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Crise de confiance entre les membres de la Céna

A mesure que les dates fatidiques de la tenue des prochaines élections approchent, on croit que la Commission électorale nationale autonome (Céna) installée depuis le 02 juillet 2014 vaque normalement à ses activités telles que prévues par le nouveau Code électoral. Mais erreur… Si certains membres de cette institution s’activent à accomplir honnêtement leur devoir républicain, ce n’est pas le cas du Commissaire Moïse Bossou qui fait feu de tout bois. Et comment ?

Hier mercredi 18 février 2015 au Chant d’oiseau de Cotonou, les membres de la Céna ne se sont pas entendus pour conduire à bien la séance d’échanges et d’information qu’ils avaient eux-mêmes organisé à l’intention des représentants des partis politiques. Et pour cause, c’est le Commissaire Moïse Bossou, responsable de la Cellule technique N°-2 de la Céna qui est à la base d’une manœuvre frauduleuse, à en croire des informations qui ont été recoupées sur place. C’est une situation qui risque de plomber le processus électoral. Car, selon les informations qui fusent des sources proches de la maison Céna, l’intéressé n’est pas à son premier coup fourré. Toujours est-il que dans la matinée d’hier mercredi 18 février 2015, son coup fourré perpétré en complicité avec le Président de la Céna n’a pas plu à la Vice-présidente qui a claqué les portes et n’a pu assister à la séance de travail jusqu’à la fin. Ce qui vient en rajouter à la mauvaise ambiance de travail empreinte de sournoiserie. En décortiquant les faits, retenons que le président de la Céna a, par un communiqué rendu public par voie de presse, convié dans la matinée des représentants des partis politiques intéressés par le scrutin législatif du 26 avril 2015 à une séance de prise de contact et d’information. A cette séance, il était préalablement convenu entre les membres de la Céna que ce ne serait que des échanges verbaux sans remise de documents aux participants.

Ainsi, il a été convenu qu’à l’entame des échanges, ce soit le Pdt Emmanuel Tiando qui plante le décor puis, viendra le tour de la Vice-présidente, Mme Géneviève Boko Nadjo, de situer le cadre des échanges dans le contexte électoral parce qu’elle est, au regard du Code électoral, la responsable en chef de l’organisation des scrutins. Ensuite, ce sera le tour du Commissaire Moïse Bossou de prendre la parole en tant que responsable de la Cellule N°- 2 chargée des études, de la conception des documents électoraux, de la formation et du suivi des agents électoraux d’entretenir les responsables des partis politiques. Mais patatras… A la grande surprise de la Vice-présidente, c’est un document édité en plaquette contenant ce que devrait dire le Commissaire Bossou que l’on a commencé par distribuer aux participants. Intriguée par l’existence d’une plaquette, la Vice-présidente aurait interpellé le président qui reconnaît que la plaquette a été éditée avec son accord. Il en est de même du Commissaire Moïse Bossou qui reconnaît, tout penaud, que c’est la veille, c’est-à-dire le 17 février 2015, qu’il a été voir le président de la Céna dans son bureau pour lui soumettre l’impression de ladite plaquette. Le hic, c’est que toutes ces tractations se faisaient à l’insu total de la principale responsable de l’organisation des élections qu’est la Vice-présidente. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et a amené celle-ci à claquer la porte pour, ensuite, quitter les lieux sans attendre la fin des travaux. Elle n’aurait pas aimé que l’on ait édité un document électoral à son insu alors qu’elle est, selon le Code électoral, l’organisatrice en chef des élections.

 Manipulations…

 Est-ce possible qu’en une seule nuit, l’on peut préparer un document, faire le montage Pao et l’éditer en plaquette et que cela soit déjà prêt à être distribué le lendemain ? Cet argument ne convainc pas la Vice-présidente. Et plus grave, alors que toute l’équipe de la Céna travaille en symbiose et surtout en collégialité, le Commissaire Moïse Bossou a fait imprimer sur ladite plaquette le numéro d’identification de la Cellule d’appui opérationnel qu’il dirige. Une manière de se dissocier de ses autres collègues et montrer à l’opinion publique que c’est lui qui travaille plus que les autres. De l’égoïsme de mauvais aloi en quelque sorte ! Mais cette fois-ci, le coup a été bien déjoué. Selon les dernières informations, le président de la Céna a retiré du circuit lesdites plaquettes en attendant de clarifier la situation. Il importe de retenir que ces comportements du Commissaire Moïse Bossou ne sont pas nouveaux encore moins les premiers. L’intéressé avait déjà, par le passé, essayé de glisser malicieusement dans un document, par son assistant, des dispositions qui lui conféreraient personnellement des pouvoirs au détriment des vrais détenteurs. Mais mal lui en a pris. Car, le pot aux roses a été découvert. La séance qui devrait entériner ledit document a été reportée, avec comme consigne d’élaguer les dispositions traficotées qu’il a introduites par son Assistant principal au Secrétariat de la Céna.

 Tiando doit se réveiller

 En réalité, si les choses en sont arrivées là aujourd’hui à la Céna, c’est bien le président Emmanuel Tiando qui se laisse manipuler par ce Commissaire qui fait feu de tout bois, histoire de démontrer sa reconnaissance et sa fidélité à son bienfaiteur, le président Yayi Boni qui lui a permis d’aller d’une institution de la République à une autre, sans observer le moindre temps de répit. En effet, Moïse Bossou est celui-là qui a fait croire à Yayi Boni qu’il peut lui faire contrôler la Céna s’il parvient à le faire désigner et siéger au sein de l’institution chargée de l’organisation des élections. Ainsi, après avoir loupé son rêve de siéger à l’actuelle Cour constitutionnelle telle qu’on lui aurait promis, l’homme originaire de Savè a jeté son dévolu sur la Céna avec en bandoulière sa promesse à Yayi Boni de lui faire rallier le représentant du Parti du renouveau démocratique (Prd) qui n’est autre que le fils de Maître Adrien Houngbédji – Freddy Houngbédji – afin d’en prendre la Présidence. Ce qui fut fait. Alors, comme dans un devoir de reconnaissance, le président de la Céna n’a pas cherché, depuis lors, à se détacher de cette main trop encombrante qui l’utilise tel un pantin à qui on peut faire signer des décisions les plus saugrenues et irréalistes. Alors que le Commissaire Moïse Bossou n’est pas du Bureau de la Céna, c’est lui qui se montre plus entreprenant que tous les membres du Bureau. N’est-il pas temps que Emmanuel Tiando se débarrasse enfin de ce « joug » pour devenir véritablement le président de la Céna et non un godillot que l’on embarque, sans coup férir, dans les projets les plus sordides comme ce fut le cas de l’impression de cette plaquette qui a failli mettre le feu à la maison Céna à la séance d’hier mercredi 15 février 2015 ? Sortir enfin de son sommeil, serait la voie royale pour Emmanuel Tiando afin qu’il entre véritablement dans ses habits de président de la Céna au lieu de rester cette marionnette que Moïse Bossou fait danser au gré de son vouloir. C’est à ce prix qu’une bonne ambiance de travail pourrait revenir à la Céna. Sinon, une crise sans précédent au sein de la Céna risque de compromettre le processus électoral.

 Julie-Emile Sonagnon