Spread the love

conseil-nvoLa paix, disait feu Félix Houphouët-Boigny, « n’est pas un vain mot, mais un comportement ». Mais, le régime « Yayi » ne l’entend visiblement pas de cette oreille, et s’illustre de plus en plus dans de graves actes liberticides.

 L’habitude est une seconde nature. Et continuer dans  des crimes restés impunis ou non résolus,  va souvent de soi. C’est pourquoi,  le régime Fcbe continue dans les mêmes travers qu’on lui reproche tant. Certes, la cause était dite depuis 2006. On savait depuis longtemps que le régime était frileux,  et supporte peu la contradiction. Cela n’étonne donc personne qu’à la veille de la présidentielle de février, le régime finissant devienne plus policier et s’excelle davantage dans des actes attentatoires aux libertés publiques. Pour avoir pris ses responsabilités dans le traitement professionnel de l’information, et adopter une certaine liberté de ton, c’est Golfe tv qui en fait les frais aujourd’hui,  après plusieurs autres organes de presse. Menaces, convocation devant la Haac et pressions  de toutes sortes sont imaginées pour faire rentrer de force cet organe dans les rangs. Or, ce que l’on reproche tant  à Golfe Tv, n’est  en rien comparable aux excès étalés  sur la Télévision nationale depuis plusieurs années. L’ Ortb, ont dénoncé plusieurs observateurs,  n’est plus une chaîne de service public, mais une caisse de résonance, un organe monolithique qui prêche exclusivement la religion Fcbe. L’Ortb fait exclusivement de la communication gouvernementale, presque de la propagande. Malgré les incessantes récriminations, le mal perdure et prend de l’ampleur. Et pourtant, la Haac n’a jamais interpellé qui que ce soit là-dessus. Mais depuis que Golfe Tv, au nom du droit à l’information des populations, fait un peu la différence, elle est perçue comme un danger. La question qui se pose, c’est de savoir le pourquoi un régime en fin de mandat sent le besoin de tout contrôler. Peut-être pour mieux assurer ses arrières.  Ce qui est sûr,  la démocratie béninoise a pris un coup sous le régime « Yayi ». Et, à côté de l’insécurité économique et de la pauvreté qui en résulte, il y a une insécurité des biens et des personnes. La disparition de Dangnivo, un exemple parmi tant d’autres, et symbole de l’impunité et des crimes les plus crapuleux, n’a jamais été élucidée. Sur un autre registre, Martin Assogba, président de l’Ong Alcreer,  porte encore  dans sa chair les balles et les stigmates d’une agression restée mystérieuse et impunie. La dernière erreur commise par le régime,  c’est l’encerclement de la maison du pasteur évangélique Elvis Dagba. Le crime qu’il a commis est d’avoir déclaré son soutien à un candidat à l’élection présidentielle. Or,  de tout temps,  Michel Alokpo et consorts ont abondamment arrosé les chaînes de radios et télévision de déclarations de soutien à qui de droit. D’ ailleurs,  le pouvoir, ayant compris le profond respect du peuple béninois pour le fait religieux, a tôt fait d’instrumentaliser  marches  et  prières pour se sortir d’affaires. A ce moment là, ce n’était point un crime.

 Wilfrid Noubadan