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Les députés Aké Natondé et Orden Alladatin, membres de la Commission

Les membres de la Commission parlementaire d’information, d’enquête et de contrôle ont procédé, mercredi 19 juillet 2017 au Palais des gouverneurs, à Porto-Novo,  à l’audition de tous les acteurs impliqués dans le dossier « Fonds d’Aide à la Culture ».

Le scandale à l’origine des faits remonte à la période 2008 à 2016 ; un scandale financier qui se chiffre à des dizaines de milliards. La mise sur pied de la commission parlementaire vise à comprendre les graves accusations qui pèsent sur les gestionnaires dudit fonds. Pour ce faire, les députés, membres de la commission parlementaire mise sur pied par l’Institution, ont écouté, hier, les représentants des artistes comédiens, plasticiens, chanteurs, promoteurs culturels, musiciens et celui des œuvres de l’esprit : une bonne  brochette de personnalités du monde du showbiz, ayant bénéficié d’une manière ou d’une autre du milliard culturel. Ce milliard qui constitue le fonds mis à la disposition des artistes pour la promotion des artistes, a été distribué à des amateurs et autres copains. C’est du moins ce qu’on peut retenir des confidences de certains artistes, auditionnés. Pendant le huis-clos avec les hôtes de la commission parlementaire, il a été demandé à certains d’entre les artistes de donner des noms de personnes ayant fait preuve d’actes de corruption à leur endroit. Pour Coffi Gaou, auditionné aussi par la commission, il sera difficile de donner des noms.  Ainsi, les membres de la commission n’ont réussi à tirer la langue à aucun des membres ayant subi l’interrogatoire. Tout de même, l’artiste Coffi Gaou se rappelle qu’il avait déposé un dossier de subvention de 111 millions signé par le directeur du budget. Mais, le dossier a été rejeté par le ministre de la culture, parce que le montant de son projet était colossal et qu’il devait le réduire à 70 millions. Ce  qui fut fait.  A sa grande surprise,  le dossier a été rejeté. Plus tard, des personnes dont les identités n’ont pas été dévoilées sont venues le voir pour lui dire s’il accepte de donner 30 millions, le dossier va passer. Avec ces faits, l’artiste a conclu que le ver est dans le fruit. Dans un article qu’il dit avoir publié dans un journal de la place, il a affirmé que les administrateurs et les acteurs culturels sont impliqués dans la mauvaise gestion du fonds. Approchés, l’ancien directeur du Fitheb, Pascal Whannou et Auguste Amoussou, secrétaire général de l’Amacab (Association des Managers et Artistes Culturels Actifs du Bénin), confient que  tout ce qui se fait vise à supprimer le fonds, qu’en revanche, le fonds est très utile pour booster la culture béninoise. Car, ont-ils attesté, le jour où le Bénin va se réveiller culturellement, il va étonner le monde. Ils ont ajouté que le problème qui se pose au fonds, c’est l’organisation sur la base des textes. Des subventions ont été accordées aux médiocres. « C’est cela qui est à la base de la mauvaise qualité des œuvres musicales mises sur le marché en vogue actuellement », a justifié Auguste Amoussou.

La Commission face une véritable équation

Dans cet imbroglio artistique que peut retenir la commission d’enquête parlementaire ? A la suite des acteurs culturels, les membres du conseil d’administration du Fac ont été aussi écoutés pour un tant soit peu, éclairer l’horizon très sombre des fonds ventilés. Rappelons que la commission parlementaire d’information et d’enquête et de contrôle relative à la gestion du Fonds d’aide à la culture (Fac) est constituée des députés Aké Natondé (Commission finance), Noël Akissowé (Commission de la culture), Mamoudou Zoumarou (Unipaid), Orden Alladatin (Un), Nourénou Atchadé (Voix du peuple), Paul Gbénou (Prd), Joseph Gbamigbadé (Bénin uni et solidaire), Sanni Gounou (Le peuple d’abord), Valère Tchobo et Lucien Houngnibo (Agir pour le Bénin),  Elle produira, au bout de 60 jours un rapport à déposer au Président de l’Assemblée nationale.

Martin Aïhonnou

(Coll)