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azatassou-houngbadji
Présence remarquable de badauds à la marche du Fsp

Les membres du Front pour le sursaut patriotique (Fsp) gagneront très sérieusement à associer à leur mouvement des gens responsables. Quand l’homme de rue ou le désœuvré du coin est sollicité ou payé pour une marche, les dérives sont à la porte.

Il y a quelques années, on a du plaisir à suivre une marche. On a encore en souvenir ces moments épiques où les ténors du monde syndicale et certains politiques marchaient. On y voit de l’ordre et de l’élégance. Les slogans sont scandés, les cris de ralliement lancés dans une symbiose inspirante. Tout ceci laisse transparaître de la responsabilité, de la discipline et du respect. La marche est une forme d’expression appartenant à des personnes responsables. Les agents d’une corporation, des politiques et même des apprenants peuvent marcher et l’histoire renseigne qu’ils le font souvent bien. Les marcheurs des temps modernes de type Fsp doivent s’inspirer de ces exemples. Lorsqu’on n’a pas de marcheurs, on n’en recrute pas, car ceci prend ouvre toujours la porte du vandalisme. L’homme de la rue est sans foi. Le spectacle d’hier l’a démontré. A part la première ligne où on voit certains leaders syndicaux et politiques qu’on reconnait, le reste laisse à désirer. On se demande si certains  sont des militants du Front où des gens ramassés pour jouer un rôle précis. Des jeunes-hommes crasseux tout en sueur, certains surexcités laissant penser qu’ils ont été mis en condition. Bref, la foule hétéroclite qui a accompagné les manifestants n’inspire aucun crédit. On se demande même si ces bonhommes qui ont en horreur le bain,  ont une idée de la marche. Ce qui surprend encore dans le film d’hier, c’est la présence de mineurs. Des enfants se sont aussi alignés et ont suivi le mouvement jusqu’à la Bourse du travail. Le comble, c’est quand des gens aux allures peu recommandables sous le couvert d’une marche ont failli s’en prendre aux forces de l’ordre.  Un désordre a failli s’instaurer, mais il semble que les unités déployées étaient assez avisées. Ils ont compris qu’ils ont affaire à un type particulier de marcheurs et qu’il n’était pas utile de réagir. On peut jusque-là croire à la bonne foi des organisateurs et supposer qu’il s’agit d’une intrusion de malotrus en quête du sensationnel. Il ne serait même pas possible d’explorer l’hypothèse contraire, car il s’agirait d’un mauvais choix. Une marche est portée par des hommes et femmes de conviction. Il s’agit d’un acte citoyen spontané et engagé. Lorsqu’on suscite une marche comme on est habitué sous un certain régime, on fait le choix de nourrir l’anarchie. Une personne intéressée est toujours ou souvent zélée. Ce zèle risque (on ne le souhaite pas) de tourner à la dérive.

 AT