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moise-aTous les responsables d’étudiants s’accordent à reconnaître le bien-fondé de la mensualisation des bourses et secours universitaires. le discours est réalistes, mais l’autorité en charge de l’octroi de ces allocations est revenue plus en détail sur tout le processus. Lire les interventions des acteurs.

Moïse  Agbodandé, Dbsu : « Plus de 8.000 étudiants sur les 11.000 ont été payés »

Quelles sont les innovations apportées dans l’octroi des bourses et secours universitaires ?

Les grandes innovations font parties des décisions salutaires que le gouvernement de son Excellence le Prédisent Patrice Talon a prises. Il s’agit de la mensualisation des allocations universitaires et de la bancarisation de cette allocation. A travers la mensualisation, les allocations d’études universitaires à savoir les bourses et les secours, ce  qui est aujourd’hui appelé aides universitaires, sont payés par mois. Contrairement à ce que l’opinion publique pourrait penser, les bourses n’ont pas les mêmes poids financiers. Les bourses varient selon qu’on est inscrit en  Faculté ou dans les instituts ou écoles des universités nationales du Bénin. Elles ne sont pas payées au même taux. Le taux varie selon les Facultés et les institutions, les instituts et écoles des universités. Dans les Facultés, l’allocation d’études universitaires, plus précisément la bourse, est payée à 31.750 Fcfa le mois. Il y a un arrêté qui fixe les taux des bourses. C’est sur la base de l’arrêté qu’il y a les différents montants. Quel est le contenu et quels sont les rubriques qui ont conduit à 31.750 Fcfa. L’arrêté a retenu 29.750 Fcfa par mois pour les étudiants inscrits dans les facultés. Ensuite, il y a les indemnités annuelles d’équipement fixées à 24.000 l’an. Avec la décision de mensualisation, il est question de diviser les 24.000 Fcfa l’an par douze ce qui revient à  2.000 Fcfa par mois. C’est cela qu’on ajoute aux 29.750 Fcfa pour avoir les  31.750 Fcfa le mois. Les 31750 Fcfa couvrent la bourse et les frais d’équipement mensuels.  Quand nous laissons les facultés et nous entrons dans les écoles et instituts des universités nationales du Bénin, les taux varient également à l’intérieur des écoles. Par exemple, un étudiant qui est inscrit à la Faculté des sciences et de la santé est payé à  35.060 Fcfa le mois. Et ces 35.060 Fcfa couvrent la bourse mensuelle et les frais d’équipement mensuel. Ceci est valable jusqu’en 4ème  année de la Fss. En 5ème  année, la bourse est payée à 41.675 francs. Et en 6ème  et 7ème année la bourse est payée à 54.235 Fcfa le mois. Lorsque nous prenons le cas de la Faculté des sciences agronomiques (Fsa), les montants sont pareils. Il y a une légère différence lorsque nous abordons le paiement des allocations à l’Institut national de la jeunesse, de l’éducation physique et sportive (Injeps). Eux déjà, en première année, on leur paie 39.675 Fcfa et à partir de la 3èmeannée, c’est 52.235 Fcfa comme frais de bourse et 30.000 Fcfa comme frais d’équipement. Quand les gens se limitent à dire que les frais d’allocation sont 31.750, ce n’est pas vrai. Tous les étudiants ne sont pas au même taux. La mensualisation est saluTALON417taire, parce que cela évite les braquages, les vols de motos, les rangs que faisaient les étudiants. Tout ceci n’existe plus. Egalement, l’étudiant, psychologiquement, est préparé à la vie du fonctionnaire ou du salarié. C’est déjà une préparation psychologique qui n’a l’air de rien, mais très important. Ils sont préparés à la gestion des revenus mensuels. L’autre innovation, c’est la bancarisation.

Cela se faisait ?

Oui ! Aujourd’hui je parle de la bancarisation en termes d’élargissement à d’autres banques. Les étudiants sont libres d’ouvrir leurs comptes dans la banque de leur choix. L’étudiant a son compte. Sans chercher à venir nécessairement faire les rangs sur le campus pour chercher ses allocations qui lui sont virées.

Mais les étudiants se plaignent. Ils disent que les arriérés ne sont pas payés.

Ils sont combien ? Il ne faudra pas écouter un petit groupe d’étudiants qui ont leurs problèmes ailleurs.

On veut bien comprendre

Aujourd’hui, j’ai la certitude. J’affirme et je confirme que 7.831 allocataires ont régulièrement leurs allocations.

Ils sont en tout combien ?

Ils sont à l’heure actuelle 11.459. Ce sont des dossiers déjà traités et transmis  à la Direction générale du Budget. Ceci m’amène à dire que dans la chaine d’octroi des allocations d’études universitaires, il y a plusieurs acteurs. Mais l’attention est focalisée sur la Dbsu seule.

Quel est le processus ?

Je parlerai à la fois du processus et des acteurs. Lorsqu’on n’est pas bien éclairé sur le processus, on peut faire des jugements erronés. Les principaux acteurs sont : les universités nationales du Bénin, les étudiants eux-mêmes, la commission nationale des bourses et aides universitaires. Parce que la Dbsu  n’a pas de pouvoir de décision. C’est cette commission qui décide. Il y a la Dbsu, la Direction Générale du Budget, la Direction générale du Trésor et de la  comptabilité publique et enfin les banques. Il y a 7 acteurs.

Quel rôle les universitaires et les étudiants jouent ?

La matière première, c’est-à-dire les dossiers que nous, à la Dbsu, allons étudier pour permettre à la commission de prendre ses décisions d’attribution ou de rétablissement de bourses, ces dossiers sont fournis par les étudiants. Mais pour qu’ils fournissent ces dossiers, il faudrait qu’ils s’inscrivent. Maintenant dans la liste des pièces à fournir, il y a la fiche de préinscription validée.

Qui fournit cette fiche de préinscription validée ?

Ce sont les universités. Donc, le processus est  bloqué au niveau du grand monde d’étudiants dès lors qu’ils n’ont pas eu par exemple cette fiche. De même, lorsque les  universités ne nous envoient pas les Pv des résultats, nous aussi, on est bloqué parce que  c’est sur la base des Procès verbaux des résultats que nous allons vérifier le critère « moyenne ». On est du coup bloqué. La matière première vient de quelque part. Et si vous n’avez pas cette matière première, le système s’arrête. C’est une chaîne. C’est un système. Et quand on parle de système, c’est un ensemble d’éléments interdépendants. Si un élément pose problème, tout le système est bloqué. Les étudiants, eux-mêmes, parfois fournissent des dossiers incomplets. Ils mentionnent des Rib (Relevés d’identités bancaires) erronés. Il faut  vérifier tout ceci. Donc, quand nous recevons les dossiers, nous les préparons pour les soumettre à l’appréciation  de la Commission nationale des bourses et aides universitaires qui compte 15 membres provenant de 5 ministères et des 4 universités. Donc, quand on n’a pas les dossiers en état, on ne peut pas les soumettre. Maintenant, c’est la commission qui apprécie. Si elle ne tient pas ses sessions régulièrement, on est bloqué. Quand les dossiers sont examinés par la Commission, nous faisons un état sur les dossiers favorablement étudiés. Parce que, quand la commission examine les dossiers, ce ne sont pas tous les dossiers qui sont acceptés. Il y a des rejets et des mises en réserve. Après les travaux de la commission, on fait un PV qui est soumis à l’appréciation du Président de la commission, à la signature du directeur de cabinet. Ce Pv est accompagné de la liste de tous les allocataires. Et quand je parle de la liste, c’est  un état qui renseigne sur  l’université d’appartenance, la filière d’appartenance, l’année d’étude, nom et prénoms, date et lieu de naissance, numéro matricule, le numéro de compte, la banque, le montant. Il faut saisir tout cela. Et on envoie à la Direction générale du Budget. La Dgb, à son tour,  procède à l’engagement et ensuite affecte au trésor pour l’ordonnancement dans les banques. Donc, quand on crie tout le temps le nom de la Dbsu, vous comprenez qu’on n’est qu’un maillon du système.

Tout ce processus dure à peu près combien de temps ?

Il faut compter environ 1 mois  à 1 mois et demi pour que tout s’achève.

Sur le parcours, y a-t-il des dossiers qui sont rejetés ?

Absolument ! Lorsque l’étudiant ne remplit pas les critères d’attribution, ce n’est pas possible parce que le travail est fait sur la base d’un décret qui énumère les critères selon lesquelles l’allocation doit être octroyée. Donc, des dossiers sont rejetés pour plusieurs raisons. Ceci peut être lié à l’âge, à la moyenne, à un défaut de pièce etc.

Est-ce que vous certifiez qu’il n’y a pas d’arriérés ?

Il faut creuser et voir d’où viennent ces arriérés.

Ceci a une explication ?

Bien sûr. D’abord le monde estudiantin est un monde vraiment complexe. Est-ce que vous savez qu’il y a des étudiants qui s’érigent en intermédiaires, qui rassemblent les dossiers  de leurs camarades moyennant de l’argent et qui disent qu’ils ont des relations à la Dbsu alors qu’ils en n’ont pas et collectent des dossiers. L’année passée, il y a un étudiant  qui faisait cela. Il a pris beaucoup de dossiers et puis, il ne les a pas déposés. Malheureusement, il est décédé. Il jouait le rôle d’intermédiaire. C’est  pourquoi je lance un appel aux étudiants. Le dépôt des dossiers est intuitu personae.  Qu’ils viennent eux-mêmes. La Dbsu n’a pas de représentant sur le terrain. Elle n’a pas responsabilisé des gens qui peuvent jouer le rôle d’intermédiaire. Donc, ce jeune est décédé et personne ne sait où se trouvent ces dossiers. Beaucoup se retrouvent dans ce cas. Quand vous les interrogez, ceux qui sont honnêtes reconnaissent qu’ils ont remis à un intermédiaire. D’autres sont malhonnêtes et insistent qu’ils ont déposé à la Dbsu. Mais quand on questionne la base, on ne retrouve leurs noms nulle part. Tout ce beau monde est inclus dans ceux qui réclament les arriérés. Il y a aussi des étudiants particuliers qui n’ont pas déposé leurs dossiers depuis 2014 alors qu’il est exigé qu’ils déposent leurs dossiers chaque année.  Vous imaginez, des gens qui continuent de venir réclamer des bourses au titre  des années 2013, 2014. Le budget alloué pour les allocations d’études n’est pas extensif, c’est annuel. Si en son temps, ils n’ont pas demandé, souffrez que cela soit difficile.

Est-ce qu’il y a des cas d’étudiants qui aient régulièrement déposé les dossiers en ces temps-là et qui n’ont pas été payés ?

Je ne pense pas, excepté le cas des étudiants de l’ex-Flash qui ont connu une année invalidée. Mais on a réglé une bonne partie.  Excepté ces cas qui nous perturbent aujourd’hui, tous les dossiers régulièrement déposés dans ces années-là ont été régulièrement réglés.  Quand on vous parle d’arriérés, il faut faire très attention. Soit ce sont des étudiants qui n’avaient pas déposé en son temps leurs dossiers et qui veulent déposer, soit ce sont des étudiants qui ont confié à des intermédiaires. J’ai géré un cas hier seulement.  Un monsieur qui a droit à une bourse au titre de 2014-2015 et qui n’avait pas déposé son dossier est venu se plaindre. Après l’interrogatoire, il a avoué qu’il a confié son dossier à un ami. On ne peut rien pour lui. Tout ce beau monde parle d’arriérés.

Mais certains disent que depuis octobre, ils n’ont rien perçu. Ils soutiennent que la mensualisation n’est pas effective.

Il y a des étudiants de l’Enam que j’ai reçus aujourd’hui. Les résultats de l’Enam viennent de parvenir à la Dbsu la semaine passée. Si les Procès-verbaux des résultats nous sont parvenus que la semaine passée, comment voulez-vous qu’on traite cela en une semaine ? Parce que c’est sur la base des Pv qu’on traite les demandes formulées par les allocataires. C’est normal que depuis octobre,certains ne perçoivent pas leurs allocations parce que leurs dossiers ne sont pas encore étudiés. Ceci rejoint le problème de chaîne. Si les universités ne produisent  pas à temps la matière première, comment on peut travailler ?

Dans ce cas , est-ce que la mensualisation ne posera pas problème, puisque le traitement des dossiers prend du temps ?

Cela ne prend pas du temps. Si les universités peuvent s’organiser pour nous envoyer les dossiers à temps, il n’y aura aucun problème.  Si à la rentrée prochaine, déjà en novembre, on peut nous envoyer le maximum de dossiers, et que les Pv nous parviennent à temps, s’ils le font en novembre décembre, je certifie qu’en février déjà, c’est réglé. Mais les Pv viennent au compte-gouttes. Il y a une Faculté qui a envoyé un Pv. Nous avons  exploité et on a constaté que des étudiants ne sont pas boursiers. Après un autre Pv nous est parvenu et les étudiants qui n’avaient pas rempli les critères de moyenne remplissent les critères. Cela change. Aussi, ils prennent du temps pour rectifier. Il y a un autre problème. Il y a des étudiants qui fournissent les dossiers. On affiche leurs noms pour complément de pièces, mais  ils ne viennent pas consulter pendant des mois. Tout ce monde parlera d’arriérés. Sinon la mensualisation est très possible. Qu’on me donne tout ce dont j’ai besoin.

La liste  a été affichée quand ?

J’ai un tableau de bord. En février, 510 noms d’allocataires ont été transmis. Le 19 mai 2017, 538 dossiers d’étudiants allocataires ont été transmis. Le 2 juin 2017, 2256 noms d’allocations d’étudiants de l’Ex-Flash ont été transmis. Le 6 juin, 2002 allocataires. Le 13 juin 3035 allocataires,  11 juillet 1465 et le 13 juillet 1656.

Comment résoudre tous ces problèmes de retard au niveau des universités et tous les acteurs de la chaîne ?

La seule solution, c’est l’informatisation de tout le système.  Ceci permet la célérité et la transparence. Il suffira juste d’entrer les données et le problème sera réglé.

Propos recueillis par Hospice Alladayè

Appréciations des responsables d’étudiants

Alain Nouho, responsable Fneb : « La volonté du pouvoir est affichée… »

« On affiche les noms de ceux qui doivent percevoir les allocations. Ils nous ont dit qu’ils vont comptabiliser le nombre de mois qu’ils nous doivent et l’envoyer d’abord et ensuite envoyer mensuellement. On peut dire que quelque chose a changé en ce qui concerne le paiement. Ecobank n’a plus le monopole du paiement ».

Responsable Bue Flash : « Beaucoup d’étudiants de la Flash ont été payés »

« Notre cas à la Flash a été un peu différent. Au fait, l’année a été invalidée depuis deux ans. Cela a été exceptionnel chez nous. Mais Dieu merci, on a pu passer le cap et les autorités nous ont demandé de venir faire un complément de dossier. Cela pouvait se comprendre puisqu’il y a eu beaucoup de nos camarades qui ont déposé leur dossier depuis l’année surpassée. Ils devraient donc percevoir l’année passée, mais celle-ci a été invalidée. Donc, cette année spécialement le Directeur des bourses et secours universitaire a demandé un complément de dossier, ce  que nous avions fait. Les noms sont effectivement sortis mais il faut avouer que le reste des noms n’est pas encore sorti. J’ai joint le Directeur et il m’a dit que le vendredi ou au plus grand tard le lundi ces noms doivent pouvoir sortir. Ce qui est intéressant est que la plupart des étudiants boursiers et secourus qui sont dans le cadre d’un renouvellement ont vu leur nom sortir. Beaucoup parmi eux perçoivent d’ailleurs. Il faut reconnaître que tout n’est pas noir.  Il y a des efforts qui  ont été faits. L’actuel directeur de la Dbsu est motivé et travaille très bien. Je loue sa bravoure ».

Boris Aké, Président sortant de l’Unseb : « Les virements pour les bénéficiaires ont commencé »

« Les bénéficiaires de l’année dernière ont commencé par observer des virements sur leur compte. Depuis l’année dernière, ceux qui ont eu les bourses au titre de l’année académique qui finit là, ce n’est que maintenant qu’ils ont commencé à constater les virements à compte-goutte sur leur compte. Les 30.750 FCfa. Ecobank n’est plus la seule banque en ce qui concerne les paiements. Les étudiants ont la possibilité de saisir la banque qu’ils veulent. Ils choisissent leur banque, prennent le relevé d‘identité bancaire qu’ils mettent à la disposition de la Dbsu qui se charge de l’inscrire au trésor public. Quitte maintenant  à ce que le Trésor public affecte la bourse sur ce numéro de compte en prenant le soin de vérifier que le Rib (Relevé d’identité bancaire) est identique. C’est aussi vrai que depuis deux ans, les autorités ont commencé par payer les bourses par mois ».

Propos recueillis par Hospice Alladayè