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yayi-pose-pierrreLe président de la République, Yayi Boni a prononcé sur les écrans de la télévision nationale, le dimanche 10 janvier 2016, un message à l’occasion de la fête des religions endogènes. La posture adoptée traduisait le sentiment de regret d’un chef d’Etat qui n’a pu aller au bout de ses intentions.
Assis dans un fauteuil plutôt inhabituel, les yeux larmoyants, le président de la République s’est adressé aux dignitaires et adeptes du Vodoun en langue nationale Fon. Le moins qu’on puisse dire, c’est la mort dans l’âme que le chef de l’Etat, en fin de mandat à la tête du pays, s’est livré à un tel exercice dont l’élément visuel ne mérite pas d’être rediffusé. Car, il ternit l’image du Bénin à l’extérieur. Il faut dire que cette posture est révélatrice des sentiments de regretsqui animent le chef de l’Etat qui a fait usage de tous les moyens en sa possession pour tenter de se maintenir au pouvoir après le 06 avril 2016. Sentiments de regrets pour n’avoir pas pu réviser la Constitution à sa guise, sentiments de regrets aussi pour le président Yayi Boni qui, en dix ans, n’a jamais pu assister à une manifestation de la fête des religions traditionnelles. Pour se dédouaner vis-à-vis des prêtres et autres dignitaires des cultes endogènes, le président de la République a cru devoir leur livrer un message. Mais c’en était vraiment un. Un message improvisé, sans logique. Du coq à l’âne, empêchant l’auditeur de comprendre son contenu ! Car, le président est sorti totalement du cadre du message portant sur la thématique des religions endogènes. Il a repris des aspects de son discours à la nation, qui avait été abondamment relayé. Il a rappelé ses rêves pour le Bénin. Le président de la République a voulu que la période de l’élection présidentielle soit une occasion de fête. Il a fait savoir que son testament pour les Béninois est gravé dans tous les murs du monde, notamment à la Maison blanche, à l’Elysée et partout en Afrique. Ces sujets n’ont rien à avoir avec la célébration de la reconnaissance par le Bénin des pratiques divinatoires ancestrales. Au demeurant, sur le dernier aspect, Yayi Boni n’a pas présidé et indiqué sur quel mur de Cotonou, de Ouidah, de Porto-Novo, de Tchaourou, de Parakou ou de Natitingou, son testament est gravé. Il s’agissait plutôt, pour cette circonstance, de faire le bilan de sa contribution aux côtés des religions endogènes. Quelle a été la participation du chef de l’Etat en 10 ans dans l’essor, l’épanouissement et la promotion des religions traditionnelles au plan africain et international ? Quelle considération faudrait-il accorder aux religions endogènes ? Il est évident que, lorsqu’on n’a jamais participé à une telle messe des couvents africains, on ne peut répondre à de telles interrogations. Le chef de l’Etat faisait certainement sa confession en adoptant une posture qui apitoie, afin de ne pas attirer la colère des Dieux sur sa personne.
 
Jean-Claude Kouagou