élections. Ils n’ont pas compris et on ne leur en veut pas, puisque l’ignorance est la mère de tous les vices et de la pauvreté. Et donc, c’est la victoire des intérêts égoïstes d’une portion de Béninois, la gloire de l’égo qui a été voté hier. C’est la rancœur et la jalousie de voir l’autre être à l’origine d’une réforme qui a été voté hier. C’est en un mot, la béninoiserie qui a été votée contre le bonheur de ce peuple pourtant pacifique. Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu venant de politiques et d’intellectuels chevronnés de ce pays ? Combien de fois n’a-t-on pas, sous le couvert de diplômes à remplir une pièce, menti au peuple toujours dans l’idée d’assouvir ses desseins personnels. Quel péché a commis un président qui dit pourtant qu’il ne fera qu’un mandat. Quel péché a-t-il commis en disant que désormais les Présidents d’institutions seront élus. Diantre quel péché a-t-il commis de dire qu’il faut réorganiser le paysage politique ? Qu’est-ce qu’il y a de si gravissime pour qu’on ne fasse pas l’effort de changer enfin ? Le peuple, une fois encore, est floué par de pseudos politiciens qui, sous le couvert de l’opportunisme politique, se réclament défenseurs de ses intérêts. Terminus, le mensonge grotesque, la délation, la ruse politique descendent. Talon n’a pas été compris. Les politiciens calculateurs et faux intellectuels ont gagné, mais le peuple poursuit sa douloureuse marche. Vivement qu’il comprenne enfin….

AT