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Mathias Gbèdan, Nazaire Dossa et Sylvain Zohoun, trois des personnes interpellées

Suspecté dans une scabreuse affaire de drogue, libéré par la Justice au bénéfice du doute pour insuffisance de preuves, Sébastien Ajavon  ne porte plus Patrice Talon dans son cœur. C’est le moins qu’on puisse dire à la lecture de son interview accordée au quotidien français, le Monde.

Sébastien Ajavon et Patrice Talon, les deux opérateurs économiques les plus fortunés du pays, ne sont presque plus  des amis politiques. Ils s’étaient donné la main pour combattre Yayi Boni et sa clique, en mars dernier.  Sept mois après l’avènement du Nouveau départ, les deux opérateurs économiques sont à couteaux tirés.  Lors de la garde à vue, suite à la drogue trouvée dans l’un des conteneurs destinés à Cajaf comon, Sébastien Ajavon n’a pas bénéficié du soutien du président de la République. Or, on aurait pu s’attendre à un retour d’ascenseur de la part du chef de l’Etat, Patrice Talon. Le patron des patrons béninois avait contribué à son élection. Mais, fidèle à ses engagements de ne pas s’immiscer dans la justice,  le président de la République  n’a pas voulu  se salir les mains, laissant libre court à la justice. Pire, ses déclarations lors de son périple du weekend dernier dans le septentrion démontrent qu’il n’a pas beaucoup apprécié le comportement d’Ajavon et les siens. Selon lui, tolérer le « péché » ne contribuerait pas à lutter contre l’impunité.  Patrice Talon a, par ailleurs, dénoncé  moult pressions reçues de la part des pontes et barons de la classe politique pour l’obliger à faire libérer sans condition le mis en cause. Sébastien Ajavon n’a pas la même compréhension de cette affaire. Il suspecte même et dénonce une cabale ourdie à son encontre. Reparti  en France après sa garde à vue, finalement, le roi de la volaille a donné son avis sur sa récente mésaventure.
 Dures  désillusions
 Dans une interview à nos confrères du Monde Afrique, Sébastien Ajavon a fait part de son état d’âme et de l’étendue de sa déception.  Selon l’homme d’affaires,  le « pouvoir aurait tenté de l’humilier » à travers  l’épisode de la drogue trouvée dans l’un de ses conteneurs au Port  de Cotonou. « On m’avait dit qu’en politique, on pouvait faire des coups tordus, mais j’ignorais que cela pouvait aller si loin. Cela fait sept mois à peine que le nouveau chef de l’Etat a pris fonctions et c’est avec notre concours qu’il est arrivé aux affaires. Peut-être que je deviens trop gênant. Donc, il faut m’éliminer tout de suite pour que je ne sois plus important dans l’arène politique », a déclaré le roi du poulet. Avant de rajouter, « Je ne serai ni de près ni de loin mêlé à la gestion du pouvoir de M. Talon. Je m’éloigne de la gestion du pouvoir. Je ne sais pas s’il faut appeler cela de l’opposition. Je me mets à l’écart. Cela ne veut pas dire que je vais critiquer systématiquement tout ce que Patrice Talon fera. Si ce sont de bonnes choses, je le dirai, sinon, je le dénoncerai ». Ce n’est pas encore une guerre déclarée. Mais, presque.
W.N