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Le Dg de l’Onasa dans de beaux draps

Outre la Sonapra, le Conseil des ministres du mercredi 28 juin 2017 a également relevé de graves irrégularités dans la manipulation des fonds publics à l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (Onasa). Pour leur culpabilité ou non, Irénée Bio Aboudou, directeur général de l’Onasa et son équipe, devront comparaître devant les juridictions compétentes pour justifier la destination de ces fonds.

Irénée Bio Aboudou, directeur général de l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (Onasa) et son équipe ne doivent pas avoir le sommeil tranquille en ce moment. Il leur est reproché une malversation financière de plus de 1,7 milliards de francs Cfa. Suite à la mission de contrôle diligentée par le gouvernement pour vérifier la gestion de Irénée Bio Aboudou, directeur général de l’Onasa, il ressort des conclusions du cabinet d’audit que la gestion des fonds mis à la disposition de l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (Onasa) entre 2012 et 2015 au titre des opérations de sécurité alimentaire a été émaillée de nombreuses irrégularités qui portent préjudice à l’Etat. Les données financières des rapports des campagnes 2012 à 2015 présentant des incertitudes portent sur un montant d’environ 2,7 milliards de francs Cfa de recettes et 3 milliards de francs Cfa d’achats pour les fonds de sécurité alimentaire et sur des recettes d’un montant d’environ 2 milliards de francs Cfa en ce qui concerne les ventes du riz «don japonais». Il faut dire qu’au terme de cette mission de contrôle, des insuffisances et irrégularités ont été observées. Au nombre de ce dysfonctionnement, la non-organisation du système de contrôle interne et de production des données financières sur les opérations de sécurité alimentaire et de vente de riz don japonais, de façon à pouvoir rendre compte de l’utilisation des dotations de fonds de sécurité alimentaire de manière fiable et transparente. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces situations n’avaient fait l’objet d’aucune alerte de la part ni des agents de la cellule d’audit interne, ni du commissaire aux comptes qui a régulièrement certifié les comptes de l’Office. De même, des irrégularités ont été relevées dans la gestion des opérations de sécurité alimentaire occasionnant pour l’Etat, de nombreux manques à gagner. Les principaux cas portent notamment sur les ventes réalisées par l’Onasa à des prix supérieurs aux prix de cession fixés par décret, mais dont les montants ont été minorés dans les rapports de campagne. Une reconstitution sur la base des prix réglementaires des montants des ventes à partir des stocks vendus déterminés avec les données des rapports de campagne a aussi révélé que les montants des ventes mentionnées dans les rapports ont été sous-évalués de plus de 824 millions FCfa.

Des rapports d’exécution truffés d’incohérences. A titre d’illustration, les montants des achats inscrits dans ces rapports ont été surévalués de 657 millions de francs Cfa par rapport aux données de la comptabilité de l’office. Les prix effectifs d’achat des produits ont été supérieurs aux plafonds fixés par décret et la charge additionnelle pour l’Etat est estimée sur la période à un montant de 257 millions de FCfa. A la lecture des extraits du rapport d’audit, on a l’impression que tout l’argent englouti dans les activités conviées à l’Onasa n’était pas géré par l’office. Si c’est effectivement le cas, où sont passés alors tous ces fonds ? Quelles sont les personnes qui ont bénéficié de ces sous ? Irénée Bio Aboudou devra éclairer l’opinion publique.

Abdourhamane Touré