Spread the love
Gilles Gohy
Selon gilles Gohy, Yayi Boni et son régime ont abusé de la confiance du peuple

Le politologue Gilles Gohy est très remonté contre la gouvernance sous le président Yayi Boni. Dans cette opinion intitulée « Les criminels de la République », il étale ses récriminations contre les innombrables éléphants laissés à la postérité.  

Quand au cours de mes chroniques de la décennie passée, j’eus des mots durs envers les crimes économico-financiers sous l’ancien président de la République Boni Yayi et son engeance, ses thuriféraires les plus zélés m’ont beaucoup insulté et traité de tous les noms. Leurs succédanés les plus modérés, dans une dynamique attributionniste, eurent, à tort ou à raison, tôt fait d’y percevoir une aigreur consécutive à une hypothétique absence de nomination ou de promotion… pour me faire taire ! Rien que cela !

Pourtant, il n’en a jamais rien été !

Mes récriminations contre la gouvernance vermoulue de ce président de la République, triste page de l’Histoire du pays Bénin, n’étaient pas inventées. Qu’ai-je à voir avec les innombrables éléphants blancs de l’ère Boni Yayi ? Les Centres hospitaliers départementaux inachevés malgré la totale consommation des fonds alloués ; les Affaires Icc Services, Maria-Gléta, Cen-Sad, le siège de la Chambre de commerce et d’industrie à l’entrée droite d’Adjinan à Porto-Novo sur le boulevard Apithy, non loin du siège de l’autre affaire scandaleuse actuellement décriée unanimement : celle du siège de l’Assemblée nationale du Bénin, les infrastructures routières bâclées, même si elles furent confiées aux Chinois pourtant réputés pour leur sérieux dans le travail (le stade Général Mathieu Kérékou encore bien solide, c’était quand même eux, les Chinois !!!)… ne sont pas des vestiges dérisoires d’un passé révolu. Je ne les ai pas inventés. Ils sont là, bien réels, tâches indélébiles d’un tissu social maltraité, pourtant suffisamment démembré pour qu’on en eût pitié ! Pauvre pays Bénin !

C’est cette dernière affaire qui focalise logiquement mon désarroi de ce jour ! Pour peu qu’on dispose d’une légère fibre patriotique, nul ne peut rester indifférent à tous ces maux qui ont frappé le Bénin au cours de cette gouvernance calamiteuse. Tant de milliards gâchés pour le pays Bénin qui en a pourtant tant besoin !

Comme nous l’entendons clairement mais officiellement depuis hier, des sources bien autorisées :

 » Neuf ans après le démarrage [du siège de l’Assemblée nationale], y compris 43 mois de suspension des travaux, le chantier est à l’abandon.

L’évaluation financière globale du projet se présente comme suit :

– montant total versé à la Serhau-Sa est de 22.664.019.976 FCfa Ttc ;

– montant total engagé par la Serhau-Sa y compris les honoraires (corps de contrôle, Maîtrise d’ouvrage délégué) est de 20.010.647.814 FCfa Ttc ;

– écart important entre le taux d’exécution physique (Tep) de 45,71 % et le taux d’exécution financière (Tef) de 56,19 %, qui s’expliquerait par les avances de démarrage perçues ;

– le Taux d’exécution physique du gros-œuvre au 30 septembre 2016 est de 90%, contre 99% de Taux d’exécution financière.

Il resterait donc à mobiliser pour l’achèvement des travaux 22.501.709.588 FCfa Ttc, sans aucune garantie sur la stabilité et la sécurité de l’ouvrage, ni sur la durée de vie possible de l’édifice, dans un contexte où il est juridiquement impossible d’obtenir une assurance en vue d’une garantie décennale pour des travaux d’aussi mauvaise facture. »

Comment quelqu’un de sensé, s’il ne manque pas de patriotisme ou n’est sadique paria, peut-il autant faire mal à son pays ? Quelle sorte de criminel peut-on être pour nuire ainsi gravement à un pays qui a tout donné et qu’on clamait pourtant aimer ? On se souvient encore des clameurs lugubres du genre : « Je vous èèèèèm » ; « …un Wassangari n’aime pas la honte… » ; « …Je suis prêt à mourir pour mon pays ! » Quel paradoxe ! Quelle triche !

Le malaise est d’autant plus évident que tout le peuple mit sa confiance en ce monsieur et son régime qui en ont donc finalement bien abusé ! Abuseurs de la conscience de ce peuple qu’ils n’hésitèrent point à trahir comme des traîtres, parias à notre pays et criminels des générations futures ! Il n’y a et il ne devrait y avoir aucune circonstance atténuante !

 C’est ce que J’ai encore pensé !

 

Dr. Ir. Gilles Expédit Gohy.

Sociologue Statisticien Démographe & Politologue

Maître-assistant des Universités du Cames

Enseignant chercheur à l’Eneam/Ua