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Thérèse Waounwa et quelques femmes se sont défoulées hier

Une certaine catégorie de femmes ont arpenté les rues de la capitale économique mardi 20 février 2018 pour dit-on, inviter le chef de l’Etat à régler le problème auquel elles sont confrontées actuellement.

Les femmes qui ont investi les rues de Cotonou jeudi 20 février 2018 sont-elles vraiment conséquentes envers elles-mêmes ? C’est la question qu’on se pose après lecture de leur motion. Elles auraient pu tranquillement s’accrocher à la situation de mévente dans les marchés et inviter les autorités à les aider à poser le diagnostic de cette situation au lieu d’aborder des questions qu’elles semblent ne pas  maîtriser. S’il est vérifié que les femmes qui se sont réunies sous la houlette de dame Thérèse Waounwa sont effectivement des revendeuses, artisanes, ouvrières, etc. elles devraient poser des problèmes liés uniquement à leur corporation au lieu de déblatérer contre le gouvernement. En quoi l’arrestation de Laurent Mètongnon est-elle arbitraire ? Il lui est reproché d’avoir autorisé des dépôts à terme dans une banque en faillite contre commissions occultes. Au lieu de faire des récriminations contre le pouvoir,Thérèse Waounwa ferait mieux de laisser la justice blanchir ou non Laurent Mètongnon. Elle devrait même s’occuper parce qu’on a l’impression qu’elle est désœuvrée. Si tel est le cas, elle doit chercher comment servir la Nation au lieu de passer le clair de son temps à tirer à boulets rouges sur les régimes qui se succèdent à la tête du pays. Dans ses élucubrations, elle encourage le détournement des deniers publics. Sinon comment comprendre sa facilité à lier ce qu’elle appelle crise économique à la gouvernance au sommet de l’Etat. Faut-il continuer à encourager l’impunité ? Faut-il laisser le pays dans son état insalubre au moment où les pays de la sous-région s’organisent pour rendre leur territoire attrayant ? Autant d’interrogations auxquelles dame Waounwa devra répondre.

 O.I. A.

Motion portant doléances des femmes

 Nous, femmes de toutes conditions : revendeuses, artisanes, ouvrières, femmes de ménage, paysannes, femmes au foyer, apprenties, retraitées, veuves, fonctionnaires, déflatées des entreprises publiques et privées, jeunes filles sans emploi, mères, épouses et sœurs des hommes de ce pays venues de tous les coins du Bénin,

Sommes venues vous dire aujourd’hui que nous avons faim. Oui Monsieur le Président, le peuple a faim, et comme tout le monde le sait, quand rien ne va dans le pays, celles qui sont les premières victimes c’est nous, les femmes. C’est nous qui sommes chargées du repas quotidien dans les familles ; qui sommes les premières à recevoir les lamentations et les plaintes du mari dont on a fermé l’entreprise, du mari qui a perdu son emploi et qui ne peut plus donner l’argent mensuel de la nourriture et qui de ce fait tombe dans une dépression sans nom. Nous sommes celles-là qui avons sous le toit, l’enfant qui a terminé ses études et qui se trouve sans emploi. Nous sommes celles-là qui courront à gauche et à droite pour pouvoir trouver le repas quotidien à nos familles.

Excellence Monsieur le Président,

Nous sommes venues vous dire que beaucoup de revendeuses et artisanes qu’on a chassées des bords de rue et des marchés sont toujours dans la nature, se demandant qui les sortira de cette galère dans laquelle vous les avez précipitées ; que dans les marchés, la mévente est générale, les prix des produits de première nécessité sont élevés et l’argent pour se nourrir se fait rare.

Nous sommes venues vous dire que nos hôpitaux manquent du minimum, que les soins coûtent trop cher et qu’ils seront encore plus chers avec la privatisation.

Excellence Monsieur le Président,

Savez-vous ce que c’est pour une maman de ne pouvoir donner de l’argent de poche à son enfant qui part pour l’école ou de ne pouvoir lui donner à manger à son retour ? Telle est la situation de beaucoup de béninoises que nous représentons ici aujourd’hui. Beaucoup de femmes et d’hommes se plaignent dans le pays. Et pour étouffer ces plaintes, pour intimider les populations, vous avez commencé à opérer des détentions arbitraires et politiques comme c’est le cas de Laurent Mètongnon et autres qui croupissent en prison depuis trois mois. Ceci en rajoute à notre angoisse de voir le pays retourner aux heures lugubres du Prpb.

Excellence Monsieur le Président,

Nous venons vous dire que en plus de la faim qui nous tenaille, depuis un mois, nos enfants trainent à la maison ou dans les rues pour fait de grève des enseignants et que vous refusez obstinément de vous pencher avec sérieux sur les problèmes qui sont à la base de leurs revendications ainsi que ceux des autres travailleurs en grève.

Excellence monsieur le Président de la République,

Nous sommes venues ce matin vous dire respectueusement de cesser un peu de penser à vous-même et de penser au peuple béninois, de penser aux femmes de ce pays, victimes de votre politique. De penser à nos enfants qui trainent dans les rues.

Excellence Monsieur Patrice Talon, Président de la République,

Nous vous demandons la résolution des doléances expresses ci-après :

1- La réinstallation et le dédommagement des gens dégagés des espaces publics ;

2- La réduction des impôts et taxes sur les marchés et pour les artisans et artisanes ;

3- L’arrêt de la liquidation des entreprises publiques afin de sauvegarder les emplois de nos maris, sœurs et enfants ;

4- L’équipement de nos centres de santé pour assurer des soins adéquats aux populations ;

5- La résolution des problèmes des enseignants, l’octroi des bourses et secours aux élèves et étudiants pour que nos enfants retrouvent les chemins des classes et aussi la résolution des problèmes des autres travailleurs en grève ;

6- La fin des poursuites et détentions politiques, la libération de Laurent Mètongnon et de ses co-accusés.

Tout le peuple, avec nous, vous attend.

 Cotonou, le 20 février 2018

 Pour les participantes

Thérèse Waounwa