Spread the love
ALEXANDRE-HOUNTONDJI
Alexandre Hountondji Craint pour sa sécurité

Alexandre Hountondji ne se sent plus en sécurité. Victime des menaces qu’il qualifie de mort, provenant du ministre de l’Intérieur, de la sécurité publique et des cultes, l’ex-conseiller du chef de l’Etat se dit préoccupé par les manœuvres du régime le visant. Inquiet suite à ce qu’il a vécu hier,  il s’est confié dans le but de prendre le peuple à témoin.

 Le Matinal : Qu’est-ce qui s’est réellement passé ?

Alexandre Hountondji : Ce qui s’est passé réellement c’est que pendant que nous avons demandé à notre coordonnateur des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) de nous dire pourquoi il n’a pas suivi les dispositions statutaires pour la désignation du candidat unique des Fcbe il ne répond pas à cette question-là, mais se met à dire que celui qui a usé de son droit d’expression est indiscipliné et que nous sommes des indisciplinés et qu’il a commencé à entamer la procédure. Le vendredi prochain, il fera un conseil national pour entériner tout cela et que Fcbe n’était pas la propriété privée de quelqu’un. C’est l’émanation de l’esprit, de la vision de notre leader charismatique. Je lui ai dit : ‘’Vous ne répondez pas à la question que nous avons posée. Les articles 55, 56 et 57 de nos statuts ont été violés de façon flagrante. L’article 120 du règlement intérieur dit que toute décision prise en dehors de nos textes est nulle et de nul effet. Nous lui avons rappelé son devoir d’avoir à respecter nos statuts et il nous a répliqué par presses interposées en nous traitant de vulgaires indisciplinés, de personnes qui ne méritent pas d’être écoutées et qu’il va passer en force. On en était là quand le secrétaire général du gouvernement m’a appelé. Il dit : Mal dominant, nous allons nous voir. Je lui ai dit qu’on va se retrouver à Pantagruel. Il me fait part de ce que le chef de l’État serait très coléreux parce qu’on lui aurait manqué de respect, qu’on n’a pas fait preuve de politesse.  Je lui ai dit : « Vous vous adressez à qui? Vous n’avez pas le droit de me dire des choses comme cela. De quelle manière on a été impoli envers le chef de l’État ? Dites-le nous simplement pour qu’on voie ce que c’est. Alors, vous voulez nous intimider maintenant ou vous voulez faire quoi? Vous me faites rire vous. Dites au chef de l’État que si c’est comme cela qu’on est impoli, je serais impoli jusqu’à ma mort ». Et au secrétaire général du gouvernement de me demander ce qu’on pourrait faire. Je lui ai dit : « Il faut renouer avec la sagesse. Lorsque nous sommes dans un groupe et qu’on recherche le consensus et qu’il y a des membres qui ne sont pas d’accord, on les invite soit à des échanges et on trouve un terrain d’entente. Celui qui est choisi est celui qui a rempli le moins de critères. C’est une évidence. Si ce n’est pas une évidence, ils n’ont qu’à me démontrer le contraire. J’ai dit : « Si vous avez réuni les deux organes qui sont chargés de gérer cette affaire-là, à savoir, la coordination nationale composée de 115 personnes et les 3 Cp constitués des 82 chefs de partis politiques, alors-là, vous nous exhibez les procès-verbaux de ces réunions et la liste de présence de ceux qui ont participé à cela. C’est aussi simple. Où si vous n’avez pas pu du tout respecter les textes, vous nous direz pourquoi il en a été ainsi. Nous ne sommes pas des insensés. Mais que vous nous traitez d’indisciplinés, vous voulez nous faire croire quoi ? J’ai dit : « Vous êtes dans une procédure pour me voler mon outil politique que j’ai créé depuis 10 ans, que j’ai enraciné et que j’ai transformé en une machine à gagner et le coordonnateur me traite d’indiscipliné ? Nous sommes sur quelle planète ? J’ai dit au Sg : « Allez dire à votre Chef que c’est à ce seul prix que nous pourrions nous comprendre. Sinon, on est prêt à aller le plus loin possible.

Vous avez été reçu seul par le Sg ?

Oui j’ai été reçu seul par le secrétaire général du gouvernement. La rencontre a eu lieu à Pantagruel, aujourd’hui (mercredi 16 décembre) à 15h2 mn.

Qu’en est-il du Ministre de l’Intérieur

Le ministre de l’Intérieur, depuis 17h02 minutes ce jour (mercredi 16 décembre), a commencé par m’appeler, comme le montre mon portable. C’est pratiquement à 20h 3 mn qu’il a pu m’avoir. Tous ces frères étaient assis. Je lui ai dit : « Mon frère comment tu vas ? Il a dit Monsieur le ministre, vous ne savez pas que le président de la République est une institution ? Vous injuriez le président de la République comme cela » ? J’ai dû l’arrêter. Je lui ai dit : « Monsieur ! vous me prenez pour qui ? Si vous pensez que j’ai injurié le président de la République, allez devant les institutions. Remplissez votre office. Vous m’intimidez pourquoi ? Il a dit que si c’est cela il va… Je lui ai dit : « Tu ne peux rien. Vas dire à ton Chef que je suis prêt à le rencontrer. Si je l’ai injurié, il doit me convaincre de ce que je l’ai injurié. Parce que nulle part on n’a injurié qui que ce soit. Nous avons posé nos problèmes devant la presse nationale et internationale. C’est vrai qu’entre-temps, il y a eu un individu nommé Christophe Vignigbé (je ne le connais pas) qui s’est fait passer pour le porte-parole du candidat unique qui aurait été désigné, de façon scélérate comme nous le disons. Cet individu s’est mis à déblatérer sur nous, à nous traiter de tous les noms d’oiseaux. Qu’est-ce que c’est que cela ? Pourquoi dans un groupe que nous avons créé depuis 10 ans, la seule critique par rapport à la procédure d’une activité peut déclencher tant de fureur ? J’étais allé sur une radio privée pour répondre à ce petit. Il est allé même jusqu’à dire que le candidat a été choisi par large consensus et très démocratiquement et que nous qui parlons nous sommes des aigris. Le lexique politique intègre quand même consensus, démocratie, transparence etc. Je suis sémanticien. Du point de vue sociologique, juridique, politique, rien de ce qui a été fait ne peut s’apparenter à ce qu’on appelle consensus, à moins que j’ai perdu toutes mes facultés. Et ensuite, quand on parle de démocratie, depuis quand ils ont émis ce vote ? Quels sont les organes qui ont travaillé dans un consensus ? Qui l’a sonné ? Je suis sorti de la radio. Je ne sais pas si j’ai dit des choses qui les énervent. Mais, j’ai dit mon point de vue par rapport à cela.

En quels termes le ministre vous a-t-il menacé ?

J’ai dû l’arrêter. Il disait que nous avons injurié le chef de l’État et que, par conséquent, le chef de l’État étant une Institution, il remplira son office. Je lui ai dit : « Cela veut dire quoi ? Précisez encore votre esprit. C’est à vous de nous donner la preuve que nous avons injurié le chef de l’Etat. Si nous l’avons fait, nous sommes dans un État de droit et nous avons les juridictions de notre pays. Pourquoi ne voulez-vous pas vous adresser à la Cour constitutionnelle ou aux tribunaux de notre pays et vous venez me menacer. Alors là, mon cher ami, vous vous êtes trompé de personne ». Quand j’ai dit cela, il a raccroché. Cela commence toujours comme ça. Je sais de quoi je parle. Il faut que cela soit su que ce soir à 20h32 alors que j’étais dans mon salon avec mes amis politiques, le ministre de l’intérieur m’a appelé pour me réprimander et me menacer. Je ne sais pas ce qu’il appelle remplir son office. Il faut que tout le monde le sache. Si c’est pour me tuer, il n’a qu’à le dire clairement. Si c’est pour aller devant les tribunaux, il faut lui dire que je l’ai déjà devancé.

Propos recueillis par Fidèle Nanga